‹ La tyrannie socialisteChapitre 49 sur 119 · Produit brut · texte numérisé non relu

Produit brut

Différence en moins. 6.300.000

Ces fabriques de salaisons, représentent non un gain mais une perte de plus de 6 millions qui, par ouvrier, se répartit de la manière suivante :

Produit brut 46.060 fr.

Salaire 1.930

Perte 635

La fameuse plus-value est une moins-value ; et dans combien d'industries n'en est-il pas de même?

Pour 97 minoteries, même phénomène. Salaire 2.6oo francs, produit brut 6-4.250, mais déduction faite des matières premières, des salaires et autres frais, la perte est de 3.400.000 francs qui, divisés par 1.838 ouvriers, représente une moins-value, pour chacun d'eux de plus de 2.000 francs.

En France, quand on parle des mineurs, on se figure qu'il suffit de faire un trou dans la terre pour s'enrichir. Or, sans parler des concessions abandonnées qui représentent à peu près les deux tiers

des mines exploitées et que personne ne veut reprendre, il suffît de jeter un coup d'oeil sur les statistiques du ministère des Travaux publics pour constater en 1891:

Mines en gain. Pertes.

Combustibles miaéraux . . . 176 120

Minerais de fer 29 36

Autres minerais 39 53

Dans ces mines en perte, des ouvriers ont touché des salaires: où est le surtravail donné au capital? Je connais une mine^ dans la Loire, qui, depuis 1836 n'a pas donné non seulement un sou de bénéfice, mais même pas un sou d'intérêt aux millions qui y ont été engloutis. Où est le surtravail que Karl Marx et ses disciples voient partout alimentant le vampire qui s'appelle le capital?

M. Lalande a fait en 1892 une monographie de la fabrique de porcelaine et de faïence de Bacalan fondée en 1782. Il a montré que la part du capital avait été de 1.100.000 francs et la part du travail de 37.700.000 francs. Où est le surtravail?

Si la surproduction était une cause de ruine pour les travailleurs, les salaires auraient dû constamment diminuer depuis trois quarts de siècle, alors que la production n'a pas cessé d'augmenter en intensité.

Si la loi d'airain des salaires était vraie, les salaires auraient dû baisser constamment depuis trente ans, puisque le prix des objets nécessaires à la vie, sauf le loyer, n'a pas cessé de diminuer.

Or, on a fait tout spécialement dans ces dernières

années des enquêtes très complètes sur la situation des travailleurs à différentes époques et dans divers pays : et si toutes ces enquêtes infirment, de la manière la plus nette, les affirmations a priori des docteurs du socialisme, n'avons-nous pas le droit de poser à leur égard ce dilemme : ou mauvaise foi ou ignorance?

D'après le tableau YIII du travail de E. R. L. Gould f janvier 1893, Baltimore) fait d'après une enquête minutieuse sur les conditions du travail aux Etats- Unis et en Europe, voici le tableau des moyennes des budgets de famille des ouvriers mineurs et métallurgistes réunis et classés par nationalités (1).

1. Je ne reproduirai point les statistiques qui ont été publiées par (le nombreux auteurs, etpar moi-même, d'après des documents nombreux. Je prends les chifîres actuels dans le travail que M. S. Jeans, a communiqué à la Stalistical Society de Londres au mois de mai 1892; dans celui que M. Robert Giffen, a communiqué en 1888 à la même société sur le prix et les revenus; dans l'ouvrage de M. Maurice Block sur V Europe politique et sociale : et dans le travail sur The social condition of labor de M. R. L. Gould, professeur de science sociale à John Hopkins university, et dans les dernières enquêtes.

Le dollar a été calculé à 5 fr. 20.

uvriers

Moyenne du norabre de personnes dans la famille.

Gains totaux | e de la famille. i i ^

ôô

p on

Gain du mari. ( s ^

"fO

«5 Va

Proportion " rr du gain du mari. / ~

Total. 1 ~

oc

." 1 Proportion. ~

oc

Total. / ::

Proportion. ] "J.

Total. 1 g-

CO

Proportion. ) "S.

Si

Total. / c ^

Proportion. ) ^ w

Çft

Total. y ^ 2

Proportion. i S Z

Totai. ^ r;

Proportion. ' o

"co o

oc

Page 1