‹ La tyrannie socialisteChapitre 74 sur 119 · COIT ET CONSÉQUENCES DES GRÈVES · texte numérisé non relu

COIT ET CONSÉQUENCES DES GRÈVES

car la grève de certains ouvriers a amené la cessation du travail pour d'autres : elles ont eu une durée moyenne de vingt quatre jours.

Nombre de personnes intéressées.

Ayant véussi 369 68.247

Succès partiel 181 98.127

Insuccès 212 92,763

La plupart ont eu pour causes des questions de salaires : celles qui ont été provoquées par la question des non-unionistes ont été de 59 en 90 et de 47 en 1891 ; 51 0/0 ont subi un échec ; 3G 0/0 ont obtenu un succès ; le sort des autres est inconnu; 4(18 grèves sur 824, comprenant 120.579.000 intéressés sur 263.507, se sont terminées par des transactions ; et seulement 12 affectant 12.100 ouvriers par l'arbitrage. Ces chiffres ne sont pas inutiles à citer pour détruire l'illusion, si propagée en France, qu'il suffit de prononcer le mot arbitrage et de faire une loi sur l'arbitrage pour mettre fin à tous les conllits.

Les pertes évaluées pour les 295.000 ouvriers (pie les grèves ont forcés de suspendre leur travail pendant quatre semaines sont de 1.500.0J0 liv. st. ou 37.500.000 francs.

Le coût de la grève de Hall en 1892, qui a duré huit semaines, est évalué 9,000 liv. ^soit 225.000 fr.) pour la ville, et 00.004 liv. st., soit 1.500.000 fr. comme perte de salaire.

M. Bevan, calculant les pertes en salaires, évalués à 5 francs et à 5 jours de travail par semaine pour 110 grèves de 1870 à 1879 en Angleterre arrive à un

chiffre de 4.468.000 liv. st. soit 112 millions de francs. La grève des constructeurs de la Clyde coûta en 1877 7.500.000 fr. ; celle des mineurs de Durham en 1879, 6 millions de francs.

Le bureau du travail, aux Etats-Unis, a calculé que les grèves de 1881 à 1887 avaient coûté 260 millions de francs aux ouvriers.

Ce ne sont là que des chiffres ; mais les conséquences à l'égard des femmes, des enfants, de la santé même des travailleurs sont terribles ; de plus la situation'des employeurs est atteinte, diminuée; des fonds de réserve destinés à des améliorations ont disparu ; le pouvoir producteur de l'industrie, qui a subi la grève, est restreint; quelquefois même une grève suffit pour ruiner une industrie.

Ces exemples ont renàules Tvades Unions prudentes en fait de grèves. En 1888, sur 104 unions, 39 seulement subventionnèrent des grèves ; et un certain nombre de trades-unions ont spécifié, dans leurs statuts, que le vote pour cet objet ne serait pas acquis d'après la majorité, mais d'après un certain quorum. Au Congrès de Bruxelles, de 1892, un délégué anglais, s'indignait que le syndicat des mécaniciens (le plus fort et le plus riche de tous), eût dépensé, en 1889, 2.636.000 francs pour « maladies, funérailles, pensions de retraite, accidents, etc., contre 45.500 francs pour grèves et frais de combat. »

Cette puissante et riche association a de laméfiance contre les aventures des grèves.

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