‹ La tyrannie socialisteChapitre 81 sur 119 · LA GUERRE SOCIALE · texte numérisé non relu

LA GUERRE SOCIALE

C'était lui qui le 28 novembre 1888 et le 18 octobre 1890, en son nom et au nom de ses amis avait de'claré qu' « ils étaient décidés à ne pas laisser amoindrir la patrie allemande »,et M. Bebel précisait en affirmant qu' <■< il n'admettrait jamais que l'Allemagne rendit l'Alsace et la Lorraine à la France! ... » Là-dessus, M. Liebivuecht se présente à Marseille, comme un apôtre de la paix! Pourvu que les Français respectent les faits accomplis, M. Liebknecht n'attaquera pas la France, et les socialistes révolutionnaires s'écrient : Quelle grandeur d^àme !

Et ils ont raison à leur point de vue ; car l'idée de patrie, ils ont déjà déclaré qu'ils la méprisaient : ces gens veulent fonder leur liberté au mépris de l'indépendance nationale, sans réfléchir, les aveugles, que de tous les despotismes, le plus brutal et le plus implacable est celui du conquérant sur le conquis !

Ils veulent réserver, ces bons apôtres, toutes leurs forces pour la guerre sociale. Ils sont prêts à fraterniser au delà des frontières; mais ils ne pardonneront jamais au paysan d'hier qui, par son travail et son épargne, a pu devenir propriétaire; au tâcheron ou à l'ouvrier qui a pu devenir patron; aux fils de tout ce prolétariat qui, par leur intelligence, leur acti- A'ité, des bourses gagnées aux concours, ont pu devenir ingénieurs, industriels, manufacturiers, commerçants ; car. ce sont des bourgeois ! et comme tels des criminels! C'est contre ceux-ci qu'ils réservent toute leur énergie et toute leur ardeur.

Quelle logique et quelle morale !

Ces déclamations, ces excitations, ces entraînements, peuvent griser ceux qui les exploitent, faire

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tourner des têtes faillies. T-a contagion est limitée. Le 28 mai agglomère au Père-Lachaise huit mille individus, sur lesquels il y a un certain nombre d'indécis, de^ceptiques, de camelots et de pauvres diables aussi impropres à la Révolution qu'au travail. Voilà donc, au grand maximum, les foi'ces révolutionnaires de Paris. La grande masse des travailleurs sait fort bien qu'elle doit chercher des ressources dans le travail et que ce ne sont pas les émeutes qui en donnent. Ils ont une femme, des enfants; ils se préoccupent de leur avenir. Ils sont prudents,, et ne demandent qu'au jeu pacifique des institutions républicaines les améliorations, plus ou moins réelles, qu'ils envisagent. Toutes ces parades enflammées ne présentent donc pas de sérieux danger de guerre sociale, mais à une condition : c'est que les charlatans du socialisme ne trouvent pas de complices parmi les membres du parlement qui, étant chargés de faire la loi et d'en contrôler l'application, doivent donner l'exemple de son respect; [)armi les fonctionnaires, chargés de maintenir l'ordre public ; parmi les magistrats chargés de requérir la mise en mouvement de la justice et parmi les juges et les jurés, chargés dïmposer aux délits et aux crimes la sanction du Code pénal; parmi les ministres qui, ayant la charge des intérêts généraux du pays, ont pour obligation d'envisager la responsabilité qu'ils assument, non seulement au point de vue des difficultés présentes, mais surtout des événements de l'avenir.

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