‹ La tyrannie socialisteChapitre 84 sur 119 · LES SUBVEMIONS AUX GRÉVISTES · texte numérisé non relu

LES SUBVEMIONS AUX GRÉVISTES

constitue une propriété individuelle et la concession d'Anzin a été primitivement accordée à quelques individus. On vient parler de bénéfices réalisés. 11 semblerait que certains Français n'ont d'autre désir que de voir tous leurs compatriotes se ruiner dans toutes leurs entreprises. Quant à moi, je regrette qu'il n'existe pas un grand nombre de sociétés minières, ayant réalisé les mêmes bénéfices ; cela vaudrait mieux que de voir 45 0/0 des concessions non exploitées comme le constate la commission d'enquête de 1873....

Je demandais au Conseil 'municipal, pour qu'il fût logique, d'ouvrir un chapitre particulier ayant pour titre : « Primes et encouragements aux grèves. » Ce que je disais par ironie a été réalisé. Le septième conseil municipal n'a pas subventionné, moins de vingt-deux grèves. 11 a donné 2.000 francs à la grève des ouvriers des allumettes qui sont des ouvriers de l'Ktat. Je ne sais si le préfet a approuvé cette intervention du Conseil municipal contre le Gouvernement. Le Conseil municipal avait, le 11 Juillet 1891, donné un secours de 10.000 fr. aux ouvriers en grève du chemin de fer d'Orléans et le 24 juillet 1891, de 20.000 fr. à l'ensemble des ouvriers des chemins de fer. Ces deux délibérations ont été annulées : mais l'administration n'a pas été aussi rigidepour toutes. Ellea transigé enne distribuant les secours aux familles qu'après la grève, comme si, par ce moyen hypocrite, elle ne donnait pas du crédit à la grève moralement et matériellement.

C'est si bien un appui que le Conseil municipal vent donner aux grévistes que M. Mesureur, au Conseil municipal, rapporteur de la proposition de subventions à la grève de Decazeville qui avait préludé par

l'assassinat de M. Watrin. disait : « Il faut plus qu'une manifestation platonique de sympathie pour les mineurs de Decazeville : il faut un acte. »

Tandis que le Conseil municipal subventionnait ainsi les grèves, la question, je crois, ne s'est présentée qu'une fois au Parlement.

Le 25 novembre 1889, M. Ferroul déposa une proposition de loi tendant à l'ouverture d'un crédit de 150.000 fr. pour secourir les victimes des grèves du Nord, du Pas-de-Calais et de Tours.

Ministre, je fis le môme accueil à cette proposition que celui que j'avais fait cinq ans auparavant, comme conseillermunicipal,àcellede M.Pichon. Ayantditque « la grève était un fait volontaire », je fus violemment interrompu « sur plusieurs bancs à l'extrême gauche ; » mais je demandai de nouveau si nous devions « faire intervenir les forces sociales, une partie du budget, » en faveur des grèves ; si nous devions poser leprinci^x' de la « subvention des grèves par l'Etat. » La proposition fut repoussée par 364 voix contre 117 (1).

1. Je crois qu'il n'est pas inutile de reproduire les noms des 117 députés qui ont fait ce jour là du vrai socialisme.

ONT VOTÉ pour:

MM. Aimel (Henri). Argeliès.

Bargy, Barodet, Barrés ('Maurice), ^Baudin, Baulard, Beauquier, Beileval (de), Bézine, Borie, Boudeau, Boudeville, lîouge, Boyer (Antide^, Boysset.

Calvinhac, Castelin, Chassaing, Chautemps, Chiche, Clemenceau, Cluseret, Corneau, Gousset, Coutisson, Couturier.

Dellestable, Deprez (André) (Pas-de-Calais), Déroulède (Paul), Desmons, Dethou, Deville, Dreyfus (Camille), Ducoudray, Dumas, Dumay, Dnmonteil.

Page 1