‹ La Tyrolienne, comédie-vaudeville en un acte, imitée de Goethe;Chapitre 15 sur 19 · SCÈNE XVI · texte numérisé non relu

SCÈNE XVI

Les mêmes, JEROME « la fenêtre de la cabane, ensuite les Chasseurs.

Jérôme..

Eh ! les autres ! par ici ! par ici !

Que vois-je?... Jérôme!

Jérôme, à la cantonnade.

Donnez-moi tous ces petits ustensiles-là , que je les lasse sauter par la fenêtre.

MINA

Ah! mon Dieu! ce n'était pas assez d'avoir tué mes chèvres!

FABY

Qu'est-ce que tout cela veut dire?... Voulez-vous bien , monsieur Jérôme ?. . .

JÉRÔME

Tiens, te voilà, toi !... laisse-moi tranquille, ça ne te regarde pas. {Jetant l'un après Vautre tous les objets qui tombent sous sa main. ) Allez donc ! allez donc ! allez donc!

MINA , voyant un sabre tomber à ses pieds. Le sabre de mon pauvre père !... quelle indignité !...

FABY , le ramassant.

Le sabre du père Muller !... par exemple ! c'est trop fort... et si vous ne finissez pas , monsieur Jérôme, vous et vos amis. . .

JÉRÔME

Tu veux que nous finissions.. . Alors , dépèchez-vous donc,

vous autres, monsieur Faby est pressé... Tiens] tiens! mon enfant.

(Il continue à jeter divers objets par la fenêtre. ) FABY, furieux.

Jérôme , descends , si tu as du cœur.

JÉRÔME

Et de quoi te mêles-tu, je te prie... Es-tu son mari, pour défendre cette petite entêtée qui nous a refusé des provisions ?

FABY

Non, je ne suis^pas son mari, mais...

JÉRÔME

Mais... mais, es-tu son amant?... pas davantage... Alors, ça ne te regarde pas. {A ses amis.) Hé! les autres! la vaisselle , à présent !

MINA

Ah! mon Dieu! mon Dieu! ils ne vont rien me laisser!... CHOEUR.

Air de la Muette.

Ah ! quel plaisir de faire ce ravage ; Voilà comment se vengent des chasseurs!

Il faut apprendre aux iilles de village, Qu'on ne doit rien r'fus*>r aux voyageurs. FABF.

Jérôme ! descends , si tu n'es pas un lâche.

JÉRÔME

Ah ! tu le prends comme cela ! c'est différent , attends-moi. . .

MINA

Ah ! mon Dieu ! mon Dieu ! s'il arrivait quelque malheur ! . . . Appelons tout le village. ( Elle monte la côte en criant:) Au secours ! au secours !

jerÔme et le CHOEUR, sortant de la chaumière.

Ah ! quel plaisir de faire un tel ravage! etc., etc. fary, s' élançant sur Jérôme , le sabre à la main. Jérôme, allons, songez à vous défendre.

JEROME

Prends garde à toi, Faby.

Je ne crains rien.

JEROME

Ecoute donc !

FABY

Je ne veux rien entendre , En garde , allons !

JÉRÔME

Si tu 1' veux, je 1' veux bien.

(Ils se battent, mais Jérôme ne fait que rompre devant Faby, et recule jusque dans la coulisse.)

CHOEUR, les regardant.

Bravo , Faby, tu montres du courage ; Mais, mon ami, calme un peu tes fureurs. Il faut apprendre aux filles du village, Qu'on ne doit rien v' fuser aux voyageurs.

fAby , sortant delà coulisse.

Oh! là, là!

JÉRÔME , le suivant.

Tu t'es coupé!... là! j'en étais sûr!... tu es d'une pétulance! Ca t'apprendra à badiner avec les armes... mais heureusement ce n'est qu'une égratignure.

faby. #

Ce n'est lien , et tout-à-1'heure nous recommencerons , je l'espère.

( On entend un bruit de cor derrière la montagne. ) Jérôme , à ses camarades.

Ecoutez donc ! ( Tous prêtent l'oreille. On entend le cor. ) Oh ! oh! c'est un camarade qui a aperçu l'ours qui nous a tant fait courir ce matin... Ah ! coquin, tu vas nous le payer enfin !... En route , les amis !

FAby , faisant un mouvement pour le retenir. Comment, vous partez!... oh! vous ne vous en irez pas comme ça.

JÉRÔME

Sois tranquille , je vais revenir, et si tu n'es pas content...

CHOEUR, en sortant.

Air :

Chassseurs du Tyrol, allons, etc. , etc.

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