SCÈNE V
FABY, seul.
C'est fini, elle ne voudra j amais de moi; pourtant je ne suis pas mal... c'est-à-dire je n'étais pas mal, car maintenant je suis si changé, que je me fais peur à moi-même... Ce n'est pas étonnant... je ne mange plus... je ne bois plus... je ne dors plus... Je suis jeune, j'ai un joli magot qui ne doit rien à personne ; mais à quoi cela m'avance-t-il?... Le magot et moi, j'ai mis tout cela à ses pieds... l'ingrate n'a pas voulu nous ramasser.
Air de la robe et des bottes.
Elle a dédaigné ma tendresse !
Il faut m'éloigner de ces lieux ;
Elle a dédaigné ma richesse ,
L'or n'a plus de prix à mes yeux.
Vivre pour soi c'est un triste avantage , Et je préfère... on n' me fera changer, La pauvreté qu'en s'aimant on partage , A la richess' qu'on n' peut fair' partager.
Oh ! j'en mourrai... c'est sûr !
[Il va s'asseoir tristement sur le banc et demeure absorbé.)