CHAPITRE IV
Le mécanisme de la vaccination.
La sérothérapie se propose d'attaquer et de détruire le germe diphtérique.
C'est le terrain que la vaccination tend à modifier, pour, de réceptif, le rendre immun.
Comment se fait ce passage de la réceptivité à l’immunité ? C’est ce que nous allons étudier, d’après les travaux de M. Zœller, à l’aide de deux réactions : celle de Schick, et celle de l’anatoxine.
Notons tout d’abord que la réaction de Schick est « purement toxinique ». Elle traduit la résistance de l'organisme à l'égard de la toxine mais non de la maladie diphtérique.
L’anatoxi-réaction est quelque chose de bien différent. Son nom a induit en erreur bien des gens, qui out cru que l’anatoxine en constituait l'élément spécifique. Il n’en est rien : nous savons que son injection en quantités énormes ne provoque jamais de réaction chez le cobaye.
Autre chose nous en avertit: c’est son rigoureux parallélisme avec la fausse réaction de Schick, laquelle coexiste souvent avec la vraie. Si l’on admet que le Schick est une réaction toxinique, et c’est un fait maintenant hors de doute, il faut admettre aussi que la
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fausse réaction de Schick, et parconséquent l'anatoxivaccination est autre chose,
M. Zœæller a élucidé la question : substituons à l’anatoxine une culture très diluée de bacilles diphtériques stérilisés et lavés, nous obtenons encore les mêmes résultats : donc la réaction à l’anatoxine est spécifique des protéines diphtériques qu’elle contient. Un sujet au Schick fortement positif, qui n’a jamais été de sa vie en contact avec un bacille diphtérique n’est pas sensibilisé aux protéines diphtériques. Aussi les traces infimes ‘qu'on lui injecte en même temps que l’anatoxine ne déclanchent aucune réaction : l’anatoxiréaction de Zæller reste chez lui négative.
Au contraire, voici un autre sujet au Schick positif, peut-être un peu moins fortement que le précédent. A la différence du premier il a subi une légère atteinte du bacille diphtérique: chez lui, l'injection d'anatoxine déterminera, par une sorte d'anaphylaxie locale, une violente réaction : il aura ce que nous appellerions volontiers un « Zœller » fortement positif.
Comment dans un milieu épidémique se comporteront ces deux sujets ? Ce sera le premier qui contractera la diphtérie, et quant au second, on le retrouvera, quelques mois plus tard, doué d’un Schick négatif.
Nous venons de schématiser. Allons encore plus loin dans l’étude de la réceptivité à la diphterie. Parmi nos sujets à Schick positif, donc réceptifs, à anatoxi-réaction négative, donc anergiques, tous ne seront pas frappés, et parmi les victimes, toutes ne le seront pas également : c’est que, à côté de la présence chez un sujet d’antitoxine diphtérique, il faut envisager son aptitude à en produire sous une stimulation définie: c’est la
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réactivité naturelle, inégale extrêmement d’un homme à l’autre, et parfois absente totalement, comme chez ces malades qui font des diphtéries récidivantes sans jamais s'immuniser.
Ce sont ces malades qui mettent une borne à l’efficacité de la vaccination antidiphtérique.
Du reste, si nous étudions l’anatoxiréaction chez les sujets à Schick négatif nous constatons les mêmes différences : les uns ont une anatoxiréaction positive : ce sont ceux dont l’immunité est de fraîche date; les autres sont négatifs: leur immunité, puissamment installée neutralise si promptement les protéines diphtériques qu’elles n’ont pas le temps de déclancher une réaction
Pour preuves on peut invoquer à l’appui de cette conception que dans un même milieu le type des sujets observés évolue au fur et à mesure que leur exposition à l’épidémie est plus récente.
Au début d'une épidémie légère, nombreux sont les sujets réceptifs et neufs (Schick positif, anatoxiréaction négative).
Si l'épidémie est plus intense, on observera un fort pourcentage de sujets allergiques, à Schick positif, mais à anatoxiréaction négative, tandis que les sujets neufs deviennent l'exception.
Que cette forte épidémie se prolonge; les hommes auront acquis pour la plupart l’immunité (Schick négatif) et seront encore en pleine allergie (anatoxiréaction positive).
Voilà l'essentiel de ce qui se dégage des observations faites en Rhénanie par M. Zœæller. Ces vues semblent pleinement confirmées par les observations faites par
FETE MM. Lereboullet, Boulanger, Pilet et Lelong sur des sujets à différentes étapes de la maladie.
Au début 37 % d’anatoxiréactions positives.
À la période d'état, dans les diphtéries banales : HAN PAT
A la période d’état, dans les diphtéries graves : 20%
A la terminaison dans les diphtéries banales : 69 %.
À la terminaison, dans les diphtéries graves survivantes : 67 %.
A la convalescence dans les diphtéries banales : 100 %.
À la convalescence, dans les diphtéries graves : 100 %.