POUVOIR ANTIGÈNE DES EXTRAITS DU POUMON INFECTÉ
Dans la préparation de tous les vaccins (antityphoïdique, antidiphtérique ou autres), les auteurs ont visé à augmenter le pouvoir antigénique par des modifications techniques diverses.
C'est ainsi que dans la préparation du vaccin contre le typhus à base de poumon de souris, P. Durand tue maintenant les Rickettsies par le xanthate au lieu de formol.
Nous avons exposé que dans la préparation du vaccin souris-formol, après élimination des gros débris par trois centrifugations lentes, on pratique une centrifugation rapide prolengée destinée à recueillir les Rickettsies pour reprendre ensuite ce culot terminal dans l’eau physiologique formolée, les liquides surnageants étant ainsi éliminés. P. Giroud, au contraire, élimine les gros débris des suspensions de poumon de lapin par 4 centrifugations lentes, mais il conserve ensuite les liquides surnageants. Cette modification technique est toute récente ; en voici le principe. 4
P. Giroud 1942) (103) a remarqué, en effet, que l'inoculation par voie nasale ou péritonéale de poumon infecté à la souris, produit des phénomènes immédiats de choc quand on utilise pour cette inocu-
lation des poumons ayant été congelés plusieurs fois. C’est donc que le poumon congelé centiens des produits toxiques solubles, proven
lysées ou sur le point de l'être.
P. Giroud a donc cherché quel pouvait être, après traitement par le formol, le pouvoir antigénique de ces produits toxiques solubles, par rapport au pouvoir antigénique des suspensions de Rickettsies formolées.
Les poumons, après conservation à — 25°, sont broyés et dilués en eau physiologique formolée à o,2 %. Des centrifugations fractionnées successives permettent d'obtenir d’une part les Rickettsies, d’autre part le liquide d'extraction. Les pouvoirs antigéniques respectifs de la suspension de Rickettsies formolées, de l'extrait formolé, de l'extrait chauffé à diverses températures et enfin de l'extrait (chauffé ou non) additionné de Rickettsies, ont été appréciés chez l'homme et chez le lapin : on pratique chez ces sujets 3 injections à 1 semaine d'intervalle de 1 cc. de l’un de ces divers produits, pour éprouver ensuite par le test de séro-protection cutanée les pouvoirs neutralisants des divers sérums ainsi obtenus. Quelques-uns des résultats obtenus par P. Giroud ont été résumés dans le tableau I.
Comme on le voit, l’extrait est un bon antigène, supérieur même aux suspensions de Rickettsies. Le chauffage diminue son pouvoir antigénique, d'au- tant plus qu'il est plus poussé. Les meilleurs résultats’
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sont obtenus par injection du mélange extrait non chauffé + Rickettsies.
P. Giroud a déterminé de plus l’immunité active provoquée. Cinq lots de cobayes sont vaccinés par trois injections sous-cutanées de 1 cc. à une semaine d'intervalle, soit de Rickettsies formolées, soit d'extrait non chauffé, soit d’extrait chauffé, soit de l’un de ces liquides auxquels on a ajouté des Rickettsies, tous ces produits étant formolés à 0,2 %.
L'inoculation d’épreuve est pratiquée 50 jours plus tard, par injection intrapéritonéale de 1 cc. de caillot sanguin de cobaye infecté, broyé et dilué au demi.
Alors que les cobayes témoins font une maladie importante (9 à 10 jours de fièvre avec amaigrissement de 150 à 170 gr.), les cobayes qui ont reçu des Rickettsies ou de l'extrait sont vaccinés et leur poids reste constant ou augmente ; les cobayes qui ont reçu l'extrait, chauffé ou non, plus les Rickettsies, sont vaccinés et leur poids augmente ; par contre, les cobayes qui ont reçu l'extrait chauffé à 100° font une hyperthermie de 5 à 6 jours avec amaigrissement léger. | à
De ces expériences, il ressort donc clairement que l'association des deux antigènes, extrait et suspension, augmente le pouvoir immunisant du vaccin. Cette association est d'autant plus intéressante qu’elle ne provoque pas de réaction particulière chez les vaccinés.
De ces travaux, il résulte que chez le lapin convenablement sensibilisé (tondu, exposé au froid, et soumis à des injections massives répétées d’antigène toxique), l'inoculation par voie trachéale de matérie! virulent produit un typhus mortel d'évolution rapide, avec hépatisation pulmonaire massive et que:
1° on peut pratiquer aisément des passages continus de lapin à dapin ; s
2° que les lésions pulmonaires sont d’une richesse en Rickettsies comparable à celles du poumon de souris ; |
3° que dans ces lésions, les Rickettsies présentent des caractères morphologiques témoignant d’une haute virulence : formes bacillaires, affinité tinctoriale marquée pour la fuchsine basique ;
4° qu'effectivement la virulence du poumon de lapin est très élevée et égale à celle du poumon de souris, comme le prouvent en particulier les effets de l’inoculation de poumon de lapin par la voie nasale à la souris, par les voies péritonéale et cutanée au cobaye ;
Biqueirois injections successives de suspension formolée de poumon de lapin protègent le cobaye, tout comme une maladie grave, contre l’inoculation de plus de 1.080 doses infectantes ;
Lg 6° que l’adjonction des produits solubles extraits dû poumon de lapin formolé augmente encore considérablement le pouvoir immunisant de cette suspension.