‹ La vaccine et la vaccinationChapitre 59 sur 80 · I. — CULTURE DU VACCIN ANIMAL · texte numérisé non relu

I. — CULTURE DU VACCIN ANIMAL

« La culture du vaccin peut être assimilée à la culture de nos plantes cultivées :

Le virus inoculé constitue la semence;

L’ inoculation c’est V ensemencement ;

La partie de la peau inoculée c’est le champ de culture ;

Le vaccin recueilli c’est la récolte » (Chainbon et Ménard).

Pour cultiver le vaccin, il faut faire choix d animant dits vaccinifères. Ce sont les animaux

PRODUCTION DU VACCIN ANIMAL

de 1 espèce bovine qui sont le plus généralement employés, mais on peut aussi avoir recours à la chèvre (Mathieu et Auzias, Turennc, etc.), aux jeunes buflles (Calmette, Marchoux), au chameau (Agnelli), au mouton (Sacco, Depaul et Bouley, Chauveau) ('). Le cheval (Jenner, Loy, Lan tour, H. Bouley, etc.), l’Ane (Valentin, Ilurtrel d’Arboval, Sacco, Depaul), le porc (Yiborg, Numan, Trashot), le chien (Jenner, Sacco, Valentin, llamon, Hervieux), le lapin (Bard et Leclerc), le cobaye (Baillet), sont également doués de réceptivité pour la vaccine.

Choix des animaux vaccinifères. — Le choix des animaux vaccinifères présente une grande importance, car de ce choix dépend la bonne réussite de la production vaccinale.

i" Age. — On choisit de préférence des veaux de trois à six mois, sevrés depuis plusieurs semaines.

On peut employer des animaux plus Agés ainsi que l’ont fait Troja, Négri, Chauveau, Constantin Paul, Chambon. Cagny, etc., mais il faut reconnaître que les jeunes animaux se prêtent beaucoup plus facilement aux diverses manipulations que les animaux adultes.

2" Sexe. — Tous les auteurs ne sont pas d'nc-

(') Ducloux, Loir et Dinguizli ont réusfÿ à cultiver le vaccin sur la gazelle en Tunisie.

CHOIX F.T EXAMEN DE L’ANIMAI, l.’)3

cord sur le choix du sexe des animaux vaccin ifères. Les uns donnent la préférence aux veaux mâles, qui sont plus résistants, les autres aux génisses.

Personnellement, nous préférons ces dernières, pour celte simple raison quelles ne peuvent souiller de leurs urines les parties du corps ensemencées de vaccin.

Nous n insisterons pas davantage sur celle question, vu le peu d’importance que nous attachons au sexe de l’animal.

3’ Examen général du sujet. — a. État général. Il faut choisir des animaux en bon état de chair et de santé, et éviter de se servir des sujets fatigués, surmenés, chétifs ou maladifs.

Etat et couleur tic la peau. — On devra également donner la préférence à des animaux à peau fine et souple, de couleur blanche ou rousse ; les poils devront être courts et soyeux.

Sur les animaux dont la peau est pigmentée les éruptions ont moins belle apparence, et le vaccin recueilli est imprégné de pigment.

4 Examen clinique. — L’examen clinique du sujet présente une importance capitale : On doit choisir des animaux parfaitement sains; les animaux présentant quelque symptôme de maladie doivent être rigoureusement écartés.

Parmi les objections faites contre la vaccine animale, il en est une qui doit nous intéresser

PRODUCTION DU VACCIN ANIMAL

plus particulièrement, nous voulons parler de la possibilité de transmettre la tuberculose par l’inoculation d'un vaccin recueilli sur un animal tuberculeux.

Dans une de ses expériences, Toussaint annonçait avoir transmis au porc et au lapin la tuberculose par l'inoculation de vaccin recueilli sur des vaches tuberculeuses.

Ce fait, confirmant celui déjà signalé par les médecins grecs, Demel, Paraskova et Zablonis, était évidemment de nature à inspirer les plus graves inquiétudes au sujet du danger de la transmission de la tuberculose par la vaccine.

Mais, heureusement, ces deux observations restèrent isolées.

Lolhar Meyer et Gutlmann ayant examiné le vaccin de sept personnes phtisiques n’y rencontrèrent pas le bacille de Koch (1882).

Straus ne constata pas non plus la présence du bacille de Koch dans le vaccin de cinq personnes phtisiques et n’obtint pas la tuberculose en injectant ce vaccin dans la chambre antérieure de l’œil de plusieurs lapins ( 1 885).

Les recherches de J. Acker aboutirent au même résultat (1 885).

Chauveau et Josserand ayant expérimenté sur quarante sept cobayes, le vaccin fourni par treize personnes et une vache, tuberculeuses, n’ont pas réussi à produire la tuberculose (1 884).

VACCIN ET TCBEHCULOSE

Peiper ne rencontra pas le bacille tuberculeux dans le contenu de pustules vaccinales chez dix personnes phtisiques revaccinés avec succès. L’inoculation de ce vaccin à huit lapins ne donna aucun résultat (1889).

Nocard a recueilli, à diverses reprises, de grandes quantités de vaccin sur des vaches atteintes de tuberculose très avancée; aucun des nombreux cobayes auxquels ce vaccin a été inoculé n’est devenu tuberculeux.

D’autre part, Chauveau a démontré, dès 1872, que la tuberculose s’inocule difficilement parles érosions, par les piqûres et à la lancette.

Bollinger se basant sur les expériences de Schmidt sur le cobaye, concluait que le virus tuberculeux introduit par une inoculation cutanée, par exemple, la vaccination ordinaire, ne peut pas se répandre dans l’organisme.

De plus, nous savons que la tuberculose est extrêmement rare chez le veau.

Néanmoins, ainsi que le dit Nocard, pour se mettre h l’abri de toute critique, il ne faut utiliser le vaccin qu’après s’étre assuré que l’animal qui l’a fourni n’était pas tuberculeux.

Au Congrès de la tuberculose de 1888, Degive, de Bruxelles, a indiqué la pratique adoptée en Belgique, consistant à faire l'autopsie de chaque veau aussitôt la récolte du vaccin 1er-

PRODUCTION DU VACCIN ANIMAL

Au Congrès de i8y3, le professeur Leclainche, et Conte, de l’Ecole Vétérinaire de Toulouse, se basant sur la haute valeur diagnostique de la tuberculine, ont proposé de soumettre à son épreuve les animaux destinés à la production du vaccin.

Ces deux méthodes ont chacune leurs partisans ; elles aboutissent au même résultat.

De l’étude à laquelle nous venons de nous livrer, nous devons conclure que le danger de la transmission de la tuberculose par le vaccin est « absolument improbable et presque chimérique » (Nocard).

Mesures hygiéniques préliminaires. —

Les veaux choisis comme vaccinifères ont besoin tout d’abord d’une toilette spéciale, ils doivent

être débarrassés des excréments desséchés, adhé-

rents aux poils de la région du ventre et des cuisses, et de la crasse qui recouvre tout le corps et qui recèle, par conséquent, tous les germes de l’atmosphère.

Pour cela, il est nécessaire de panser ces animaux à l’étrille et à la brosse, et de les soumettre ensuite à un bon savonnage suivi d’un lavage antiseptique.

Hygiène des animaux vaccinifères. — 1 Local. — La toilette préliminaire étant terminée, les animaux vaccinifères doivent être placés dans une étable spéciale, spacieuse, couve-

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