PRÉPARATIONS VACCIN ALKS DIVERSES
Les préparations vaccinales existent également sous deux formes :
i° A l'état liquide ;
A l’état sec.
État liquide. i° Pâte m ilanaise moderne . — La pâle milanaise moderne est le produit du raclage de la pustule et de la peau environnante, additionné de glycérine (nn demi-gramipe de glycérine par pustule).
Les résultats donnés par celle pâte ont été très dissemblables (Dr Freund, de Breslau, et Dp Meinel, de Metz).
Meinel recommande de l’employer dans les six ou huit premiers jours de sa fabrication. L’Institut de Milan recommandait d’ailleurs également de l’employer le plus tôt possible.
Cette préparation n’est pas pure et contient
PULPE VACCINALE GLYCERINEE
des éléments étrangers nuisibles, le plus souvent septiques (Warlomonl).
a° Conserve lu, (landaise. — On l’obtient en raclant, la pustule avec un bistouri, on ajoute au produit obtenu de la glycérine aqueuse, et on conserve le tout entre deux plaques de verre paraffinées sur leurs bords, et enveloppées dans du papier d’étain.
3° Gltjcèrè vaccinal de Warlomonl. — Mélange du produit de raclage de la pustule avec de la glycérine aqueuse.
4° Pulpe glyvèrolée (Belgique). — Mélange de la pulpe additionnée de glycérine avec de l’empois d’amidon (parties égales) (Lyon).
5° Émulsion glycérinée. — Préparation vantée en Allemagne. Pour la préparer, on mélange d’abord le produit du raclage des pustules avec un peu d'eau distillée, on écrase, ensuite on ajoute la glycérine et on triture pendant cinq heures au moins, jusqu’à ce que la masse soit devenue un liquide homogène.
D’après Freund, l’émulsion glycérinée conserverait son action pendant troisù quatre mois.
0° Pulpe vaccinale glycérinée liquide.
Pour obtenir cette préparation on -triture les produits de raclage de la pustule avec de la glycérine neutre chimiquement pure. (On sait, en effet, que la glycérine jouit de la propriété d’pm pécher la putréfaction du vaccin*
ISO
CONSERVATION DU VACCIN
sans détruire ou amoindrir l'activité de ses germes).
C’est E. Millier qui, le premier, en 1 866, eut l’idée de mélanger le vaccin humain avec la glycérine.
Landrin (1867) indique également ce procédé de conservation. Mais « c’est au Comité de revaccination de Milan que l’on doit l’application vraiment pratique de la vulgarisation de ce mode de conservation du vaccin de génisse » (Ciaudo 1882). Celle pulpe est conservée et expédiée dans des tuyaux de plume d’oies.
En Allemagne, Pissin d’abord, puis Pfeitîer, eurent recours à ce procédé de conservation.
En 1884, le Reischlag nomma une commission chargée de déterminer la valeur relative des ditlérentes préparations vaccinales faites avec du vaccin animal. Ce fut la pulpe glycérinée qui donna les meilleurs résultats.
Technique de la préparation de la pulpe glyccrinée. — Quand on a recueilli les produits de la pustule dans un godet ou un mortier aseptiques, on y ajoute d’abord delà glycérine neutre, puis une quantité d’eau distillée et bouillie égale à la quantité de glycérine. Puis on triture le tout pendant une heure ou une heure et demie, jusqu’à ce que le mélange soit parfaitement homogène et ait la consistance d’un sirop léger.
« L’opération manuelle, longue et pénible,
VU I.PE VACCINALE GLYCERINEE
peut être remplacée avantageusement par un broyage mécanique très rapide et très complet, pratiqué à l’abri de la lumière, grâce à l’ingénieuse machine de Chalybaüs » (Saint-Yves- Ménard et Chambon).
Conservation de la pulpe glycérinée. — La pulpe glycérinée est conservée dans des lubes de grandeur variable pouvant contenir une quantité de vaccin suffisante pour cinq, dix, quinze, vingt, cinquante, cent vaccinations.
Les plus petits tubes ont un millimètreet demi à deux millimètres de diamètre intérieur. Les plus grands sont en forme de doigt de gant.
Les petits tubes sont fermés à la lampe; les plus grands ont un bouchage spécial ; au liège flambé, à la paraffine et à la cire dissoute dans l’alcool.
Il est nécessaire de maintenir les lubes de pulpe glycérinée à l’abri de la lumière et dans un endroit frais et sec, à température ne dépassant pas i5°C.
Kn Belgique, une série d’expériences furent également entreprises dans le même but, à l’Institut vaccinogène militaire d’Anvers. Après ces expériences, les l)r“ Warlomontet Molitor n’hésiterent pasù proclamer la supériorité de la pulpe glycérinée sur la lymphe fraîche.
Ln 1887, les Dr* Molitor et Titeca firent part, au Longres international d’hygiène et de démogra-
CONSERVATION DU VACCIN
phie de Vienne, des succès qu'ils avaient obtenus et que nous avons signalés dans la première partie de notre travail, et attribuèrent cette supériorité « à ce que la partie virulente du vaccin animal formée de granulations moléculaires, microbes ou inicrocoques, se trouve presque exclusivement contenue dans la partie solide de la pustule ».
La pulpe glvcérinée devint rapidement la préparation de choix de la plupart des Instituts vaccinogènes de France, de Paris (Chambon), de Nice (Ciaudo), de Montpellier (Pourquier), de Lyon (Leclerc), de Marseille (Fournac), du Val de Grâce (Vaillard), de Rouen (Vallin, Humbert).
En Italie, en Suisse, en Hollande, la pulpe glvcérinée ne tarda pas à jouir de la plus grande estime.
En résumé, la pulpe glvcérinée est aujourd’hui la préparation vaccinale qui répond le mieux à toutes les exigences.
État sec — D’après Ciaudo, les Comités de Milan et de Naples préconisèrent de bonne heure l’emploi des pustules desséchées et réduites en poudre (Frappoli, Verardini, Margotta).
Frappoli et Margotta ont employé le procédé suivant, consistant à faire dessécher le vaccin sous une cloche en présence de l’acide sulfurique anhydre : « On dispose sur un plateau à faire le