‹ La Vaccinothérapie TyphiqueChapitre 20 sur 33 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

Observations I

Le nommé T. F..., âgé de 18 ans, maçon, entre à l’hôpital le 21 juin, au 6° jour d’une fièvre typhoïde.

Il est dans un état de prostration marquée : c’est à peine s'il répond aux questions. Sa température atteint 40° ; le pouls est à 100, très nettement dicrote. Il n’y a pas de taches rosées, et la rate est percutable sur 3 cm. 1/2. L

En même temps il a une diarrhée ocre, fétide, très abondante (3 et 6 selles par jour). Aux poumons on note un peu de submatité aux bases et des râles de bronchites disséminés. L’auscultation du cœur décèle un très léger souffle extracardiaque. Les urines rares ne dépassent pas 500 grammes ; elles sont chargées, sédimenteuses, mais ne contiennent pas d’albumine. |

- Pendant les deux premiers jours, le malade est traité parla balnéothérapie. L'état reste le même, la température oscille entre 39° et 40°. Quelques taches rosées lenticulaires apparaissent à l'abdomen et la base du thorax.

Le sero-diagnostic fait à ce moment montre que l’agglutination se fait à 1/50 et 1/100.

La tension artérielle prise au Pachon montre que la ten-

sion maxima est de 16 et la minima de 9.

Le 24 juin, trois jours après son entrée, on lui fait dans la région deltoïdienne / centimètre cube de vaccin sensibilisé de Besredka, En même temps on supprima tout autre traitement. Dans les quatre heures qui suivent l’injection, la température s'élève de 9/10 de degrés, pour revenir rapidement

à son poiht de départ 39,6. Le malade n’a rien ressenti d’a-

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normal ; c’est à peine s’il se plaint d’une légère douleur au point d'injection, car il est obligé de se coucher dessus, et à ce niveau apparaît le lendemain matin une rougeur éphémère ayant la largeur d’une demi-paume de main.

Dès le lendemain de linjection le malade se sent mieux : il. est moins endormi; la diarrhée diminue un peu, mais la température un peu plus oscillante reste aux environs de 390, Les taches rosées sont plus nombreuses et plus foncées, et la rate qui a augmenté de volume est maintenant percutable sur 8 centimètres.

La tension artérielle est maintenant mx 14, mn 7.

Le 27 Juin on injecte de nouveau 2 centimètres cubes de vac-

cin. Les réactions locales et générales sont en tous points semblables à celles observées la première fois : et on n’observe rien au niveau de la première injection.

A partir de ce moment de grandes oscillations apparaissent ; la température variant de38 le matin à 40 le soir; chaque élévation de température s’accompagnant de sueurs abondantes.

Il semble faire un stade amphibole.

Il n’y a plus en moyenne qu’une à deux selles par jour.

Le 30 juin, voyant que l’état reste stationnaire, on refait une nouvelle injection de 2 centimètres cubes de vaccin qui s’accompagne toujours des mêmes réactions.

Pendant trois jours les oscillations persistent, mais elles ont maintenant diminué d’un degré; elles se font maintenant entre 37 et 38.

En même temps les urines remontent et atteignent 2 litres. L’agglutination ne dépasse pas 1/100.

- Puis à partir du 1° juillet la température se maintient à 37°, et la courbe urinaire monteen ligne droite pour atteindre 4 litres et s’y maintenir.

La rate est toujours aussi volumineuse ; le malade réclame à manger ; on commence l'alimentation progressive à partir du 14 et il sort de l’hôpital le 25 juillet.

En résumé on a donc eu affaire à une fièvre typhoïde de moyenne intensité qu’on a traité au huitième jour de la maladie par 3 injections de vaccin faites à trois jours d'intervalle.

Dès laseconde injection de grandes oscillations apparaissent et douze jours après le début du traitement, c’est-à-dire au

dix-neuvième jour de la maladie on arrivait à l’apyrexie com-

plète.

Observation II

Le nommé G. Laurent, palefrenier, âgé de 30 ans, entre à l'hôpital le 30 juin 1913 pour une diarrhée profuse accompagnée de maux de tête et de fièvre élevée.

Il traînait depuis quelques temps, et garde le lit depuis cinq jours. |

À l’examen il semble très fatigué, mais ne présente que peu de stupeur. On retrouve des taches rosées sur le thorax et le ventre ; la rate est percutable sur un centimètre, la température est à 40° et le pouls à 100.

L’auscultation du poumon décèle quelques râles aux bases, les urines sont rares et albumineuses, — un petit souffle extra-cardiaques’entend au cœur. I] a de 15 à 20 selles diarrhéiques par vingt-quatre heures la tension artérielle est maxima 18 minima 10. Enfin le séro-diagnoslic est positif à 1/25 et douteux à 1/50.

Dès son entrée on lui fait / centimètre cube de vaccin dans la région deltoïdienne.

A la suite il n’y a aucune réaction générale, mais lé malade se plaint d’une douleur locale au lieu d’inoculation, et pendant deux jours la peau est rouge à ce niveau. En -même temps ont peut sentir quelques ganglions perceptibles dans le creux de l’aisselle.

Le lendemain la tension artérielle s'abaisse à 15-7 ; la rale augmente légèrement el est perceptible sur 4 em. 1/2.

Les jours suivants, la diarrhée étant toujours aussi abondante et rien ne changeant dans l'état général on fait une deuxième injection de 2 centimètres cubes au niveau des flancs.

Cette injection est aussi douloureuse ; les mêmes phénomè-

nes locaux se produisent ;et on note une très légère montée de la fièvre deux heures après l'injection.

Les selles diminuent à 5 puis 2 dans la journée et la température baisse progressivement à 38°8. Malgré cette amélioration, le 4 août on fait une 3° piqûre de 2 centimètres cu-

bes. Le soir et le lendemain, la température remonte au-dessus de 39° mais le 6 au matin elle n’atteint pas 38 et à partir du 7 elle oscille à 37° et au-dessous.

La rate à la suite de ces injections est perceptible sur 8 centimètres. Il n’y a plus qu’une selle dans la journée, qui n’a plus les caractères d’une selle typhique. Le malade qui a maigri considérablement réclame à toutes forces à manger. La tension artérielle est à 13°7, L’agglutination se fait maintenant à 1/100.

Les urines qui se maintenaient autour de 1 litre atteignent 2 litres 800 le 10 et 3 litres à partir du 18.

On reprend l'alimentation progressive à partir du 14°et le malade sort guéri le 26 juillet 1913.

En résumé on a eu affaire à une fièvre typhoïde d'intensité

moyenne à qui on a fait en 3 fois 5 centimètres cubes de vaccin, les injections se répétant tous les deux jours. SIX jours après le début du traitement le malade était apyrétique. La

maladie a duré en tout treize jours.

A partir de ce moment nous avons choisi comme lieu d’injection la région sous-claviculaire, qui n’est pas comme la région thoracique postérieure comprimée pour le poids du ma-

lade dans le décubitus horizontal.

Observation III

M. J. Lucien, 47 ans, artiste peintre, entre à lhôpital le 12 juillet 1913.

Il traînait depuis une quinzaine de jours, et avait été obligé de garder le lit depuis cinq jours. Il avait été très surmené ces derniers temps.

A l’examen on ne décèle pas la moindre stupeur mais la température dépasse 39° tandis que le pouls reste aux environs de 100. ati

La rate est perceptible sur 3 travers de doigt, et des taches rosées commencent à apparaître au nombre de 4 ou 5 le lendemain sur le ventre.

Le malade a une diarrhée peu abondante mais ocre et fétide. On retrouve quelques râles aux bases. Enfin il boit abondamment et urine près de 2 litres. Il n’y a pas d’albumine.

Le séro-diagnostic est positif à 1/25 et négatif pour les paratyphiques À et B.

Le 12 juillet, puis le 14 on lui fait / puis 2 centimètres cubes de vaccin sensibilisé dans la région sous-claviculaire. La réaction locale est peu intense; il n’y a qu’une légère rougeur

persistant deux jours au lieu d'injection, Le malade se plaint

à peine de la douleur mais l’état général reste le même ; on ne note pas d'amélioration.

Le 17 juillet au soir on refait une injection de 1 centimètre

cube. Dès le lendemain la température baisse nettement d’un

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degré, et au lieu d'osciller entre 38° et 39°, elle oscille maintenant entre 37°5 et 38°.

La rate augmente, elle est perceptible maintenant sur quatre travers de doigts.

Quatre jours après, le 20 juillet, voyant que l’état reste stationnaire on refait 2 cenlimètres cubes de vaccin. À la suite, légère montée fébrile de 1/2 degré, mais sitôt après la température baisse progressivement par atteindre 37 et s’y maintenir à partir du 26 juillet. La convalescence suit son cours normal et le malade rentre chez lui le 7 août.

En résumé on a eu affaire à une fièvre typhoïde bénigne chez un homme déjà âgé et qui a évolué en vingt jours. A la 3e injection de vaccin, c’est-à-dire cinq jours après le début du traitement, on a observé une amélioration nette et la gué-

rison a suivi defprès la 4 piqûre.

Observation IV

Le nommé L. René, âgé de 16 ans, garçon de café, entre à l'hôpital le 19 juillet 1913.

Depuis un mois il se plaignait de fatigue générale, et il a été obligé de se coucher ily huit jours.

Lorsqu'on l’examine on remarque tout d’abord son état de stupeur. Il ne dort pas. Sa température est à 40° el le pouls à 89 régulier est décrote. La rate volumineuse est perceptible sur 6 centimètres. 5 ou 6 taches rosées très neltes apparaissent sur le ventre et les flancs.

La langue un peu sèche est blanche au centre, rouge sur les bords. Il a une diarrhée abondante en moyenne 4 à 5 selles par jour. On note quelques sibilances aux poumons. Les urines atteignent 1 litre. La tension artérielle est à 13-6. L’agglutination positive à 1/200 est négative à 1/225.

Dès le soir de son entrée on lui fait un centimètre cube de vaccin ; deux jours après, on fait 2 centimètres cubes ; et l'on répète ces injections tous les deux jours jusqu’au 28 juillet. Le malade a alors reçu en dix jours 5 injections.

Malgré cette grosse quantité de vaccin l’état du malade ne change pas, la température oscille toujours aux environs de 40v et le pouls se maintient vers 100.

Cependant la diarrhée disparaît, et le malade plutôt constipé ne va plus à la selle que par lavements.

La tension artérielle s'élève légèrement (15-6). Enfin le 27 après la 4° injection,on voit reparaître quelques taches rosées, 3 sur l'abdomen et 2 sur les flancs.

La rate a augmenté encore et se percute sur 10 centimètres.

Deux jours après la 5° injection la température commence

à baisser el la rate atteint maintenant 14 centimètres.

Le 2 août on refait encore 2 centimètres cubes de vaccin : la descente continue progressive et la courbe atteint 37 le 7 août en même temps que les urines remontent pour bientôt atteindre 3 litres.

Le malade entrait alors en convalescence lorsqu'à partir du

13 la température se met à remonter mais cette réascension

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