‹ La Valachie, essai de monographie géographiqueChapitre 28 sur 195 · Inkey. Die Transsylvanischen Alpen, loc. cit · texte numérisé non relu

Inkey. Die Transsylvanischen Alpen, loc. cit

G. G. Munteanu Murgoci. Grupul superior al cristalinului, loc. cit.

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se montre affaissé entre deux bandes du groupe inférieur, on arrivera à la conclusion que, à la un des temps primaires, une série de dislocations marquaient déjà les lignes directrices du relief actuel des Karpates 1. Certains détails même paraissent avoir été déjà esquissés. C'est ainsi que l'abaissement de l'axe des plis, si sensible à Lainici, présageait déjà la formation de la vallée du Jiu 2.

Les mouvements tectoniques qui dessinaient ainsi déjà quelquesuns des traits fondamentaux de la structure des Karpates amenèrent la montée de granités qui forment çà et là des bandes E.-O. plus ou moins transformées en granit-gneiss par dinamométamorphisme et de nombreux filons de diabases, diorites et porphyres.

Au commencement du secondaire, toute la Yalachie devait faire partie d'un continent émergé déjà depuis quelque temps, et qui, à la fin du Trias se trouvait réduit à l'état de pénéplaine. C'est, en effet, sur une surface de planation bien caractérisée que reposent les schistes et calcaires liasiques et jurassiques (?)3 de la Cerna, de Polovraci, de la Latori^a, restes d'une couverture continue et nettement discordante sur les schistes cristallins. Lorsque, d'un sommet élevé tel que Mândra, point culminant du Paringu, on regarde vers l'O. dans la direction des monts du Yulcan, on ne peut manquer d'être frappé par l'aspect de plateau que présentent ces montagnes, formées par une série de crêtes qui s'abaissent lentement vers le S. Les lambeaux calcaires qui forment presque tous les sommets élevés se reconnaissent à leur air de pustules parasites. Quand par un beau soir d'été, dans la brume d'or du couchant qui accentue les profils et rend plus sensible le parallélisme des lignes, on contemple ce spectacle, on ne peut s'empêcher de se demander si ce plateau, dou-

1. E. de Martonne. La, Roumanie, cxtr. Grande Encyclopédie, p. 21.

2. L. Mrazec. Contributions à l'histoire de la vallée du Jiu, Bid. Soc. Se. Bue., VIII, 1899. — E. de Martonne. Sur l'histoire de la vallée du Jiu, CR. Ac. d. Se.,

3. D'après Drachiceanu (Mehedinfi Studii geologice Bue., 1885 et Erlâuterungen zur Geol. Karte des Kônigreichs Rumànien, Jahrb. K. K. Geol. Reichsanstalt, 1890), quelques-uns de ces calcaires seraient crétacés. — Toula (Eine geologische Reise in die Transsylvanischen Alpen Rumâniens, Neues Jahrb., 1897, pp. 142 et sqq.). - Redlich (Geologische Studien in Rumànien, Verh. d. K. K. Geol. R. A., 1896J. — Mrazec (Partea de E. a munt-ilor Vulcan Bue, 1898). — Murgoci (Masivul Paringu Bue, 1898, Grupul superior al cristalinului), etc., les considèrent dubitativement comme jurassiques.

cernent incliné vers le S., ne représente pas la pénéplaine triasique elle-même, et ne rend pas l'aspect que devait présenter presque toute la Valachie vers le milieu de l'ère secondaire !.

Un fait digne d'être noté est que, si les dépôts triasiques manquent complètement dans les Alpes transylvaines, ils existent sur les bords du massif cristallin de la Moldavie septentrionale et dans la Dobrodgea 2. On a même remarqué entre ces deux régions des parentés de faciès et de faune qui peuvent faire supposer la continuité des deux massifs cristallins et du bras de mer qui les longeait 3 .

En tout cas, ce n'est qu'au jurassique moyen, qu'an constate une avancée de la mer sur le bord oriental du massif cristallin valaque. A partir de ce moment la séparation est définitive entre ce massif et celui qui occupe le N. de la Moldavie. Le détroit qui les sépare est le théâtre d'une série d'incursions, de reculs et de retours offensifs de la mer, qui nulle part ne s'observent mieux que dans la région de Câmpullung et Sinaïa, si bien étudiée par M. Popovici-Hatzeg '. Une série sédimentaire riche en fossiles, commençant par un conglomérat et des grès ferrugineux, continuant par des grès calcaires, des marnes et des calcaires, semblables à notre tithonique s'y développe du bajocien supérieur au néoeomien, avec une lacune qui témoigne d'une émersion pendant le séquanien et le kimmeridgien. Une seconde période d'émersion est constatée pendant l'albien et l'aptien, mais le cénomanien est, comme dans toute l'Europe septentrionale une époque de grande transgression; la mer vient déposer jusque sur les schistes cristallins des masses énormes de conglomérats, grès et sables, plus ou moins consistants, qui forment encore tous les sommets élevés de la région sédimentaire à l'E. de la Pâmbovita : Bucegiu, Csukas, Sireu. L'extension de ces dépôts paraît avoir été considérable. Dans la région du Buzeu on peut constater qu'ils forment la base du flysch.

1. Cet aspect et l'hypothèse qu'il suggère ont été bien notés par L. Mrazec. Contributions à l'histoire de la vallée du Jiu, loc. cit.

2. Sava Atanasio. Studii geologice in Districtul Suceava, Bul. Soc. Se. Bue, 1898, pp. 61-113. — K. Peters. Gmndlinien zur Géographie und Géologie der Dobrudscha, Denkschr. A. Ak. Wiss. Wien, XXVII, 18G7. — Anastasiu. Contribution à l'étude Géol. de la Dobrogea (Roumanie), Paris, 1898, carte 1/800,000*.

3. Haug. Revue annuelle de Géologie, Rev. gén. des Se, 1899, p. G36.

4. Popovici-Hatzeg. Elude géol. des environs de Câmpullung et Sinaïa, carte géol. 1/200,000%

C'est après le cénomanien que paraît avoir commencé le soulèvement qui devait édifier définitivement la chaîne karpatiqne. En effet, le turonien marque une nouvelle émersion dans la région de Sinaïa, et le sénonien, dont les marnes rouges, si curieusement ravinées dans la vallée de la Praliova, représentent les derniers dépôts secondaires est tellement en retrait, qu'on peut supposer l'arc karpatique déjà à peu près dessiné. Il semble cependant qu'il n'ait pas tout à fait présenté la même orientation générale qu'à l'heure actuelle. La courbure en était sans doute moins accusée, le massif cristallin, plus ou moins recouvert de sédiments secondaires occupant alors presque toute la Transylvanie et l'Olténie, en continuité avec le plateau prébalkanique. C'est ce qui expliquerait les dislocations N.-S. de la région du Bucegiu se moulant sur le rebord du massif cristallin, où l'on voit les axes des plis s'infléchir vers le ~N. dans la partie orientale des Fogarash. Cependant on constate que déjà d'anciennes dislocations E.-O. reprenaient de l'importance. Le synclinal du Lotru était envahi par la mer sénonienne qui y déposait, après les conglomérats à ciment cristallinisé de Brezoiu 1, une série de grès marneux mêlés de gros blocs calcaires 2.

C'est au tertiaire que l'arc karpatique, de même que la chaîne alpine, s'est définitivement formé tel que nous le voyons. La mer peu profonde et agitée du flysch continue pendant tout l'éocène et l'oligocène à amonceler sur le bord du continent émergé qu'elle démantèle, et qui tend toujours à regagner le terrain perdu en se soulevant, des dépôts élastiques : grès, marnes calcaires, argiles schisteuses, qui forment presque toutes les hautes Karpates entre les deux massifs cristallins moldave et valaque.

Il est probable, que pendant toute cette période, un lent mouvement d'exhaussement se produisait déjà suivant l'axe des Alpes de Transylvanie, compensé par un affaissement de la Yalachie ; car plus les recherches géologiques avancent, plus on trouve vers l'O. des lambeaux de flysch cachés sous les sédiments plus récents. D'après M. Mrazec on les suivrait à l'O. de l'Oltu jusqu'en Olténie 3. Cependant c'est à la fin de l'éogène que semblent s'être produits les événements décisifs.

1. L. Mrazec. et G. Munteanu Murgoci. Muntii Lotrului Bue, 1898.

2. Redlich. Geologische Studien im Gebiet des Oit und Oltetzthales in Rumànien Jahrb. K. K. Geol. R artisans tait, 1809, pp. 4 et sqq.

3 L. Mrazec et W. Tetsseyre. Aperçu géologique sur les formations salifères en Roumanie, Mon, d. intérêts pétrolières roum., III, 1902.

Le mouvement de soulèvement s'accélère, surtout en Moldavie et en Munténie, produisant un nouveau ridement des couches secondaires et tertiaires qui accentue la courbure de l'arc karpatique. C'est le long- d'un axe perpendiculaire à la courbure maximum des Karpates et passant par Gala£, que le plissement semble avoir atteint son maximum d'intensité. En effet, tandis que, dans le district d'Arges, le flyscli ne plonge que de quelques degrés vers le S., dans la Prahova il forme des synclinaux et anticlinaux E.-O. très surbaissés \ et dans la région Buzeu-Putna-Trotus, on trouve des plis aigus N.-E. — S.-O. ou IN". • — S., souvent déjetés vers l'extérieur, étirés et failles, portant les grès inférieurs à des altitudes de 1,200 mètres2. Au contraire, le massif d'Olténie s'affaissait plutôt vers le N.-O., et des lagunes, en relation avec la mer pannonique occupaient les fonds de vallées, suivant les anciennes lignes de dislocation (Bassins de Hatzeg, Petroseny, Topile, Eontânele, etc. 3).

Désormais la chaîne karpatique va continuer à s'édifier par une série de poussées, qui impriment au sol de la Yalachie des mouvements de bascule, amenant tantôt des reculs, tantôt des avancées de la mer. A chaque épisode, on voit la configuration se rapprocher de celle qu'on observe actuellement. Avec l'helvétien la mer revient de l'E., en transgression sur le flysch et même parfois sur les schistes cristallins, formant même dans la région du Buzeu un golfe à l'intérieur du flysch (bassin de Slanic 4). On sait que c'est à l'helvétien qu'appartiennent les plus importants massifs de sel de Eoumanie, mais le faciès lagunaire qui a donné lieu à ces dépôts s'était déjà trouvé réalisé plus d'une fois pendant l'oligocène et même l'éocène 5. La mer peu profonde du flysch, avait déjà tendance à former des lacs saumâtres sur la bordure du continent karpatique.

Au tortonien, nouveau mouvement de bascule, faisant émerger presque toute la Moldavie. Le sarmatien est, dans l'histoire des Karpates, une période aussi décisive que le cénomanien. Dans les deux cas on assiste à une énorme transgression de la mer, favorisée

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