‹ La valise de MolièreChapitre 19 sur 24 · LES MÊMES. CORMIER · texte numérisé non relu

LES MÊMES. CORMIER

MOLIÈRE

Mes compliments. Monsieur Cormier, je suis ravi de cet enfant.

CORMIER

Ah I ah ! vous voilà pris, ce n'est pas mon élève,

c'est le disciple chéri de Molière... vous avez applaudi un de ses ouvrages.

MOLIÈRE

Je me rends... quoique...

CORMIER

Encore!... a Baron.) Petit, pour convaincre cet opiniâtre, récite-lui quelques vers, et du maître, entends-tu, du grand maître ! Choisis ceux que je t'ai donnés ce matin. Ce n'est qu'un madrigal, mais d'un joli tour, je crois, et...

MOLIÈRE

Nous verrons bien...

baron, récitant.

« L'Amour, charmante Iris, ne souffre point de maître. a C'est un enfant gâté qu'on a peine à connaître :

Il gronde sans savoir pourquoi.

» La douceur quelquefois l'irrite.

» Il met à bout la plus sage conduite. Et l'on n'ose pourtant le laisser sur sa foi. • Il veut tout ce qu'on lui refuse, >. Il néglige tout ce qu'il a :

» Un rien après l'amusera.

Toujours prêt à payer d'une mauvaise excuse, i On hasarde beaucoup de jouer avec lui : » Il ne garde aucune mesure:

» Et c'est un grand coup d'aventure » S'il est encor demain ce qu'il est aujourd'hui.

>< Voilà le bel enfant que vous avez fait naître; » Cependant, tel qu'il est. il mérite vos soins, » Je veux bien vous aider à lui conserver l'être, » Pourvu que vous vouliez, sans mais, car, si. peut-être, » A frais communs fournir à ses besoins. »

MOLIÈRE

Fort bien dit.

CORMIER

Oui, mais les vers...

MOLIÈRE

J'en suis assez content.

CORMIER

C'est heureux i

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