LES MÊMES. CORMIER
MOLIÈRE
Mes compliments. Monsieur Cormier, je suis ravi de cet enfant.
CORMIER
Ah I ah ! vous voilà pris, ce n'est pas mon élève,
c'est le disciple chéri de Molière... vous avez applaudi un de ses ouvrages.
MOLIÈRE
Je me rends... quoique...
CORMIER
Encore!... a Baron.) Petit, pour convaincre cet opiniâtre, récite-lui quelques vers, et du maître, entends-tu, du grand maître ! Choisis ceux que je t'ai donnés ce matin. Ce n'est qu'un madrigal, mais d'un joli tour, je crois, et...
MOLIÈRE
Nous verrons bien...
baron, récitant.
« L'Amour, charmante Iris, ne souffre point de maître. a C'est un enfant gâté qu'on a peine à connaître :
Il gronde sans savoir pourquoi.
» La douceur quelquefois l'irrite.
» Il met à bout la plus sage conduite. Et l'on n'ose pourtant le laisser sur sa foi. • Il veut tout ce qu'on lui refuse, >. Il néglige tout ce qu'il a :
» Un rien après l'amusera.
Toujours prêt à payer d'une mauvaise excuse, i On hasarde beaucoup de jouer avec lui : » Il ne garde aucune mesure:
» Et c'est un grand coup d'aventure » S'il est encor demain ce qu'il est aujourd'hui.
>< Voilà le bel enfant que vous avez fait naître; » Cependant, tel qu'il est. il mérite vos soins, » Je veux bien vous aider à lui conserver l'être, » Pourvu que vous vouliez, sans mais, car, si. peut-être, » A frais communs fournir à ses besoins. »
MOLIÈRE
Fort bien dit.
CORMIER
Oui, mais les vers...
MOLIÈRE
J'en suis assez content.
CORMIER
C'est heureux i