‹ La valise noireChapitre 26 sur 52 · Sorte de bière faite avec du manioc fermenté · texte numérisé non relu

Sorte de bière faite avec du manioc fermenté

colliers et des bracelets de dents de léopard ; mais quelques guerriers de distinction y ajoutaient un sifflet fabriqué avec les os d'un ennemi, et le cotU-louœlij espèce de croissant en or encJadré dans un morceau de boiâ de courharit.

Le hiàriage des Caraïbes se faisait, ëans AUôune cérémonie, sur le simple fconsentement dès paifeîits de la jeune fille. Chaque homme épotiâÊiit autâtit de femmes qu'il eii pouvait nourrir, et \k plupart des capitaines eii entretenaient dàhs plusieurs îles.

Lorsqu'un enfant naissait, le père devait se mettre au lit et se ôondamtier â un jeùhe qù^il continuait plus ou moins rigoureusement pendant si* ihoià. AU bout de ce tènipà, on perçait là lèvté et les oreilles de l'éUtaut, on lui (dupait quelques cheveux, et il recevait un nom. S'il atteignait l'âge de

iOi AU BOUT DU MONDE

puberté, on le soumettait à un jeûne de trois semaines et on lui tailladait la peau avec une dent d'accm^î/, comme pour Tavertir qu'il était arrivé à cette époque de la vie où l'homme doit apprendre à souffrir.

Le jeune garçon qui voulait se faire recevoir ' guerrier était en outre soumis à une épreuve particulière. Son père le conduisait au milieu des vieil- j lards, le faisait asseoir à leurs pieds, puis, prenant un mancefmil, qu'il avait eu soin de se procurer i vivant, il brisait la tôte de l'oiseau de proie sur | celle de son fils, et, lui en donnant le cœur chaud , et saignant, il disait : Puisses-tu avec ceci manger le courage du momcefenil!

Puis, broyant l'oiseau dans du jus de piment, il en frottait le corps du jeune homme, qu'un vieillard avait auparavant découpé en tous sens, et il ajoutait : Puisse la force du mancefenU entrer avec ceci dans tes membres I

Le néophyte était alors reconduit dans son carbet^ où il se couchait et demeurait sans manger autant de jours qu'il le pouvait. Il fallait avoir supporté '

toutes ces épreuves sans donner une seule marque de faiblesse pour avoir le droit de suivre les chefs à la guerre.

Quand la mort frappait un Caraïbe, les femmes le plaçaient dans un hamac, accroupi sur ses ta- Ions, les coudes sur ses genoux, et la tête appuyée sur les deux mains. Il était ensuite déposé dans une fosse creusée au milieu de son carbet, qui ne devait plus servir d'habitation, et chaque parent, chaque ami, venait tour à tour lui adresser une sorte de chant lugubre improvisé, mais ramenant toujours les mêmes regrets et les mêmes images.

— Et pourquoi donc, disaient-ils, es-tu mort, toi qui avais tant d'ignames, de bananes et de manioc, toi qui étais aimé des tiens? Et pourquoi donc es-tu mort?... Tu étais si vaillant, tu as renversé tant d'ennemis, tu nojis as fait manger tant d'AUouagues!... Et pourquoi donc es-tu mort? pourquoi es-tu mort*?...

Après cette espèce d'oraison funèbre, le cadavre

1. RoGHEFonTj Histoire naturelle et morale des AntUlei, p. 488.

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était déposé dans une fossé creusée au ftiîlîeti do carbet, on le fecouvrait de tetre, et il y avait un festin funéraire accompagné de chants et de danses. Les hommes^ accroupis et un doigt sur les lèvres, tournaient en cercle autour de la fosse, se relevant avec lin cri à chaque refrain, tandis que les fetnnies, les yeul baissée et les mains appuyées sur leurs seins, frappaient la terre de leurs pieds et s'arrêtaient & des télnps égaux pour lever les bras âu cîeH.

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