‹ La valise noireChapitre 48 sur 52 · ix*sept sf^ulAment échappèrent an combat · texte numérisé non relu

ix*sept sf^ulAment échappèrent an combat

chevalier de Saint-Laurent retourna la lettre qui renfermait cette demande et écrivit au revers :

« Les Anglais livreront leurs forts, canons, armes, munitions.

» Ils ne pourront rester à Saint^hristophe qu'en prêtant serment de fidélité au roi de France,

» Il ne leur sera permis de porter aucune arme, pas même l'épée.

» Ils auront liberté de conscience, pourvu qu'ils ne fassent aucun acte extérieur de religion.

» Nous leur accordons quatre heures pour signer ces conditions. »

Les Anglais signèrent.

M. Auger partit peu de jours après pour la France, où il apporta les drapeaux pris sur rennemi. En entendant le récit de ce merveilleux combat, M. de Turenne s'écria :

— Je donnerais une année de ma vie pour y avoir été.

Louis XIV lui-même, qui s'en était fait répéter plusieurs fois les détails, dit à M. Auger :

— Vous pouvez écrire à mes officiers de Saint-

Christophe que, s'ils attachent quelque prix à l'estime de leur roi, ils ont lieu de se trouver satisfaits.

Quant à Colberi;, il envoya au chevalier de Saiat- Laurent la commission de gouverneur et une gratification de mille écus.

Ce premier succès de nos colons augmenta leur confiance. Les gouverneurs de Sainte-Croix, de la Grenade et de Marie-Galande, que la compagnie avait engagés à abandonner leurs établissements dans la pensée qu'ils ne pourraient les défendre, répliquèrent que les habitants de leurs îles avaient déposé tout ce qu'ils possédaient dans des silos trop profonds pour être sondés avec Tépée * ou dans des coyemboucs cachés parmi les lianes *, et

i. Labbat» Rochefort, DiitdTtre# pasrim. -^ Les objets qui ne craignaient point Thumidité étaient enfouis dans des fosses étroites par l'ouverture, larges par la base, que Ton recouvrait de gazon pour les mieux cacher, et que Ton alignait avec des arbres afin de les retrouver. Les objets plus délicats étaient resfermés dans de grosses calebasses appelées eoyemboueSf que l'on cachait dans le feuillage et parmi les lianes.

2. nekUùm de ce qui t'est peusé dans les ifes, etc., vol. I, p.

les.

que, quant à leur sûreté personnelle, Us avaient pratiqué au milieu des bois des réduits défendus par des abattis de forêts où quelques hommes pouvalent défier une armée. L'île de Saint-Martin fut donc seule évacuée ; encore M. Desroses, qui y commandait, détruisit-il en passant rétablissement formé par les Anglais dans la petite île de l'Anguille. Quant à Saint-Barthélémy, dont on avait également retiré les colons, on y envoya peu après, de Saint-Christophe, huit cents catholiques irlandais, qui reçurent un gouverneur français et prêtèrent serment de fidélité au roi.

Vers cette époque, une flotte passa devant la Guadeloupe, et Ton apprit que c'était lord Willougb? qui se rendait à Saint-Christophe dans l'intention d'y .massacrer tous les Français. Mais un ouragan qui s'éleva subitement dispersa ses quarante navires, dont deux seulement réussirent à gagner Antigoa et Mont-Serra. Les autres furent brisés sur les rochers des Saintes, où les naufragés qui purent échapper se fortiflèrent. M. du Lion, craignant de les voir s'établir à demeure dans un lieu où ils pourraient couper toute communication entre la

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Guadeloupe et les autres colonies françaises, réunit quelques canoûas de Caraïbes (car Touragan avait détruit toutes ses chaloupes) et débarqua le soir aux Saintes. Les Anglais avaient construit leur fort au pied d'un morne qui ne semblait accessible qu'aux oiseaux ou aux chèvres sauvages; cependant, le lendemain, en se réveillant, ils y aperçurent, ave* stupéfaction, une batterie sur laquelle flottait le drapeau blanc I H. du Lion avait profité de la nuit pour gravir la hauteur et les prendre à revers. Âpres une résistance de quelques heures, ils se rendirent à discrétion. Deux des navires jetés à la cdte furent en outre relevés, et l'on en prit trois autres, ' peu après, à Henri Willougby, neveu et successeur - de celui que l'ouragan avait fait périr.

Au milieu de ces succès continus, M. de la Barre • arriva avec quelques secours et une commission de ^ la compagnie. Les colons s'étonnèrent d'abord de f ce que celle>ci eût choisi un homme de robe pour ^' lieutenant-général; mais cet étonnement cessa lorsc qu'ils le virent à l'œuvre. L'ancien conseiller pos- ^^ sédait en eflTet plus que la science de la guerre; il

en avait l'instinct. Il comprit sur-le-champ que dans une lutte aussi inégale Taudace était de la prudence, et qu'il fallait frapper coup sur coup; aussi seprononça-t-il, dès les premiers jours, pour les entreprises les plus hardies. Antigoa, où les Anglais avaient une colonie florissante, fut attaquée par ses ordres. Après une vigoureuse résistance, le colonel Garden, qui était gouverneur de l'île, s'engagea à la remettre dans un délai convenu. Mais lorsque M. de Clodoré se présenta pour l'occuper, il apprît que le major Fische était arrivé avec plusieurs compagnies, et que les Anglais avaient repris les armes. Une lettre signée Marie Garden lui annonça en même temps que le colonel, qui voulait exécuter la capitulation, venait d'être arrêté comme traître, et le suppliait de prendre sous sa protection a un homme qui n'avait levé la main ni le cœur contre lui *. » Le soir même, Garden, qui avait réussi à s'échapper, conflima la vérité de cette excuse en venant se rendre loyalement aux Français. L'ordre de marcher à

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