‹ La vallée de la Mantawa [microforme]Chapitre 2 sur 25 · LU | | RECIT DE VOYAGE · texte numérisé non relu

LU | | RECIT DE VOYAGE

estion si |

rlant des À

arcourus, ureux et

— Vous partez pour la Mantawa : bon voyage.

bonne pêche et chasse abondante! Surtout, isaluez bien les rares colons qui végètent par là, si tant est que vous en rencontriez encore de vivants. :

C'est rassuré ainsi par l'amitié, ne sachant pas | lrop qui serait le gibier dans cette course à trarers un pays ignoré, mais bien décidé à chercher

le vrai et à le dire si je revenais vivant, que je partais de Montréal, samedi, 4 septembre de l’an de grâce 1869. Le lendemain, je traversais le riant et ombreux village de l’Assomption et le quittais bientôt en compagnie de l’Honorable M. Ls. Archambeault ministre des Travaux Publics et de l’Agricullure, qui avait organisé lui-même cette expédition.

A peine de retour du Saguenay et de la vallée du lac St. Jean, il n’hésitait pas à se mettre de nouveau sur la route pour voir de ses propres

yeux l'emploi des deniers affectés aux chemins Si

de colonisation et juger par lui même de la

valeur des vallées du versant septentrional ües Pi

Laurentides. |

Ni les fatigues certaines de l'expédition, ni la | longueur de l'absence, ni la crainte des dangers, rien n'avait pu modifier son généreux dessein. À L’honorable ministrè avait à cœur äde montrer le vif intérêt que lui et ses collègues portent à la £ . colonisation des terres incultes, afin de mettre, | s’il est possible, un frein à ce flot incessant d’émigration qui décime nntre population.

Je suis heureux de dire ceci à la louange de M. À le ministre des Travaux Publics, parce que cette sorte de dévouement gratuit «est trop rare pour

, que je > de l’an 2rsais le on et le rable M.

Publics 1i-même

la vallée lettre de propres

chemins !

ne de la onal des D

on, ni la dangers, dessein.

e mettre, nt d’'émi-

ge de M. | que cette

que le pays ne soit pas instruit des exemples qui lui sont ainsi donnés.

» Joliette avait été indiqué comme lieu de ren-

ns :

D dez-vous. PF. BUNEX

M Joliette est une industrieuse petite ville de 3000 âmes, fondée par l’homme entreprenant Mdont elle porte le nom, :t qui doit une partie de Ron importance à ses nombreux moulins et au commerce de bois qui s’y fait. Chef lieu de Dis- | : rict, Joliette est destinée à devenir l’entrepôt et le marché du nord-ouest de cette partie du pays, £omme St. Jérôme l’est pour le bassin de la rivière du Nord et les Laurentides qui la bordent. C es deux centres, également riches de pouvoirs | eau, sont à mi-chemin entre les vallées trans-

aurentides et Montréal, et chacun est le terminus Le | laturel des deux grandes routes que le gouver- : 4 |

lement, avec une rare sagacité, jette à travers *

Ane épaisseur de dix lieues de montagnes pour

tteindre la Mantawa.

| Joliette possède déjà une voie ferrée qui l’unit | fleuve St. Laurent ; St. Jérôme projette d’en

construire une qui le mettrait à deux ou trois heures du port même de Montréal. La nature semble donc avoir mis en réserve un avenir À brillant pour ces deux villes que l'esprit d’entreprise de leurs habitants rend si prospères d'’ail- à leurs. |

UT

Or, c'était le six septembre sur les hui heures du matin. Il y avait grand remue ménage à l'hôtel Deschamps, principale auberge: de Joliette.

L'animation s'étendait jusque dans la rue ; oi allait et venait; nombre de gens affairés cou raient ça et là en s’appeiant; des groupés d curieux se formaient en discutant autour de plu sieurs wagons solidement garnis de sacs et d caisses ; bref, tout indiquait qu'il se passait quel# que chose d’inusité dans la localité. Enfin. su À : les neuf heures, tout ce monde se sépara, leg voitures se remplirent de voyageurs, il y eut d chaleureux vivats de part et d’autre, et fouettæ cocher ! Nous roulons vers les montagnes.

* Vive Mantawa !

x ou trois Les commères attirées sur leur perron par le

La nature and bruit, nous regardent passer avec étonnenn avenir D ent et comptent une par une ces six ou sept rit d'entre- M, 5itures qui disparaissent bientôt dans un nuage ères d'ail Fe poussière.

| Il fait beau temps ; la campagne est pleine de soleil et des senteurs embaumées de la moisson

qui mürit.

les huit IV nd remue:-!

le auberge

gr re var nue

L À tout seigneur, tout honneur: M. j'abbé Brassard, le vénérable pionnier de la Mantawa, M Mtient le devant, ainsi que son infaligable et dé-

nacs-pte,

la rue ; 0

fairés co voué collaborateur M. l'abbé Provost ; puis, vient DR groupés de l'honorable Ministre de l'Agriculture suivi de 1 our de pl M M. Leprohon. M. D. et Shérif de Joliette, G. $ sacs et Baby, avocat distingué de cette dernière ville,

AMM. Hétu, et L. J. Martel de l'Assomption, May- Enfin, suhard, de St. Paul, enfin vatre très-humble servi. a peur . et de nos engagés sous les ordres du fidèle

} Les voitures de - s’avancent en trottignant, et de loin en loin.

| Nous rasons le haut des paroisses de Se

, et fouetts tagnes.

Elizabeth et de St. Félix de Valois dont nous apercevons le clocher étincelant, et bientôt quelques côtes nous avertissent de l'approche des montagnes. Les campagnes que nous traversons Mi sont couvertes ça et là de belles et abondantes : récoltes. Tantôt le sol change ; alors les épis sont # moins longs et plus clair-semés ; l'herbe même a de la peine à pousser sur le “bi aride, et les À granges étroites sont néanmoins toujours rop M grandes. À Il n’y a qu'un instant, un petit garçon L] accouru du maigre champ d’avoine, où il travaille avec toute sa famille, pour faire tomber une perche qui nous barre le chemin. Il a tendu la main; et nous avons payé le tribut volontaire M . dû par le bd pour l’usage du chemin no | x verbaiisé qui passe à cet endroit. De l’autre côt du champ, nous avons renouvelé notre modiqueh tribut, et nous avons vu l'enfant, après avoir remis sa perche, courir en fesant des cris de joieh vers les siens en leur montrant de loin sa petite M pièce blanche. k 11 y a beaucoup de sable ici, et le propriétaire a raison de prélever sur le voyageur ou le riche fermier qui passe le butin que lui refuse sa terre.! Le chemin monte sensiblement, nos chevaux

dont nous à s'essoufflent vite, et vers la droite l'œil embrasse ntôt quel- n panorama immense. Mon compagnon m'inroche des D dique du doigt les riches paroisses du fleuve St. Lraversons LÉ. Laurent, les fertiles plateaux de St. Gabriel, et

bondantes Sen se retournant nous verrions le grand fleuve X | sul s épis sont | over derrière nous si la brume ne fesait rideau

rbe même PS À onze heures nous gravissons les premiers. ride, et les ; bontreforts des Laurentides qui se dressent

jours trop Me vant nous, à gauche et à droite, si loin que le Miregard puisse s'étendre. Nous sommes en peu de garçon est à Jemps au pied de la Montagne Coupée qui nous

où il tra- SiBaraissait tout à l'heure un pic élevé et n’est plus ire tomber # haintenant qu’une petite montagne assez bizarre. Il a tendu Binq minutes avant mon associé m'a fait remarvolontaire MMuer deux ou trois échancrures dans la chaine emin non- les montagnes ; l’une à gauche, c’est la coupe autre côté Le la rivière de l’Assomption, l’autre à droite, e modique Best celle de la décharge des lacs de St. Gabriel. près avoir foilà comment de distance en distance ces lourris de joieh es masses granitiques s’écartent pour livrer in sa petite Rssage à l’humble petit cours d’eau qui se fait | à Bugissant et redoutable en descendant dans la ropriétaire Me allée.

ou le ficheh : Nous venons de faire un détour, et tout à coup ise sa terre. Bt. Jean de Matha est devant nous, au bout de os chevaux chemin qui monte, monte jusqu'au perron de

l'église dont la croix domine tout ce fertile plateau.

C’est l'heure de l’Angelus ; il est midi.

Nous mettons pied à terre chez M. Lassalle, Bi marchand de l'endroit, se nous fait les honneurs de sa maison. h | St. Jean de Matha est déjà une paroisse com.# parativement ancienne puisque les premier 4 établissements remontent à trente ans. La terr y est de bonne qualité, et l'hiver il s'y fait un

! trafic considérable pour l'approvisionnemen: Î

| X des chantiers des rivières Claire, du Poste, à M Milieu et de la Mantawa, tributaires du St Maurice. ht

Cette paroisse fait partie de la ligne irrégulièrel

des derniers groupes d'établissements juchés sur Mo les premiers échelons des Laurentides et qui commence à St. Gabriel de Brandon, se continuek par St. Damien, St. Jean de Matha, St. Côme, Ste Béatrix, St, Alphonse, St. Théodore de Chertsey} Ste. Marguerite ou Lac Masson, Ste. er ell se termine à Ste. Adèle.

4 A St. Jean de Matha s'ouvre à proprement arler notre expédition.

Il est deux henres de l'après-midi quand nous ious éloignons du toit hospitalier de M. Lassalle ui s’est joint à nous et veut bien nous accompa- 1 ner avec le Dr. V... jusqu’à notre halte du soir.

ce fertile

. Lassalle, DS s . VI

s honneurs #5:

oisse com.h | À mesure que nous avançons, les défriche- - Bents se font rares, et comme le remarque notre

. premiers

. La terre

’y fait un aussi. »

ionnement### Nous sommes en pleines montagnes ; le chemin Poste, du ; 1o us paraît à tout bout de champ se diriger vers

res du Stén cul-de-sac ; mais c’est une illusion à laquelle

di Hous nous fesons vite.

irrégulièrel | La route s'élève sans doute, puisque nous

juchés suri bmmes à quelques centaines de pieds au-dessus des et quifu niveau de Montréal qui est lui-même de 1028 se continueMleds au-dessus du niveau de la mer. Mais l’as- Côme, Ste | Bnsion est à peine marquée, sauf quelques .

Didillons par ci par là. —- PLa nature s'adoucit cependant peu à peu: la pBue des élévations qui s’approchent ou s’éloi.

e Chertsey | Agathe els

i M...—«les terres faites s’en vont, les maisons ,

Cp use

ASE mar mme 6 avr mr

gnent de nous prend ce moëlleux de formes À propre aux bois francs. Encore une demi-heure, et nous entrons dans la vallée de la Rivière!

Noire où le vétéran des pionniers du Nord, M. Antoine Leprohon est venu abattre le premier arbres il y a quinze ans.

Qui ne connaît M. Antoine Leprohon dans le Nord du diocèse de Montréal ? C’est presque un * personnage légendaire dont on cite à la veillée

l'esprit aventureux, les misères, les travaux, les privations et la bonne hnmeur. Il fut jadis l'hôte

aimé des soirées du grand monde à Montréal ; la

X jeunesse dorée de son temps le comptait parmi ses membres et une carrière d'emplois et d’aisance s’ouvrait devant lui. Il n’avait qu’à y entrer, lorsqu'un jour le jeune lion jeta là sa défroque parfumée, et vint planter sa tente au milieu del la forêt à plus de dix milles des dernières habi-ss tations. Il campa, et le lendemain il s'attaquait} | corps à corps à cette forêt vierge qui devait après mille chances diverses céder la place à de luxu riantes moissons. Quand le pionnier, que sonb caractère de bohème de grande ville ne quittil jamais, eut assez vécu seul, assez lutté, asser agrandi son domaine, un beau matin les colons établis sur le chemin que ses pieds avaient défri

, formes À ni-heure, Rivière ï

hé le virent descendre endimanché et à peu rès vêtu comme eux. Quand il remonta, il l'était plus seul : un gai cortége apportait encore Nord, M. Pins les montagnes quelques-unes des notes premier M vouses de la noce célébrée dans la plaine. L'in- MMépide chasseur et le hardi défricheur était allé

n dans IS Chercher une femme selon son cœur.

esque Un M Tean Baptiste ramenait Josette. Une vie noula veillée lle commença pour le colon et le bonheur AVAlIX, les me du foyer domestique germèrent sous les adis l'hôte ÉS de la jeune femme en même temps que le ntréal ; 1 Pl souriait à leur union. De beaux enfants dci quirent à la jeune et courageuse ménagère : ais rent l'air doux de leur mère, et le caractère dacieux de leur père. Les champs s’agrandiit, l'horizon se recula, une jolie habitation Müplaça la hutte du chasseur et du colon insou- Bu; des voisins montèrent de la plaine. Bref, | F blissement se fonda, et bientôt on cessera de —chez Leprohon: on dira Ste. Emmélie des hts. Cependant la colonie conservera le nom Plui fut donné par les gens du pays—L'Energie. ( un mille environ de la demeure de M. Lepiob nous vimes arriver au devant de nous un me à cheval : les acclamations des premières

hres l’accueillirent. Les dernières y mêlent 4 3

s'attaquail# evait après à de luxu} , que so1à > ne quitta utté, assei) les colon} aient défri- "

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FE

leurs vivats: c'est M. Leprohon qui vient à la À rencontre de ses hôtes et qui leur sert la main à tous. : ,

Nous cheminions depuis quelque temps sur ls un plateau mis à nu de distance en distance park de larges trouées de colonisation. Enfin, nous} débouchons sur de beaux champs en culture.

Les granges. es arbres, les maisons des colonsh portent des drapeaux et nous sommes accueilli par un feu de joie redoublé par les échos de montagnes qui nous entourent.

Nous mettons pied à terre : Madame Leprohoi nous attend souriante sur le seuil de sa port entourée de sa jeune famille, et nous entrons ef ‘traversant une avenue formée par une rangé de grosses gerbes de blé, d'orge, de seigle . d'avoine, prémices magnifiques d’une moissois abondante. Nous applaudissons à cette ingénls euse idée; la gerbe ainsi chargée d’épis mûr est l'emblème du travail béni de Dieu. Le foy4s est au bout avec ses joies pures, ses épanchss ments et ses donces caresses que les soucis à

t sndemain ne sauraient plus assombrir désorhais. Au dessus de la porte sont écrits ces mots : » L’Agricullure est la mère des nations, et autres devises pleines de goût et d'actualité.

La maison est un petit palais de propreté où fespirent l’aisance et même le confort: nous raignons vraiment d'y pénétrer dans notre toi- ÿ Bite poudreuse de voyageurs au long cours. î ependant, nous sommes chez nous : la table ous attend, et jamais meilleur souper ne fut onoré par de plus solides appétits. 1 Le soleil se couchaït après une journée splen- | ide : avant la brune qui descend vite dans ces droits, nous allons visiter l'emplacement qui Ment d'être marqué pour une modeste chapelle e Leproh loù déjà sont entassés les matériaux de consde sa po | u iction. Le curé qui y viendra en prendre pos- 4 ssion devra se contenter de peu : mais il sera une ra08 Eine ; il aura d’autres dessertes à faire, et s’il de seigle M studieux, zélé, actif, il sera encore aisément une moisi ' ureux. Quel bonheur pour ces braves gens de à cette ingël Puer qu’ils vont bientôt avoir une église au d'épis mûr lieu d’eux.

ieu. Le foys ses épanc ù les soucis |:

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temps SUF stance par © nfin, nous n culture.l

échos des |

Chose significative ! c’est la femme surtout! du colon qui soupire le plus ardemment après : l'église, et son plus mortel ennui est d'êtrels éloignée des consolations de la religion et dei l'influence si bienfaisante du prêtre dans famille. L’épouse se résout assez volontiers suivre son mari dans les terres nouvelles pourv que l’église ne soit pas trop éloignée ni la visi du prêtre trop rare. Il semble que les intérè

spirituels de sa jeune famille la touchent dava tage et que plus elle s’isole de la société, pl elle a besoin de Dieu.

On a donc mille fois raison de regarder prêtre comme l’âme de la colonisation en notre# pays ; et il est bon qu'il en soit ainsi. 3

Le lendemain qui est un mardi, tous les voya geurs se lèvent de grand matin, et pendant qué notre aimable hôtesse, aidée de ses servantes,

répare le déjeuner, nous allons sur les pas de M. Leprohon visiter ses champs, voir ses animaux k donner un coup d'œil à ses instruments d’agriulture. Il est fier de son bien, et il a raison. out cela c’est son ouvrage, c’est son labeur de

ne surtout nent apres

uinze années, c'est sa récompense que rien ne

est d'êtr Ourrait lui ravir. Nous jouissons de son triomgion et deMihe et de son indépendance, el M. le Ministre

0 L e . ° « e ee dans la "Mans un petit discours d'adieu, après le déjeu-

Mer, s'est appliqué à faire ressortir très-heureu- Bment cette honnête et glorieuse aisance du on avec la condition misérable du canadien nployé dans les manufactures américaines. À L'heure du départ arrive ; il fautse hâter. car | : s nuages annoncent de la pluie. Nous faisons pps adieux à Madame Leprohon, plusieurs sans er répondre à son gracieux au revoir; M.

Bprohon ne veut pas se séparer encore de nous; |Sil È hous accompagne jusqu'aux sept Chüûtes. in ! ous fesons gaiement la route matinale à trars les montagnes qui bordent l’horizon de laque côté. De colonisation suivie dans ces bupes de monts enchevêtrés, la chose ne me Mble guère possible. Néanmoins, nous traver- ï | ps de temps à autre des dévallages qui permet-Y ll nt à des établissements sérieux de se faire de ||

ni la visite les intérêts ent davan ociété, plus

regarder les in en notre} .

s les voya endant que servantes,

distance en distance et de rompre ainsi la solitude du chemin.

La nature dans les montagnes fatigue an premier abord l'œil de l’homme des terres basses accoutumé aux grands horizons, au ciel large, À aux océans de lumière. Ces lourdes poussées de # monts l’écrasent ; la matière brute disposée là sans ordre éttareit paraît s’y être donné beau jeu dans des tressaillements gigantesques. On ne voit qu'un coin du firmament et l’air manque} É

Et cependant, les Laurentides n'ont rien d’Aprelg # ni de trop tourmenté dans leur composition gé.. nérale ; presque partout de magnifiques forêts. À. couvrent leurs sommets arrondis, et le regar k. cherche quelquefois longtemps en vain un p sauvage et ces scènes de rochers amoncelés els curieusement disposés qu'on rencontre dans d’autres grandes chaines. 1

Cette première fatigue passée, l’aspect devient moins monotone, et la nature semble change lorsque c’est nous seuls qui changeons de senti ment.

Les montagnes ont jours beautés, et je plai drais celui dont l’Âme y serait insensible. Je mi suis surpris pour ma part à aimer passionnémensà la solitude des Laurentides, leurs cimes tanti

, solitude

je an prees basses

iel large, ussées de isposée là M nné beau* ques. On r manque.

rien d'apres

osition gé-, #

ect devient le changeïil s de senti

et je plai

ible. Je mi

sionnémef imes tant

orées par les feux du jour, tantôt fûmantes de

bages qui n’ont pu les franchir : et puis, ces élles traînées de ciel bleu qui les traversent outre en outre, leurs lacs silencieux pleins ombres et de mystères, leurs échos majestueux, dir vif qu’on y respire, la vie hardie, indépeuänte forte qu’y mène l’homme, et l'éloignement > la multitude qui n’arrivera jamais là.

bn y a déjà quelque temps que nous roulons pidement sur le magnifique chemin parachevé

} la Mantawa qui traverse la forèt comme une

ande avenue de vieux château. Les lots de bn ne terre sont communs dans ces bois francs Le es bois mêlés.

À l'entrée du chemin, les ouvriers ont élevé Le solive sur laquelle les plus letitrés d’entr’eux sont amusés à écrire—Chemin Brassard—avec moins de fautes d'orthographe possibles ; nous bssons dans toutes les voitures de vigoureuses Blamations en l'honneur de cette grande entre- Be d’un gouvernement patriotique.

ientôt, à quelques milles, les premières voi-

tures traversent les escouades de travailleurs du

chemin qui mettent chapeau bas. Messire Bras- &

sard a des mots d'encouragement pour tous; la

plupart sont des colons ou fils de colons ; ils SR

paraissent jouir de la visite qui leur est faite. Le Ps sous-conducteur, averti, est aussitôt venu à nous.

Il reçoit avec plaisir les éloges qui lui sont fait de son travail, de ses ponts solides et du progrè de l'ouvrage ; il a bien envie d'en faire hommag au révérend M. Brassard, mais un regard d celui ci l’en empêche.

La nature ne revêt un aspect sauvage qu’au Sept Chûtes où le granit se dénude et se fend pour livrer passage à la rivière Noire qui bondi entre les blocs énormes qui veulent l'arrêter Nous'jetons un coup d’œil sur le Cheval blanc masse de granit posée en contrefort au pied de quelques montagnes pelées. Un peu plus loin, sur le versant, la Jument blanche fait le pendani

lequel sa ressemblance ne manque pas.de frapper le voyageur.

Ce qu'il a fallu d'efforts et de labeur pour aire}

le chemin des Sept Chûtes sans lui faire gravilié des monts arides et escarpés, ne saurait étrill compris que de ceux qui, sur les lieux mêmes

à }::: lu 4 & FR « LovS :

) 13 No

du premier gradin que nous avons noté, et ave

lleurs du ire Bras- & tous; la ls ons ; ils M faite. Le ls

h ont entendu et vu le détail. «Pour y passer année dernière, me disait la courageuse femme

rimpa seul ; puis les hommes hissèrent la cha-

btte, puis le bagage, puis les gens.»

Aujourd'hui, la mine a eu raison de l’abime, bune chaussée nivelée de près d’un arpent de

Lu progr pg sur une vingtaine de pieds de hauteur conhommag irne le rocher. L’assise de la route est faite de

ocs de granit entassés derrière un épais mur revêtement à sec, et le tout repose sur le roc ge qu’au f Nous admirons cette victoire de la volonté M'homme sur la nature, et nous mettons pied erre pour traverser avec plus d'attention ce Agnifique ouvrage d’une durée séculaire. A Mile, la montagne se dresse avec roideur et sque sans végétation ; à gauche, sous nos Müs, descend en murmurant la rivière Noire, à vient de tomber du haut d’un roc et qui va ques pas plus loin compléter la série de ses tds furieux.

AMest ici que M. Leprohon prend congé À ous : déjà, d’ailleurs, le temps menagait, hous allions prendre b plus difficile du che-

fun jeune colon, nous dételâmes le cheval qui

ini es SE. Û F à

tre, sur la demande de M. Baby, baptise du noms de Lac Rémy, en souvenir de Rémy de Cour.

celles dont le township porte déjà la dernières partie du nom. La côte que nous gravissons en cet endroit, est assez roide pour mériter une mention honorable.

Nous tombons ensuite sur un défrichemen| d’une certaine étendue au centre duquel so groupées une bonne maison de billois, d écuries spacieuses et une grange. Les champ d'avoine, d'orge, de patates et de blé-d’'in | bordent cet établissement et s’arrètent à la foris qui n’est pas loin.

— C'est ici chez Ayotte, me dit mon comp gnon, en me montrant l'habitation.

— Qu'est-ce que Ayotte, lui demandai-je ? 8 — C'est un colon qui vit ici depuis quelqui années au sein d’une aisance relative. Chasse 4 autant que colon, la forêt lui donne la récol | Y{ que l'exiguité de son abattis ou la gelée lui refil l quelque fois.

Ur — Oui, mais que deviennent ces gens pendill

e du nom rude saison? Sans doute, ils s’éloignent et de Cour lescendent vers la plaine.

dernière __ Pas le moins du monde. Voyez ces vastes vissons enh curies et ces hangars adossés au nord: eh!

ériter une ien, tout cela devient trop petit dès les premiers hemins d'hiver. Les voitures des chantiers

frichemet jassent ici, et il y a des jours où l’animation et uquel 50 bruit sont plus grands que dans les plus grosses illots, des berges de village.

Les champ Nous étions arrivés devant la porte de la

, blé-d'indéipmeure de M. Ayotte. Lui-mème était sur le nt à la fortébil, le chapeau à la main, et nous invitant à Bscendre pour nous reposer un instant.

mon comp C’est une bonne et franche figure que celle de ptre hôte ; la bonté et la résolution se lisent ins son regard placide et doux. Sa voix est réable, et il est poli sans obséquiosité.

pyolte connaît plusieurs d’entre nous: MM.

s abbés Brassard et Provost et notre excellent

nadaiie” ' Pioyeux & Shénf qui entonne à la porte un de | 1à puis - quelqu chants les plus sonores et les plus gais. Ce ve, Chasse#nt des poignées de mains et des joies de part et ne la récoli Autre.

lée lui refil Nons entrons.

La maison est, comme je l'ai dit, bâtie avec | billots superposés, mais tout ce go en

y gens pen! ]

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