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de St-Albert ressemble beaucoup à nos paroisses cana-
diennes : la vue de ses deux rangées de maisons blanchies à la chaux, s’éloignant de l’église sur une distance de plusieurs milles, fait penser à sa paroisse natale et réveille le souvenir de la patrie absente,
ITI MOKRINVILLE
A 11 milles de St-Albert, autour d’un joli lac appelé Lac des Œufs, les Canadiens ont commencé un établissement qui progresse rapidement, La colonie a été fondée au printemps 1891, et se composait alors d’une trentaine de familles venues de la province de Québec sous la direction de M. l'abbé Morin ; d'autres colons sont venus rejoindre les premiers arrivés, et aujourd’hui, l’on peut compter au-delà de 150 familles qui sont venues s'établir dans le district, La paroisse a pour patron, S. Jean-Baptiste ; elle a sa chapelle, ses écoles, son curé résident, un médecin canadien, un magasin, un forgeron, des menuisiers, des cherpentiers : l'organisation est complète. MM. Dieudonné Tellier et Louis Boissonneau sont les magistrats nommés par le lieutenant gouverneur, pour la localité. M, Adélard Ouimet a ausai reçu sa nomination pour exercer sa juridiction dans la nouvelle paroisse de St-Pierre, distante de 10 milles à l’ouest de Morinville, -Les terres gratuites ou homesteads, sont toutes prises dans uu rayon de 7 ou 8 milles de la chapelle ; on parle de créer une nuavelle paroiïsse à 10 milles à l’ouest, sur les bords de la rivière Esturgeon ; une vingtaine de familles canadiennes se sont déja fixées à l'endroit de Le future chapelle, Cette contrée qui était absolument déserte il y a dix-hvit mois, est peuplée aujourd’hui par plus de 500 âmes. On peut prédire que Morinville sera avant longteraps un des centres agricoles les mieux cultivés et les plus prospères du district. La population est exclusivement canadienne-française ; les colons viennent pour la plupart des comtés avoisinant Montréal ; nous avons quelques compatriotes venus äu Dakota Nord, du Min-
nésota et des Etats-Unis de l’est. Il y a place duns la paroisse et aux environs, pour des centaines de familles ; les terres du Pacifique Canadien ne sont pas er.core vendues : avec un petit cupital, un homme se placerait avantageusement au milieu de la paroisse ; les sections voisines de l’église ne se vendent que trois piastres de l’acre : avant deux ans ces terres se vendront 10 et 15 piastres. On a contesté le choix du site de la colonie, parce que l’on s’est placé au point de vue exclusif du commerce et des affaires, Les colons de Morinville sont tous contents et satisfaits, nous en avons l’assurance,