SCÈNE III
REUBËN seul , regardant la maison de Fleur-des-Champs.
Dire que c'est là qu'elle demeure , et que je n'ai jamais osé lui parler... elle n'a pourtant pas l'air méchant, au contraire; mais quand Je la vois, ca me donne des petits frissons, mon copur fait boum! boum! comme s'il allait quasi nje défoncer l'estomac, et puis je reste de d'ià devant elle... Avec ça qu'elle n'a des yeux que pour son Daniel , ce grand vilain page à mon.sêigneur. Sont-elles bizardes, ces femmes... aller s'amouracher d'un Daniel ! Ah! je suis ben sur qu'il ne l'aime pas autant que moi celui-là.
Air de M""^ Darhambite.
Et si je devenais Vn peu plus téméraire, A celle qui m'est chère Enfin je parlerais ; (^ar on dit qu'une Temme Uun aveu plein de flamme , Ne s'offense Jamais.
D'abord je lui dirais :
Mam'zelle , je vous aime ; Dans mon délire extrême, P't-étr' bien que j' l'embrasst-rais ; Car on dit qu'une femme M D'un baiser plein de flamme
Ne s'offense jamais.
..On entend Daniel rire dans la couliise.)
l.\ VALLEK I)i:S FLEl RS. 7
SCÈNK IV.
l)A.MEL,Ri:UBE>.
BEl'BEN, à part.
h ! le v'Ià . 0' boaii page.
DAMEI. , chanUiil in s'iccooipagDiilt sur une mandoline ; il a li' co'itaïuc de (JktuIiiii
J'avais une marraine,
yue mon cœur ^sis) a de poine.. .
J'avais une marraine
Que toujours j'a<lorai.
Tra la la , etc.
REl Bb.>.
Comme vous êtes gai , M. Daniel !
DAM El..
Ah '.c'est loi, petit pâtre?., dam! mon garçon, c'est dans mon étal ; quan.! monseigneur m'a pris à son service , j'étais un lourdaud comme loi, une bète comme toi , car je suis né vilain et très vilain... J'eus le lionlteur de plaire à monseigneur par l'adres.se avec laquelle je péchais l'angiiillo du Danube, il me fit page , et une fois page, il a bien fallu me dégourdir... je suis devenu folâtre, libertin, tapageur... un vrai sacripant, aussi toutes les filles raffolent de nioi . c'est a qui m'aura, elles disent que je suis un charmant polisson.
REUBEN, à part.
Est-ll heureux, c T animal-là, est-il heureux!
DAMEL
Tout à l'heure encore, entraversant le village,j'ai rencontré deux fleurs, qui allaient puiser de l'eau à la fontaine , la grande Camomille, la fille de l'apothicaire, et la petite Campaïuile, la nièce au sonneur, je les ai agacées... je les ai pincées... Eh bien! elles n'ont pas pu résister, elles m'ont donné chacune...