‹ La Variole en Lorraine: Son Histoire, Son TraitementChapitre 15 sur 27 · NN · texte numérisé non relu

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tin, invita ses hommes à se faire vacciner, leur promettant une exemption de service de 15 jours; en thermidor, an IX, le docteur Valentin vaccina une douzaine de fusiliers de la 4° Demi-Brigade, en présence des chirurgiens majors Blondel et Gorse.

Dans les autres départements de la Lorraine, la vaccination est accueillie avec la même faveur; on constate partout une diminution notable des cas de variole et de la mortalité par cette maladie ; à Nancy, elle n'existait plus ; aussi les populations, se croyant dans une sécurité qui, d’ailleurs, n’était qu'apparente, négligèrent de se faire vacciner ; la Meurthe, les Vosges et une grande partie de la Meuse laissèrent de côté cette coutume salutaire ; il fallut qu'un retour-offensif de la maladie à Nancy et dans les autres villes, au printemps de l'an X, fit revenir le peuple à la méthode qu'il n'aurait jamais dû délaisser. Pendant les mois de germinal et floréal, la variole fit, à Nancy, qnelques victimes ; les vaccinations antérieures lavaient en partie désarmée. Epinal, Bains, Ramberviller, Remiremont, Bruyères, Mirecourt, Lunéville, etc., furent de nouveau visités par la variole ; le docteur Valentin nous dit que bien des familles de six à sept enfants succombèrent à la maladie, quelquefois dans le même jour ; ainsi en l'an IX, à Jezoncourt, petit village près de Dieulouard, Romain Bonotte, dans un seul et même jour, perdit trois de ses enfants ; beaucoup d’autres furent affreusement défigurés.

Dans l'arrondissement de Lunéville, dans les villages de Bénaménil, Ogéviller et Domjevin, un tiers des variolés succombèrent; par contre, les enfants qui, auparavant, avaient été vaccinés, bien qu’en contact permanent avec

des varioleux, furent préservés par le fléau, c’est ce qui arriva à Bruyères et Rambervillers et même dans certaines familles où les uns avaient été vaccinés et les autres ne l’étaient pas, il arriva que les prenmers ne furent pas atteints et les seconds, par contre, succombèrent ; les docteurs Saucerotte et Castara furent les témoins de ces faits dans l’arrondissement de Lunéville.

De telles épidémies sont excessivement rares de nos Jours, sinon impossibles, le tableau suivant prouvera facilement qu’au commencement du siècle, alors qu’on vaccinait déjà, la variole était néanmoins très meurtrière :

Relevé Général du nombre de personnes attaquées de la petite vérole, dans le département de la Meurthe, pendant les années

1306 et 1807 :

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Mais il ne suffit pas de la bonne volonté et du dévouement de quelques-uns pour faire triompher des idées nouvelles, car, tant que les pouvoirs publics n’eurent pas pris des moyens sûrs pour fixer lattention des hommes de l'art sur la nouvelle méthode, non seulement la vaccine n'eut qu'un nombre fort restreint de partisans, mais elle risqua

même d’être totalement délaissée et de tomber dans l'oubli ; ce sont ces premières années que j'ai appelées la « période de tâtonnement et d'incertitude ». Cependant, à côté de la grande masse des indécis, des méfiants, des craintifs, on en voit d’autres, médecins et chirurgiens de Nancy qui, pleins de confiance à la suite de leurs expériences personnelles, ne balancent pas un instant à se déclarer en faveur de la vaccine et acquièrent une confiance dans sa valeur préservative que rien ne pourra désormais ébranler. D’autres médecins au contraire, et ceux-ci les plus nombreux, se déclarèrent nettement contre la vaccine ; retranchés derrière l’inoculation variolique, ne voulant rien voir et observer, alléguant des dangers imaginaires et montrant surtout la petite vérole atteignant des personnes qui, trompées par une fausse vaccine, s’en croyaient à Jamais préservées, ils mirent tout en œuvre pour verser la méfiance sur la vertu du vaccin, affaiblir la confiance chez les uns, l'empêcher de venir chez les autres; aussi la variole faisait-elle des ravages effrayants, si bien que l'administration s’occupa de la question et prit les mesures nécessaires pour faire adopter la nouvelle méthode.

Le 20 vendémiaire an XIV. M. Marquis, préfet du département de la Meurthe, établit un comité départemental de vaccine à Nancy et un comité d’arrondissement dans chaque sous-préfecture ; des médecins, des prêtres, des magistrats en font partie; de plus, la ville de Nancy est, par les soins de Sa Majesté, dotée d’un dépôt de vaccin. Pendant les années 1806 et 1807, le comité prend un certain nombre de mesures pour faire adopter la vaccine et en propager l’usage dans les campagnes ; en voici quelquesunes :

Se

10 Le proviseur du lycée de Nancy ne reçoit plus aucun élève dans son établissement s’il ne présente un certificat de vaccination.

Il en est de même dans les autres pensionnats de la ville.

20 Le jury médical de la Meurthe arrête que les ofliciers de santé et les sages-femmes seront examinés, pour l’obtention de leurs diplômes, sur la vaccination (nature, marche régulière ou irrégulière de la vaccine).

30 Le préfet invite les maires des villes et villages de son département à réunir, à l'issue de la messe paroissiale, les individus n’ayant pas eu la petite vérole, pour les vacciner. |

En général, les accidents consécutifs à la vaccination furent minimes ; dans ua premier rapport au comité le docteur Zugmayer de Château-Salins rapporte un cas qui plaide énormément en faveur des propriétés prophylactiques du cowpox : un enfant quiavait été vacciné avec succès, prit le sein de sa mère atteinte de la variole pendant plusieurs jours et néanmoins ne contracta pas la maladie ; non seulement, disent les plus enthousiastes, la vaccine n’est pas dangereuse et préserve avec efficacité de la variole, mais elle est encore souveraine contre bien d’autres affections comme diarrhées, fièvres intermittentes, coqueluche. croûtes laiteuses, ophtalmies chroniques, tumeurs blanches, scrofules.

On cite même des cas de surdité guéris par la vaccine (Adelaïde Potier, de Lay-Saint-Ghristophe). Aussi la propagation de la vaccine fait-elle de grands progrès et le département de la Meurthe est déjà signalé comme celui où ila été pratiqué, en 1806 et 1807. le plus grand nombre de vacci-

nations, le rapport de 1808 et 1809 lui donne encore la première place !

Dans les autres départements, Moselle, Meuse et Vosges, des comités centraux fonctionnent dans les chefs-lieux et des comités d'arrondissement dans les chefs-lieux d’arrondissement. À Metz, par les soins du préfet, les élèves sages-femmes sont instruites sur la pratique de la vaccine et ces femmes, une fois disséminées dans les campagnes, vaccinent elles-mêmes, mettent cette opération plus à la portée du peuple et par leurs conseils et leurs sages avis enlèvent aux paysans la crainte qu’ils éprouvaient à son égard ; le préfet de ce département, qui a fait vacciner la totalité des enfants nés en 1808 et 1809, s’applaudit de n'en avoir pas perdu un seul de cette maladie bien que dans le reste de la France elle fasse encore des victimes.

De plus, le préfet de la Moselle ordonne la vaccination obligatoire pour les enfants trouvés ou abandonnés de leurs parents ; la conséquence de cette mesure est une augmentation notable de la population avec une mortalité beaucoup plus faible parmi les enfants. Ainsi, d’après M. de Vaublanc, préfet de la Moselle, les naissances ne surpassaient les décès que de vingt-huit centièmes avant l'introduction de la vaccine dans son département ; depuis 1802, l’excédent des naissances sur les décès est de trente-et-un centièmes. Dans les sept dernières années (1803-1809), il y à eu 19,731 naissances et 56,856 décès, ce qui nous donne un excédent de 22,875 naissances sur les décès dans son département : la cause de cet important résultat réside uniquement dans le zèle avec lequel ce sage administrateur vulgariso l'usage de la vaccine dans son département.

Voici quelques chiffres qui nous donneront une idée des progrès de la vaccination dans nos départements.

Relevé général par Arrondissement de Sous-Préfecture, du nombre des personnes vaccinées dans le département de la Meurthe, depuis la formation des Comités de vaccine.

(Jusqu'à la fin de 1809.)

Vaccinés par le Comité Vaccinés par les médecins, chirurgiens, officiers de santé non

Nancy ee

Sarrebourg Château-Salins (1).

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