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espèces, M. L. Crié donne à cette flore le nom de flore lusitanienne. Une chose certaine, c’est que si cette flore a eu à un moment donné un maximum d'éclat dans le Nord- Ouest de la péninsule ibérique, elle offre, de nos jours, un nouveau maximum dans le Finistère. Son aire d’extension sur le littoral est assez nettement marquée sur la côte bretonne. Au delà de Saint-Brieuc on observe plus d’un vide dans les rangs de la petite pAsnee qui avait réussi à remonter jusque-là.
Remarquons en passant que quelques-unes de nos plantes occidentales au lieu de se cantonner strictement au voisinage de l'Atlantique, se trouvent parfois, très exceptionnellement d’ailleurs, jusque dans le Centre et l'Est de la France. Mais nulle part, en dehors de la région de l'Ouest de la France, on ne retrouve l’ensemble
d'espèces si spécial à cette région.
ITe LISTE. — PLANTES OCCIDENTALES.
Ranunculus Lenormandi.
Raphanus maritimus, Lepidium Smithi.
Dianthus gallicus.
Arenaria montana.
Hypericum linearifolium.
Ulex Galli.
Astragalus bayonensis.
Sedum anglicum.
Erodium maritimum.
Eryngium viviparum.
Galium arenarium.
Lobelia urens.
Erica ciharis.
Erythræa diffusa.
Omphalodes littoralis.
Scrophularia Scorodonia.
Linaria arenaria.
Pinguicula lusitanica.
Narcissus reflexus.
Agroslis selacea. | Kæbhleria albescens.
A part Raphanus maritimus, Arenaria montana, Astragalus bayonensis, Erynqium viviparum, Erythræa diffus, Omphalodes littoralis et Narcissus reflezus, presque toutes
ces plantes sont largement répandues en Bretagne où
EORTO
on les distingue facilement au milieu des espèces triviales, communes à toutes les régions tempérées. Le Finistère les possède toutes en dehors de lPEryngium viviparum ; le Narcissus reflexus habite l'archipel des Iles Glénans, au sud de Concarneau (1): cette espèce n'a encore été trouvée sur aucun autre point du globe; comme l’a fait remarquer M. L. Crié (2), elle avait été indiquée en Espagne, par erreur. C’est donc le type le plus nettement occidental et M. L. Crié l’avait même joint à trois autres, Erynqium viviparum, Omphalodes littorals et Linaria arenaria pour former un petit groupe qui caractériserait d’après lui un centre de végétation armoricain (3), centre situé sur la côte sud de la Bretagne. Mais l’on sait que le Narcissus reflexus est la seule espèce exclusivement armoricaine (4) et, par conséquent, insuffisante pour l'établissement d’un centre de végétation armoricain.
Avec quel régime climatérique concorde le développement de cette végétation occidentale ?
C'est manifestement le climat girondin et le climat
armoricain qui conviennent aux plantes occidentales,
(1) Pour me conformer à l’usage établi, par les géographes, je suis, pour tous les noms bretons francisés ou non, l'orthographe habituelle des cartes, indicateurs des chemins de fer, etc..., en faisant remarquer qu’elle est foncièrement incorrecte, puisque deux des lettres employées par les géographes (c et q) n'existent pas en breton.
(2) Cf. L. Crié. Loco citato.
(3) Cf. L. Crié. Loco citato.
(4) On ne peut encore affirmer que le Bilimbia corisopitensis habite exclusivement la Cornouaille bretonne,
puisque nous les trouvons presque toutes largement répandues dans toute la région qui correspond à ces deux climats.
La plus haute moyenne estivale est, pour le climat girondin de + 21° à + 22°; pour le climat armoricain de +- 17°; la plus basse moyenne hivernale est, pour le climat girondin, de +-5° à +6°; pour le climat armoricain de +5°. L'écart est, on le voit, assez faible entre les moyennes des deux climats et c’est ce qui permet aux plantes occidentales de remonter sur nos côtes bretonnes et même, à la faveur de moyennes voisines, encore plus au Nord.
Cette végétation occidentale qui donne tant de relief à la flore bretonne nous à déjà servi à établir quelques concordances, à fixer quelques détails intéressants, à délimiter une grande région naturelle, mais nous pouvons faire mieux que cela et nous devons rechercher s'il n'existe pas dans la presqu'ile bretonne d’autres éléments plus sensibles aux écarts de la température, aux varia-
tions dans l’état hygrométrique de l'air.
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