‹ La veine; comédie en quatre actesChapitre 18 sur 41 · SCÈNE VIII TOURNEUR, CHARLOTTE, JOSÉPHLNE · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII TOURNEUR, CHARLOTTE, JOSÉPHLNE

JOSÉPHINE

Viens donc... Je te présente Mme Charlotte Lanier, dont je t"ai parlé si souvent.

TOURNEUR

Madame, je vous prie de m'excuser, si j "entre chez vous d'une façon qui...

JOSÉPHINE

Ne fais donc pas de phrases. On est entre bons garçons.

CHARLOTTE

M. Bréard est absent, Monsieur, mais je pense qu'il va rentrer bientôt.

TOURNEUR, galamment;

Je ne suis pas pressé... pourvu que je le voie aujourd'hui.

CHARLOTTE

Vous le verrez certainement.

Elle lui montre un ïsiùge.

JOSÉPHINE

Oui... assieds-toi.

TOURNEUR, sévéreiiient.

Joséphine, vous n'avez aucune éducation! (ACiiaiioite.) Je vous demande pardon.

JOSÉPHINE

Elle me connaît depuis plus longtem[)S que toi. Elle a été ma patronne.

TOURNEUR, à Charlotte.

Croyez-vous, Madame, que j'arriverai jamais à rendre cette gamine-là plus convenable ?

CHARLOTTE

Y tenez-vous beaucoup?

JOSÉPHINE

Ail! ah !... il serait le premier embêté !

(rest probable,

JOSÉPHINE

Toutes les fois qu'il a été avec une femme convenable, il ne la pas gardée plus de huit jours... Il fait des manières devant vous; mais vous verrez quand vous le connaîtrez davantage !

TOURNEUR

Ce qui ne tardera pas, j'espère... Irezvous cet été à Trouville?

CHARLOTTE

Je ne pense pas.

JOSÉPHINE

Il faudra venir. Edmond a une villa magnifique. Nous ferons la fête... xV-t-il dû

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s'en faire des fêtes, là dedans, bon Dieu !

TOURNEUR

Ça, je suis obligé de l'avouer.

JOSÉPHINE

Raconte donc celle d'il y a deux ans.

CHARLOTTE

Les lions?

Vous avez entendu parler de la fête des lions?

CHARLOTTE

Mais je crois bien! Ça devait être passionnant! Vous aviez acheté quatre lions...

TOURNEUR

Six.

CHARLOTTE

Ail ! oui, six... Je me rappelle.

TOURNEUR

J'avais séparé le grand jardin de la villa en deux parties, et entre les deux j'avais établi une grille de fer, très solide. D'un côté j'avais mis les invités et, de l'autre, les lions dans leur cage. \ un moment donné, on a ouvert la cage, le dompteur s'est retiré rapidement, et les lions, se croyant libres, sont sortis en poussant des hurlements épouvantables.

CHARLOTTE

C'était une idée très originale.

TOURNEUR

Je m'en flatte. Il y a même eu un épisode délicieux, que je n'espérais pas. Le mur de la villa n'était pas très haut, ce qui fait qu'un des lions, le franchissant d'un bond prodigieux, s'est trouvé tout d'un coup sur le bord de la mer, à quelques pas des baigneurs.

CHARLOTTE

Oh !... il n'a mordu personne?

TOURNEUR

Non ; mais il ne voulait plus s'en aller. On a été obligé de lui donner du sucre pour le faire rentrer dans sa cage.

CHARLOTTE

J'aurais voulu être là!... Ah! j'entends la porte s'ouvrir ; c'est M. Bréard.

Elle s'avance vers la porte.

TOURNEUR, à Joséphine.

Charmante femme !

JOSÉPHINE

N'est-ce pas?

Entre Julien.

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