‹ La Vendée en 1793Chapitre 81 sur 88 · G11XIII · texte numérisé non relu

G11XIII

Eh bien ! l'honneur français est dans le civil comme dans le militaire.

Dans le civil d'abord, Dans le magistrat du peuple, Dans la Convention !

C'est de la Convention que partent les ordres ; c'est elle qui nomme les généraux, fait les plans de campagne, dirige les colonnes.

Ses membres sont à la tête des armées.

Ils suivent ses inspirations, et ne font rien que par elle!

CBLIIT

La Convention nationale a tout dans sa main : police, justice, armée.

Elle a le présent et l'avenir.

Elle fait la guerre et prépare la paix ; elle est l'esprit, la force, la gloire.

Elle a créé des hommes pour tous les services. Elle frappé du pied, et son génie, sorti de terre, a éclairé le monde.

C'est là qu'est la France.

C'est le peuple, qui, dans un élan plein d'antique énergie, a fondé la Convention.

C'est le peuple qui a dit à ses mandataires : « Plus de transaction avec la royauté, plus de pacte avec l'aristocratie, plus de grâce au fanatisme!

« Je veux vivre par la raison.

« Je ne veux plus entendre que la vérité. »

GII.IV

Et la Convention est venue, s'est assise à Paris, et a lancé ses mille oracles.

Il y a eu des taches, des aberrations, des enivrements et d affreuses scènes!

L'homme est partout avec ses passions, ses jalousies, ses bassesses impies, ses noires faiblesses.

Mais taisez-vous, reproches vains !

De ces maux cruels il est sorti des biens immenses.

Pleurons et bénissons !

Caria Convention qui décrète, c'est la France qui s'élève et le genre humain qui avance !

CDLXTI

Des flancs de la Convention sortent les arts, libres, fiers, et qui vont dominer l'Europe.

La science se fait jour, et, par ses découvertes, tout se renouvelle.

Voyez-vous le télégraphe, voyez-vous l'école centrale des travaux publics, voyez-vous le bureau des longitudes, l'école normale, l'école des laugues, tout

est en germe dans les arrêtés des comités de la Convention.

La Constituante abolit les couvents.

La Convention recueille les livres, et de ces lumières qui n'étaient que pour les moines, les nobles, les privilégiés, elle fait des dépôts et des phares qui sont pour les villes, les ateliers, les ouvriers, les pauvres.

La grande émancipation est proclamée.

CDLXTII

Oh ! qui fera le bilan de cette grande époque ! Qui dira le mouvement imprimé aux esprits? • Qui reconnaîtra loyalement tous les bienfaits dont jouit à profusion le XIX e siècle, dans ces principes posés résolument à la fin du XVII M •

C DLXV III

L'armée n'est que secondaire dans cette ère sacrée. L'armée restera, mais au-dessus d'elle, la Convention !

CDXXTIX

On m'écrit de Napoléon : « La Vendée fut autant « une guerre de cupidité et d'avarice qu'une guerre « de royalisme et de religion. »

Cela est vrai.

On m'écrit encore : « Callot aurait peint les cornet mencements de cette guerre. Michel-Ange n'aurait «< pas suffi pour la fin. »

Vrai aussi.

Je blâmais l'Empereur d'avoir mis trop haut la guerre de la Vendée, par la peur que j'avais que la louange, sortie d'une telle bouche, n'excitât des guerres nouvelles, pour la même cause.

Mais la cause est morte.

Quelque effort qu'on tente, elle ne ressuscitera pas.

L'ignorance et la servitude ne reviendront plus pour l'avilissement de l'Homme-Dieu.

Le despotisme est en exécration par toute la terre.

Et la liberté plane au haut des cieux sur ses ailes radieuses.

CDLII

Lettre de BOURBOTTE, à Francastel.

« ChCUeaubriant, I* nivôse, un II.

<( Prieur et Turreau sont à cheval, et je t'écris un

o mot sur la position. Marceau, Kléber, Tilly ont

« concenlrè ici leurs troupes. Westermann vient

« d'Ancenis; il a tué et haché tout ce qu'il a pu sur

« la route. Stofflet et Larochejaquelein n'ont pas avec

« eux cinquante des leurs, les plus alertes, qui ont

« pu passer la Loire sur des planches, la tête seule

« hors de l'eau. Talmont est dans les bois de Vitré,

« on le suit à la piste. Scépeaux s'est jeté dans quelque

« trou des mines deMontrelais,on le cherche. Un flot

« de Brigands fuit vers le Morbihan et rejoindrait la

« Chouannerie qui pointe sous Puisaye, si nous

c n'étions pas là. Mais encore quelques heures et tout

« sera dit.

« Nantes est sûr ; garde Angers, je te réponds du « reste.

• Ton collègue et frère,

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