CHAPITRE UVn
Du Faureheret.
ON trouve quelque fois dans les ayres d'Autours un oyseau beaucoup moindre que l'Autour, et plus grand que le Tiercelet, qui a les pieds de différente couleur. D n^est ni TiercdeC ny Autour; cest a dire quil n'est ny masle ny femelle. On doit le préférer au Tiercdet iet a l'Autour: c'est un fort bon oyseau ; le plus souvent, il a les pieds couleur de fer. On nomme cet oyseau un Fourcheret : sy on en trouvoit dans toutes les ayres d'Autours, on pourroit, en assurance, les préférer aux Faucons pour le vol de la Perdrix; car cest un fort bon oyseau, estant bien conduit
Fin.
Réflexion.
J*AY escrit pour mon instruction particulière ce que j*ay peu apprendre avec différents fooconniers et autpursiers. Outre leurs avis, j'ay leu bien exactement touts les livres qui enseignent Fart de la Daiiconnerie : a tout cela je joins une expériance de plus de dix sept ans, et qui m*a plus &it connoistre les oyseaux que tout ce qu'on m'en a dit, et que j*ay peu lire. J'advoue aussy qu'a ce mestier, sy on pratique un an, quelqu'un qui le sache on en iq[>prendra plus qu'on ne feroit a lire toute la vie, pcuneu qu'on ait toujours des oyseaux ; car sans cela la science est bien inutile, et, quelqu'habile que puisse estre un fauconnier, s'il n'a pas toujours des oyseaux, on ne peut plus le regarder comme fauconnier. Il y en a quelquesuns qui ne sont pas des plus curieux d'avoir des oyseaux, a moins que quelqu'un ne leur en donne; on ne les peut dire fauconniers: il n'y a que ceux qui n'épargnent rien pour en avoir, et qui les tiennent bien, qui méritent le nom de fauconnier; et on connoistra toujours les oyseaux d'un bon maistre d'avec d'autres.
Fin.
Autre Addition au Chapitre XXV.
lORS qu'on a repris un oyseau écarté, il le faut d'abort paistre de quelque i bonne gorge, et chaude; le chapronner s'yl est oyseau de leurre, et le porter I tout de suite sur la perche, oii il sera tout ce jour là sans le sortir de la maison. I Le soir, luy faire prendre sa cure seiche, danslaqu'elle on mettra pour un oyseau de leurre quelques feuilles de Rhûe, avec une pillule dé Tribus pesant un demy Igros: sy c'est un oyseau de poing, on en retranchera la pillule dé Tribus, se contentant seulement de cinq ou six feuilles de Rhûe. Le lendemain, mettre l'oyseau dehors a l'air, et le faire baigner, sil le veut. L'après midy, sy le temps le permet, on le porte a la chasse, et il le faut paistre bonne gorge a la première perdrix quil prendra; mais ne luy pas donner trop grosse gorge, ce qui seroit une faute aussy considérable que de luy faire voler plusieurs perdrix. Il faut aussy faire attention a ce qui a causé Técart de l'oyseau, sy c'est quil ne tient pas bien sa remise? S'il a peur des chiens ou de quelqu'autre chose? afin d'y prévoir une autrefois et que cela n'arrive plus. U faut toujours arriver promptement ala remise, et que les chiens suivent le fauconnier, et non pas quils aillent les premiers. Sy on chasse près d'un bois, d'un village, ou quelqu'autre endroit qui empesche la veûe, ou bien qui soit difficile a passer, a cause des eaux, bayes, murailles ou autre empeschement, il faut estre un de chasque costé affin de mieux voir le gibier aller a sa remise; et que celuy qui fera partir le gibier ne fasse pas voler, mais le laisse aller a l'autre. U faut aussy que chasqu'un ait des chiens avec soy : moyennant ces observations, il sera impossible d*écarter ses oyseaux. Il est encore plus nécessaire de chasser de cette façon lorsqu'on fait voler des faucons niais, parce qu'ils sont
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sujets a aUer au change; c'est a dire que sy un Faucon niais voile une perdrix, s'il voit une corneille ou quelqu'autre oy seau , il va rattaq[uer» surtout lorsque la perdrix est remise et qu'il ne la voit plus. Ce deiEBtut dure jusques vers le mois de novembre; alors il faut leurrer et appeller, et paistre dèsque loyseau est revenu» affin que ce vice luy passe. H y a des Faucons qui sont sujets a cela jusqu'après la seconde roue, bien souvent au mois de décembre et de février: c'est la cause de leur perte, parce qu'ils attaquent des Faucons passagers qui les mènent bien loing. Ceux qui attaquent des Bases ne vont pas loing: lors qu'il vont a un Milan cda ne dure guiéres, parce que sy le IGlan leur donne qudque coup de serre ils l'abandonnent aussy tost, le Milan ayant la serre mauvaise, a cause des charongnes quil prend pour se paistre , n'attaquant jamais de vif .
FIN
Avis des Editeurs.
Le manuscrit de la Méthode pour dresser et Jmre voler lee 0|fjea^, que nous offrons au public , et qui voit ici le jour pour la première ^is, griice à la Société des Antiquaires de FCblsst., 1^ laqiîeUe |} appartient, et qui a bien voulu nous accoiàer Tautorisation de Téditer, laisse beaucoup à désirer, autant sous le rapport derortboprapbeque sous celui de la ponctuation. Désirant lui conserver tout son caractère, nous fl'avons apporté aucune modification au style; mate nous avons pensé quil était nécessaire de rectifier, certains mots trop mal ortbograpbié^, et de changeç^ presque partout la poifctuation qui, étant très défectueuse, ne pouvait pas toujours être ihâintentie telle^ue Fa établie Tauleur, parce qu'elle altérait bien souvent le sens des phrases.