‹ La vénerieChapitre 41 sur 138 · CHAPITRE XXXm · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXm

; L arriue bien souuent qu'on fant à prendre le cerf à force en beaucoup ^de sortes. Aucunesfois à Toccasion des grandes chaleurs, ou bien qu'on est j surprins de la nuict, et en plusieurs autres manières qui me seroicnt; I prolixes à narrer.

Quand telles choses arriuent, il faut se gouuemer en cette fa^n. ^^*'^^, ;^ Premièrement, ceux qui accompagnent les chiens doiuent ietter vue brisée aux dernières voyes ou erres là où ils laisseront les cerfs afin de le retourner quester le lendemain dés le poinct du iour , auec le Limier et les chiens de la meute après eux Car quand il est question de requester vn cerf, il ne faut faire rapport n'assemblée, parce

lACQYES DV POVILLOVX. 26

q[0*oii ne sçait si la saiUe sera longue, n*en quel pays il sera allé : ioint avec ce que communément cerb courus vont tant qu'ils ont force: puis s'ils trouuent quelque eau, ils s'arrestent longuement dedans, et se roidissent en telle sorte les membres, qu'au sortir d'icdle ib ne peuuent pas aller gueres loing : et à l'heure sont contraints de demeurer en quelque lieu que ce soit, mais qu'ils soient au couuert, faisans leur viandis de couché, de ce qu'ils peuuent trouuer autour d'eux. Quand les veneurs seront arriuez aux dernières Yoyes ou aura esté mise la brisée, ils se doiuent départir: et celuy qui aura le meilleur diien, et de plus haut nez doit prendre le droit, et faire suiure son chien sur les routes, en le tenant de court n'ayant crainte de le faire sommer et appeller. Les autres doiuent prendre les deuants au loing par les fraischeurs et lieux commodes pour en reuoir à leur aise, et pour le sentiment de leur chien. Et si de fortune Tun d'eux le trouuoit passé, il se doit mettre après, et faire suivre son chien, en huchant ou sonnant deux mots de la trompe pour appeller ses compagnons , et pour faire approcher la meute. Les autres ayant ouy, incontinent doiuent aller à luy, et r^;arder tous ensemble si c'est leur droit : et s'ils cognoisaent que ce soit luy, faut qu'ils laissent suiure le chien qui désirera le mieux les voyes : et les autres se doiuent départir et reprendre encores les deuants au loing. Et si d'auenture ils se trouuoient entré en quelques belles demeures, faut qu'ils fassent approcher les chiens d'eux, et faulser au trauers du fort. Et s'ils arriuent à renouueller les voyes dedans le fort, doiuent bien r^^arder si c'est point du change. Mais si celuy qui fait là suite cognoit que ce soit son droit, doit sonner deux mots pour appeller ses compagnons, et pour aduertir les piqueurs qu'ils se donnent de garde parce que son chien renouuell^les voyes. Et si de fortune il vient à le lancer, et qu'il trouue cinq ou six reposées l'^iie auprès de l'autre, il ne s'en doit pas estonner, car volontiers les cerfs trauaiUez et mal menez, font plusieurs reposées les vues près des autres, parce qu'ils ne peuuent tenir debout, mais faut qu'ils viandent de couché. Les ieunes Veneurs qui n'entendent ce secret, y sont souuentes fois trompez: car quand ils voyent tant de reposées, ils pensent que ce soit vne harde de bestes, et but bien qu'ils y r^rdent.

COMME LE VENEUR DOIT ALLER m gueste aux hautes ftutat/es.

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