I. DCCC. LXIV
A ceux qui aiment la Fauconnerie.
Messieurs,
f E goast que j'ay eu pour la chasse de l'oyseau (des mes plus jeunes années) }ma fait voir, de bien près, une bonne partie de ee quon en peut savoir. J*ay ^toujours pris un grand plaisir a m*/ instruire, avec ceux qui ont aimé cet \ exercice, et j*ay veu par moy mesroe ce qu*il faloit pratiquer : enfin Je croy, \ Messieurs, que par la méthode que ie donne icy cduy qui sy appliquera deviendra parfait fauconnier. le ne prétents pas dire que rien ne peut estre adjouté a ce que jescris; an contraire, ce nest qu'un canneva sur lequel on peut faire un bon ouvrage: ceux qui me donneront qudque lumière me feront plabir : et ie ne porte pu ma vanité assez loin pour croire quon ne peut pas mieux fûre que moy. Tkj fait de mon mieux ; l'ouvrage que ie vous offire sera resseu, s*il vous plaist, comme une marque d'estime de celny qûesl.
Totre très humUe et très obbétssan t serviteur , B0I86OUDAN.
AVERTISSEMENT
L y a longtemps, que ie cherche a me bien instruire dans la fauconnerie. Une longue expérience ma donné quelques lumières pour cette sorte de chasse : j'ay leu avec beaucoup d'aplication touts les auteurs qui en ont écrit, tant anciens que modernes, comme Artilouche de la Gona, chambellan du Roy de Ciçile, Jean de Franchiéres, grand prieur d* Aquitaine, les quatre miûstres fauconniers Malopin, Hartino, Cassien et )lichelin; Guillaume Tardif, lecteur du Roy 'Charles huit; Mercure, fauconnier de la chambre sous les Rois Henry trois ^et Henry quatre; M' d'Esparron, gentilhomme de la chambre du Roy Louis 'treise; H' delà Renodie; qui a escrit en mesme tems vers l'année 4620 ou 4624 ; BI'^C. deMorais, ch' seig' de Fortille, chef du vol du héron à la grande fauconnerie, qui a fait imprimer un petit livret en 4683. J'ay trouvé peu de lumières dans les ençiens, et dans le dernier trop peu d'étendue. H' de h Renodie est fort instructif; M' dllsparron donne au naturel le portrait des oyseaux. On peut de ces deux prendre de bonnes instructions; de 3P de Fortille aussy, mais il ne s'étent guiéres. Dans touts ces autheurs j'ay pris ce qui ma semblé le meilleur, et j'ay btissé le reste : ie donne la liberté quon en lasse autant de mon escrit; j'ose cependant assurer que sy Dieu me laisse vivre assez de tems ie pourray donner à la suite une méthode (pour dresser, faire voler et traiter les oyseaux malades, et aussy pour prévenir les maladies), dont je croy quon sera content. En attendant, ie prie ceux qui en sauront plus que moy de me reprendre, et ils me feront plaisir. Ce n'est pas l'envie de me faire imprimer qui me fait escrire : c'est seulement pour moy» et pour en faire part à ceux qui me feront l'honneur de s'adresser a moy et qui me donneront cette marque de leur amitié.
ou IL EST ENSEIGNE A BIEN TENIR LES OYSEAU pour qu'Us soient en itai de donner du plaisir , les guérir de leurs maladies et les prévenir: auec le portrait ou description de cduy qui veut estre fauconnier; et quels oy seaux on doit avoir, selon les lieux ou on habite.