‹ La vengeance de Dieu [microforme] (volume 2)Chapitre 3 sur 15 · SCÈNE lIère · texte numérisé non relu

SCÈNE lIère

CHARLES

— Ainsi done, mon fils, tu te maries. — J'en suis heureux pour toi,—heureux pour moi. J'aurai dans ta noble épouse, une enfant de plus à chérir, une enfant de plus qui m’aimera.— Elle m’aidera à porter le fardeau de mes derniers ans ; —et les roses de sa fraîche jeunesse. réjouiront les yeux vieillis de ton père.

GUSTAVE

Soyez persuadé, mon père, que mon éj:use et moi, rivaliserons

d'efforts pour rendre heureux vos vieux jours.

CHARLES—(ému.)

Oh ! merci, mon enfant,—ces paroles affectueuses fent du bien à mon âme. Tu fus toujours bon fils envers moi, — affectueux envers ta pauvre et sainte mère,—tu seras bon époux, —je l’espère—et quelque chose qu’il t'arrive—remarques ces paroles d’un vieillard,—{i/ se lève) —quelque malheur qui te frappe‘ —aie confiance en Dieu; le triomphe du méchant est passager, —et Dieu bénit toujours l’innocent qui souffre pour l’amour de lui.

GuSTA VE.

Vos paroles resteront gravées dans ma mémoire, 6 mon père. Il me faut partir pour ne plus vous revoir peut-être avant mon mariage, vous voudrez me donner votre paternelle bénédiction. — {Ii s'agenouille.)

CHARLES

—Oh! sois béuis, mon fils! que le Dieu de ma jeunesse, que le Dieu de. mes vieux ans, exauçant les vœux les plus ardents de ton père, répande sur toi et sur les tiens ses bénédictions les plus abondantes |

GusTAVE (se relevant.)

Merci, mon père |—Permettez que je prenne congé de vous. (Zls seserrent la main.) A revoirl—Charles, adieu | —envoie-moi

Vildac (avec douleur.) Adieu | CHARLES (seul, se promenant lentemeut.)

Pauvre enfant |—il est heureux !— !......... riche de toutes les caresses d’un délicieux lendemain ; de tous les sourires et des joies de sa charmante fiancée... CPR PP TETE ésjrrecs

Pourquoi donc ai-je parlé de malheur et de méchant, il yaun instant |! 1... Pourquoi me suis-je senti ému !.... .... Je ne sais, mais un funeste pressentiment m’obsède |... Susteo ee

ss... ELEC E EE ONE EE SO OP ET I TO OO I I

Oh ! ces vieillards peu les épouvante ! Ils ont peur d'euxmêmes, je crois,.....,.…. (il s'asseoit.) Mais chassons ces idées sombres.

ViLDAC (entrant avec respect) Seigneur, comment est votre santé ? Excellente, j'espère.

CHariss.

Oui, mon ami, prends un siège et causons un peu—{ Vildac

s'asseoit).—Tu sais que Gustave $e marie, Es-tu content ? ViLpac.

J'ai appris l'heureuse nouvelle et je puis vous assurer que je suis loin d’être indifféreut au bonheur de mon ami, je dirais presque ée mon frère.

CHARLES

Oui, de ton frère, Vildac, si je n'ai qu’à consulter mon cœur pour décider la question.

ViLpaAc, (hypocritement),

Tant de bonté et d'affection, Seigneur, me confc1dent, et je vous en remercie de teut cœur,

CHARLES

C'est bien, mon enfant,—maintenant, vas chez le notaire, et dis-lui de préparer mon testament suivant ces notes (il lui passe un papier).—AÀ revoir,—tu auras soin de tout préparer pour la noce {il sort).

VizpAC le reconduisant,

Vos ordres seront accomplis Seigneur...................,...... (Seul) —Voyons un peu ce que dit ce charmant papier.—{i lit haut). « Je donne et lègue tous mes biens à Gustave, —et s’il

décède sans enfant, à Vildac ..... (avec un rire cynique) — Ah! oui, mon cher frère Gustave, je te promets décéder sans enfants. RTE .….. (se promenant)...... Bien, bien nos petites affaires sont bonnes... Mais j'ai besoin de conïplices—(i/ appelle} —Gâtechair, Gatechair.) GATECHAIR.

Me voici, Monsieur, qu’y-a-t-il à votre service. ViLpAo.

Peu de chose, un petit coup de main seulement.—Au fait si je me rappelle, tu as eu quelque maille à déméêler avec la justice, n'est-ce pas. Et pourquoi s’il te plaît ?

GATECHAIR.

Oh! pour un rien, un petit coup de lancette, une simple inci sion pratiquée dans la gorge d’un voyageur qui me paraissait avoir des sous dans le gousset, Je fus pincé et fourré au violon pour la vie. C’est là que mes honerables collègues me gratifièrent en commémoration de mon savoir chirurgical, du joli nom de Gâtechair. Mais au moyen d’une certaine poudre que je fis respirer au gardien , malgré lui,—je pris ma feuille de route et me voici prêt à vous servir de la manière qu'il plaira à monsieur.

VILDAO.

Puis-je compter sur toi,.…...sur ta discrétion ? GATECHAIR.

Oui, à la vie, à la mort.

ViLpaAc.

Bien, tape là,=-(ils se donnent la main.)—Tiens, goutte à celà, (il lui passe un petit flocon) bois, cela te donnera du ton. GATECHAIR (buvant.) À votre santé | à notre succès | VizpAC (buvant) à la tienne. Désormais, plus de respect entre nous; que le fw remplace le vous. Le crime efface ies distances a-t-on dit,

GATECHAIR.

Bah l—moi j'appelle ça opérations commerciales ou finan. cières.

Vizpac.

Tiens, lis ces notes….…...et conclus.

GATECHAIR (lisant tout bas.) Je comprends....….....Quel est ton plan ?

ViLpac.

Celui-ci.—1lo égarer une balle dans la tête du bonhomme, 2me accuser le fils du meurtre de son père.

GATECHAIR.

Et mon rôle dans ce pique-nique-là ?

ViLpAC.

Pendant que nous entourrerons le bonhorsmne,tu'glisseras un pistolet dans la poche de l'habit de Gustav e,—puis je t'ordonnerai de fouiller les personnes présentes, —je ferai livrer Gustave à la justice, et tu jureras que tu as vu le fils faire feu sur son père,

arceque le père ne voulait pas qu'il se mariat avec sa fiancée, pc Gustave scra pendu,—et nous jouirons der biens,

GATECHAIR,.

Voilà qui est bien. A quand le cirque ?

VILDAC.

Aujourd’hui même ;—à la première chance.

Vas chez le notaire, fais préparer le testament, rapperte-le moi, et quand je ferai signer le bonhomme, tiens toi prêt, ce sera probablement la dernière fois qu’il apposera sa griffe. Va, à revoir.

Vizpao (seul).

C'est bien, Satan,—jusqu'à présent, tes iaspirations me valent de l'or. Mais rapp-lle-toi que tu m'as promis plus que de l'or, — tu m'as promis du bonheur; tu tiendras ta parole, n'est-ce pas ? —(il sort par une extrémié du théâtre et Kondiaronk rentre par l'autre.

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