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LA VENGEANCE DE GENEVIRVE 269 le‘ gérme de l'affièuse maladie, elle 8'était rènfermée dans son rôle d'infirmière sans vouloir en pesér Étit tous les sacrifices.
no ê ‘ai une âme. à poursuivre. ‘à sauver ! vs avait-elle dit.
‘Au 'miliéh des travaux dé cette hohvètié existence, des fatigués imposés à sà santé, dés répugnances que devait surtonter sa délica fesse, une aide lui demeurait fidé!e. an secours TUi Vensit à Tout heure, attentif et dévoué : Jacques.
Cette aide discrète, ce secours puissant lui manquaient tout à coup.
Greneviève, privée de + acques, satfftit à
la fois par, son. affection quasi-matérnellé ét
par l'isolement subit dans iéquel elle se trouva jetée.
E Isolement moral, bien entendu, car sék océupations de sœur de charité Fe lui laîssaiént pas ne heure de répos, depuis que le docteur Moins, à à sa visite du matin, avait prescrit le traitement à suivre, jusqu'à ‘l'inspection dù soir qui terminait enfin une journée si chrétiennement remplie.
Léon Bourgeal prenait une large part dé ‘sd heures, rais point toutes ses heures. Beaucoûp d'infirmiètes laïques ayant reculé devant Je danger. de l'épidémie, et les rel: jeuses ét; pourchassées comme dés criminelles, Gen #3 êve, avait d& faire face, avec un p personnel très restreint, aux nonvellés exigences de la situëtion.
210 LA YENGEANCE DE GENEYIÈVE fe était 'infymière, en, titre; des, varior
Re ces infortunés, plusieurs : ne. MS le vie. AAA à la, persévérante surveillance de | cètte jeune femme au cœur ahgélique,. penchée le jour à leur, chevet, et dont ils entrevoyaient gs core parfois, la nuit, l'ombre protectrice errer
ans les salles empoïsonnées.
Un des plus. sérieusement atteints, un des plus heureusement amenés à l'état de conva:
lescence, fut Léon Bourgeal. R
La science de Placial et le cœur de dia ève s'étaient unis pour cette cure difficile, ‘écartant les complications, enrayant le mal, piant l'amélioration, prévenant la rechute, asseyant enfin. la guérison triomphante à ce chevet mortellemént menacé. |
Depuis des semaines, Léon ne s'étonnait plus, n'admirait qu'en silence, ne remerciait qu'aves des r ee attendris. ,
Après le délire et l'anéantissement, venait la, résurrection de l'âme comme le réveil de la Vie... :
La dignité simple et PNEUS de Placial po son zèle sans phrases, avaient fondu
es préjugés les plus enxacinés de cette ombra-
euse pure et courbé son égoïsme tenace ans une honte salutaire. .
Fi 1ég ard, de Cheneviève, Léon Rbus pui sées, . fes d’ailleurs, et vaines,. toutes les for- Le le gratitude, du regret, du respect,
— Comme vous vous vengez, Grenevièye !
lui disait-il parfois, ten. la contemplünt avec émotion.
V2 Doucé ‘vên réahcé ! répondait-elle avec tn sourire joyeux.
Joyeux, oui certes ; car elle sentait vénir 18 rachat de cette âme conpable, la lamière pour ctte Ame inerédulé, et, sans même songer qu dé sa présence, de son exemple, de son héroïhe vertu naïissaiézé ces premières clartés de conversion, ellé lotait Dieu avec ivresse."
Dans cette atmosphère pestilentielle, dans cette étroite réclusion, entre ces mourants, ces convalescents, ces cercuei!s, Grenevièyé eût done Êté saintement heureuse, si les baïsers de Ji eah nine n’eussent manqué à ses lèvres de mère, | si le mystère s'était éclaïrci sur la destinéeidé & son protégé. "
Maïs hélas ! que dévenait Jacques Férrat ?"|
11 deyenait ce que deviennent les prisonniers dont l'ihicarcération se prolonge.
Il passait de l’étonnement au chagrin, de la résignation ‘à Une sürte d’énervement : mais, grâce à Dieu !...il ignorait la défaillance inO* rale et la maladie.
” Les jours étaient longs. .longs !...J acqués éprouvait, comme tous ceux dont la liberté est brusquement enlevée, la crainie vague dé ne plus sayoir quel nom donner à chaque: notivél auroré qui se levait à son hoYizon' morne |
ussi, dès le quatrième jour de sa captivité, se mit: ne eh Éévoir de créer, en un coin du mur de sa cellule, une sorte de calendriér pri*
itif, où il traçait chaque soir une barre.
aide D aeiller de FA Far ma br | À .… Les barres s’ajoutaient aux barres, et rien ne changeait dans la terrible onotonie de son DANS na EN, dpo : éélindigo aoovot ll sentait. vaguement, toutefois, que ‘cette mongtonie même était le salué ; que se oubli, ans lequel. son redoutable ennemi le laissait plongé, s'il n'était pas un raffinement de cru-
auté, pouvait lui présager la vie.sauve. | Le temps qui s'écoulait n'amènerait-il pas enfin l'armée de Versaillés dans Paris ?... ne précipiterait-il pas dans Ia fange dont ils étaient sortis les héros sanglants et grotesques de la Commune ? ; PR ARE nu . Jacques attendait l’un ou l'autre de ces Éd ‘événements, en luttant de son mieux, par, son-courage, contre les misères,et léé jpri- MON 0 dada ce 0b où p bo ligiroqol Î La fraîcheur extrême, entretenue dans les cellules par les ventilateurs, tournait la nuit à une température dangereuse pour les poitrines délicates, ‘ REF HUPER Les captifs ne combattaient l'influence des éternels courants d'air que par un exercice frénent, pénible, assez semblable à celui du tigre Jerdin des plantes qui tourne mélancoli- ARSROR, CARE, 4 Gage PIE AR ARETÉtIAnS es larges horizons du désert” disent les poëtes; tout au moins, en souhaitant Que, ;ses fes robustes ne se heurtent pas à toutes les
LA NENGHANCE DE GENEVIÈVE 278 hafti LP MO PM EMI CCI Eh sorté de supplice. L Le poemes numérotés, dé Mazas sont
. û La promenade extérieure offrait une autre FOON QE LB BHO YIOUOR: Fr VA
| bordés e çh aque côté de gros murs en moel-
lons, larges d un ‘mètre à l'entrée, de quatre inètres à l’autre bout, avec nne grille en fer, une toiture d'un mèêtre cinquante environs,
| pour se.garantir en cas de pluie, ét une grosse
pie carrée pour servir de siège au détenu as Uk. CEE LE Fu, à Cp é SL 4 i
| las e. marcher dans ce boyau. .
Les murs sont couverts des noms des individus qui se sont traînés dans ces Iugubres lieux de récréation, où la solitude parait plus LULU 0 CARNET NOR RE ne
Dés inscriptions, d’une crudité brutale ou d'une cynique raillerie, faisaient passer le frisson sur les épaules de Jacques, lorsqu'il les lisait autant par désœuvrèement que par curio-
sité. bn à
‘“ Mort aux gardiens de Mazas ! ”
“Il ya pas de Dieu !...ou bien qu'y se montre alors ! ” ot
‘“ Touts les surveillants, c’est des canaïllés ! ”? Ma tête tient rien sûr mon coù... parole ! ” Et cent autres semblables. 1) #4 Les promenoirs sont aérés, et du moins un parfum de fumée parisienne arrivait jusqu'au pauvre faubourien, si bien de Paris, quand même, que ces émanations âcres lui paraissaient agréables, ET | | Les jours de, pluie, .ce sont de vrais lacs où trempent ani qhoe graines d'herbes sauva-
da fa verte) brie
NE TITUET
ff: Rs (
si
. Ces FR J acques ee Sur son bloc po
pierre, pour préserver ses. jedi RL l'eau, regardait en révant ces ag ant tes “échonées de parterre
Tl en, avait rh une petite toute, L du
heur de la revoir, comme un souvenir de ges tristes heures. d
Tous les promenoirs se réunissent à un centre commuu, avec une rotondé surélevée d'un étage. et vitrée. où le ardien tourne Sans * ruption, afin de ne jamais perdre de. vue l'un des malheureux ui prennent à : see pieds” une si lugubre récréa FH
Ces derniers entrént et sortent à des coups
de sonnettes persopnels, et .distancés de telle |
sorte qu’ aucune rencontre n “et Rd ‘entre eux.
Malgré son, désir de revoir Je vieux prêtre avec. lequel il avait été amené, Jacques perdit longtemps ses peines en espionnages et en observations,
Il fut assez. heureux enfin dans sa galerie, pour! apérceroir, par le guichet, ce, compagnon de misère qui se rendait, lui aussi, à Fr solitaire promenade. Courte éd que lé “péssege de cette apparition !
Le guichet, fort habilement fait, de façon à à laisser voir du dehors tout ce qui se passe dans
] a sel bloc |
regarhouées