POMPON I AN A
POMPONIANA.
DE EAVX PB LA. KACE DES EOYâ D'AALES.
FE Toici en route pour Toulon et Hyèret.
Je ne vous dis rien d' Aubagne , patrie du savant Barthélémy ; ni du charmant territoire de cette petite ville où Ton danse presque tous les jours , où l'on boit du vin de la Giotat à bien meilleur marché qu on ne boit de la pi-
6 hA TBNTS DIABLES
quelle à Orléans ; ni enfin de Cude , où Ton trouve une excellente auberge avec une trèsjolie femme pour en faire les honneurs^ ni même de ces vallées de roches, sublimes beautés de nature, qui précédent Toulon. C'est surtout entre Marseille et cette dernière ville, qu'on peut observer la végélalion provençale, malheureusement sèche , rabougrie p d'un Tert qui ne nous paraît triste que parce qu'il y a en lui excès de ton et de couleur.
L'abord de Toulon est une ma(j;uifique surprise. Vous quittez brusquement ces rideaux de rochers gris et cha{j;rinés qui semblent contemporains de la eréation , celte route tortueuse, tantôt flanquée de précipices^ tantôt encaissée dans des monts de pierre taillés ou plutôt déchiquetés à pic ; vous aviez froid dans ces gorges abruptes d'OUioules , véritables thermopyles provençales , où pas un arbre n'avait égayé vos yeux ; tout-à-coup, vous voilà dans une plaine superbe , Toranger des jardins embaume Tair que vous respirez, vous sentez tout votre être s'épanouir dans la cba-( leur méridionale , vous voyez Toulon devant vous , plus loin la mer pour encadrer le derpier plan du tableau, et puis Taurore avec ses
LA VBKVS D*AaLSS
flots de pourpre, i^ui 1 illumine tout entier.
Toulon, qu'on nomme en latin Tëlo, peutêtre parce que ce fut Telo Mârtiys qui y conduisit la première colonie romaine , u a d'importance militaire que depuis Henri IV; son aspect extérieur est celui de toutes les villes de guerre, de Besançon, de Douai, de Lille, de Strasbourg^.
Je ne débattrai pas ici la question de savoir si Timportance de Toulon, comme siège de la marine royale, est plus g^rande ou moindre que celle de Brest. Je me contenterai de dire , en amateur bénévole, tout-à-fait étran* ger à l'école de MM. Sue et Corbière, que la rade de Toulon n'a pas de rivale pour le circuit, et que TOcéan, tant poissonneux soit~il , parait bien pâle et bien froid pour qui a senti les flots constellés de la IMéditerranée caresser sa nacelle et bumecter ses cheveux. C'est une vaste , populeuse et élégante cité que Toulon, sur la([uclle je passe à la hâte, parce que ce livre n'est pas écrit pour des marins; mais c'est une cité absolument vide de monumens. Le premier aspect de cette ville est confus. N'allez y cherciier ni du romam ni du moyen-âge, pas plqs qu'au Havre, qui n'est connu que de--