‹ La Venus de Milo comedie en trois actes en vers par le comte Louis d'Assas (volume 2)Chapitre 36 sur 45 · ASPASIE, PHIDIAS · texte numérisé non relu

ASPASIE, PHIDIAS

PHIDIAS

Salut à la belle maîtresse Du plus heureux des Grecs, de l’illustre Agathon. Ce Crésu? au concours va triompher, dit-on.

ASPASIE

Cela t’étonne?

PHIDIAS

Oh î oui, je ne saurais le croire:

Que va-t-il se mêler d’aspirer à la gloire ;

N’est-il pas trop heureux de se voir ton amant? L’or, la gloire et l’amour s’assemblent rarement. Aussi, triomphât-il, je ne saurais admettre Son génie...

ASPASIE

Il faut bien pourtant le reconnaître.

PHIDIAS

Que tous ces jeunes fous qui se moquaient de lui, Sans pouvoir le juger, l’exaltent aujourd’hui,

Rien n’est plus naturel, car ils ont la manie De flatter le succès aux dépens du génie.

De celui qui s’élève ils se font courtisans;

Devant chaque vainqueur ils font fumer l’encens. L’homme qui réussit a droit à leur hommage Ils l’adulent, et font bon marché de l’ouvrage S’il ne triomphe pas. Qu’ils sont fastidieux Ces hommes à l’atlùt de tout nom glorieux,

Qui, sans comprendre l’art, s’attachent à l’artiste. Chiens couchants de celui qu’ils suivent à la piste,

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