SUPERFÉTATION
Ce mot signifie fécondation d’un second ovule, quelque temps après la fécondation d’un premier ovule, déjà greffé sur la matrice. En d’autres termes : fécondation d’un ovule , lorsque la matrice contient déjà un embryon en 'voie de croissance. On peut encore se servir du mot surconception.
Les fécondations qui ont lieu à quelquesjieures ou à quelques jours de distance , sont faciles à comprendre.
Exemples : Une négresse accouche le matin d’un nègre, et le soir ou le lendemain d’un mulâtre. Il est clair que le premier coït a été exercé par un nègre et le second par un blanc. Deux ovules ont été fécondés , l’un après l’autre.
Une femme blanche accouche aujourd’hui d’un blanc et demain d’un mulâtre; elle a positivement subi deux coïts, le premier avec un blanc, et le second avec un nègre.
Ces deux femmes avouent que les choses se sont passées ainsi ; donc , point de difficultés.
Mais , lorsqu’une femme après un premier accouchement d’un enfant à terme, accouche deux , trois ou quatre mois plus tard , d’un
autre enfant également arrivé à terme , ici le cas est différent ; on est forcé d’en chercher la raison dans la conformation des organes sexuels de la femme, et l’on trouve à l’autopsie, quand elle a lieu, une matrice bilobèe , c’est-à-dire séparée en deux parties.
La première fécondation s’est effectuée sur un ovule qui , après avoir franchi l’oviducte , s’est greffé sur la paroi de l’un des compartiments utérins.
La seconde fécondation , opérée quelques mois plus tard, sur un autre ovule, est venue se greffer sur la paroi de l’autre compartiment.
Telle est la vraie cause des superfétations et accouchements à de longs intervaU'es.
Voyez notre Histoire naturelle de l’homme et de la femme , depuis leur naissance jusqu’au terme naturel de la vie; ouvrage orné de planches pour mieux démontrer les évolutions successives du fœtus à tous les mois de la grossesse et expliquant les diverses métamorphoses que peut subir l’organisation humaine.
SECTION V