S VII
De la Bouche.
La bouche, au repos, doit être fermée ; on appelle bouche béante celle qui reste toujours ouverte.
Ce défaut reconnaît deux causes ; — la première et la .plus ordinaire provient de l’habitude ;
— la seconde dépend de l’inflammation ou d’an obstacle dans le conduit des fosses nasales , qui s’oppose à la libre circulation de l’air. — Dans ce dernier cas, le ministère d’un médecin est indispensable pour combattre la maladie ou détruire l’obstacle.
D’une part, les enfants portent fréquemment leurs doigts ou d’autres objets dans leur bouche ;
— d’autre part, ils la conservent ouverte, lorsqu’une personne ou une chose frappe leur attention ; de telle sorte que beaucoup d’entre eux contractent la mauvaise habitude de la tenir tou-
jours béante, même dans les âges suivants, si leurs parents ont négligé de les corriger. — Qui ne' sait qu’une bouche toujours béante est un signe de pauvreté d’esprit, d’imbécillité ? Or, il est très-regrettable qu’une personne aimable , intelligente soit affligée de la bouche béante d’un imbécile.
Le seul moyen de détruire cette difformité , causée par une mauvaise habitude, existe dans la vigilance des parents à réprimer ce défaut, en promettant, en donnant des récompenses pour être obéis. — A un âge plus avancé, le remède se trouve dans une attention de tous les instants, soutenue par une ferme volonté.
§ VIII
Les Lèvres.
Ces organes, qui concourent non-seulement à la beauté du visage, mais encore à la prononciation des mots , peuvent offrir diverses altérations de forme et de couleur, dont nous ne signalons que les principales.
Le bec-de-lièvre. — Il est accidentel ou congénial. Le premier est le résultat d’une blessure ou d’une plaie contuse et peut se présenter à tous les âges. — Le second est une difformité que' l’enfant apporte à sa naissance. — On attribuait autrefois la cause du bec-de-lièvre à une en-
vie de femme enceinte, ou à une répulsion, à un saisissement provoqué par l’apparition subite de ce petit animal. Aujourd’hui, la physiologie, plus éclairée, reconnaît dans cette difformité, comme dans toutes les monstruosités fœtales, un arrêt ou une irrégularité du travail embryonaire, pendant les premiers mois de la grossesse. Les deux côtés de la lèvre supérieure (encore à l’état gélatineux) qui doivent, plus tard, former la lèvre , n’ayant pu se souder, il en est résulté la difformité appelée bec-de-lièvre.
Cette difformité ne peut se guérir que par une opération chirurgicale, très-peu douloureuse, à la suite de laquelle un bandage contentif est appliqué , pour maintenir l’affrontement des deux bords de la lèvre. L’expérience a constaté que l’opération^du bec-de-lièvre ne doit se pratiquer que vers l’âge [de trois oiv quatre ans ; plus tôt, il y aurait danger pour l’enfant.