‹ La véritable Eglise de JésusChristChapitre 2 sur 4 · IV. Dangers qu'elle court. « Les portes de fenfer · texte numérisé non relu

IV. Dangers qu'elle court. « Les portes de fenfer

Y* Une sécurité garantie. « Les portes de Tenfer ne prévaudront pas contre elle. »

Que Dieu bénisse cet écrit, que tous nous cherchions à savoir si nous appartenons ou non à celte seule Eglise. Pensops-y dans nos maisons et prions beau-coup.

Il est d'abord question d'un édifice. Le Seigneur Jésus-Christ dit : « Mon Eglise.»

Mais qu'est-ce que c'est que cette Eglise 7 Il est peu de recherches qui aient une plus grande importance que celle-ci. ~ Pour n'y avoir pas suffisamment fait attention y beaucoup d'erreurs se sont laissées sur son compte , soit dans son sein 9 smt dans le inonde.

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L'Ëglise 9 mentionnée dam le texte que nous avons choisi, n'est pas un édifice matériel 9 un temple construit par des mains d'iiommes^ de bois, de briques ^ ^e pierres ou de marbre. Cest une société composée d'hommes et de femmes.

Ce n'est point une Eglise quelconque sur la terre, ni celle d'Orient ni cdie d'Ood- ^ent , ni l'Eglise d'Angleterre, ni celle de Hollande , ni celle de Rome surtout Qh 1 nonl l'Ëglise de notre texte joue un beaucoup moins grand rôle aux yeux des hommes, mais elle a une tout autre importance à ceux de Dieu.

L'Eglise de notre texte est composée de tous ceux qui croient véritablement au Sei- .gneur Jésus-Christ. Elle comprend tous jceux qui se repentent de leurs péchés, vont à Christ par la foi et ont été faits par lui de nouvelles créatures. — Elle renferme tous les élus de Dieu : ceux qui ont reçu fia grâce et ont été lavés dans le sang de Christ, revôUis de sa justice, tous ceux qui sont nés de nouveau et ont été sanc*

ttiés par VEsprit de Christ. Tous oeax^ là, è quelque nation , peuple ou langue quils apparliennent, composent TEglise 4e notre texte. Cesl le corps de Christ , json troupeau, son épouse. £lle est la femme de l'Agneau. Voilà la sainte Eglise eatbolique que mentionne le symbole des apôtres. Cest la bénie assemblée des fidë* les, la communion des saints.

Tous les membres de cette Eglise ne rendent pas un culte identique à Dieu , ou n'ont pas la même forme » ni la môme «organisation. Mais tous adorent d'un même cœur. Ils sont conduits par im même Esprit; tous sont réellement saints.

Tous peuvent dire : AUéluiah , et tous aussi peuvent répondre : Amen 1 C'est de celte Eglise que toutes les Eglises visibles sont les serviteurs et les servant tes : épiscopaux, indépendants ou presbytériens, tous servent les intérêts de «cette seule véritable Eglise. Us sont l'échafaudage derrière lequel le grand édifice se construit. Us sont la coque som

laquelle l'amande croit et se développe*, lis ont leurs divers degrés d'utilité.* hàt meilleure et la plus prédeuse de çes Eglises est celle qui amène le plus grand nombre de membres è la véritable £glise de Jésus-Gbrist. Mais aucune n'a le droit de dire : « Je suis la seule véritable Eglise 1 » Aucune n'osera jamaia dire : « Je subsisterai toujours, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas conire moi. »

Cest à cette Eglise invisible qu'appar-^ tiennent les précieuses promesses da Seigneur pour sa conservation , sa perpétuité, sa protection et sa gloire finale.

Quoi que ce soit, dit Hooker, que nous lisions dans les Ecritures concernant l'amour incessant et la miséricorde que Dieu montre à ses Eglises, se rapporte à celte Eglise invisible comme à son propre objet ; on doit proprement la désigner sous le nom du corps mystique de Christ. Qudque petite et méprisée que ^oit cette Eglise dans le monde, elle est

DB xÊscs-cmnsT* 9

préeiense et honorable aux yeux de Dîeù* Le temple de Salomoa dans toute sa gloire était chélif et méprisable, comparé a cette Eglise b&tie sur le roc. »

Ghers amis, je vous eugage donc à avoir une saine doctrine au sujet de l'Eglise. Une méprise ici peut conduire à des erreurs dangereuses, et causer la ruine des âmes. L'Eglise, composée de vrais âdëles , est celle pour laquelle les ministres doivent avant tout prêcher.

L'Eglise qui comprend tous ceux qui se repentent et croient à l'Evangile, est celle à laquelle nous désirons que vous apparteniez. Notre tâche n'est pas finie , et nos cœurs ne sont pas contents jusqu'à ce que vous soyez devenus de nouvelles créatures et membres de la seule véritable Eglise ; car en dehors d'elle, il n'y a pas de salut.

Je passe au second point sor lequel je

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me suis proposé d'attirer votre attenlioD.

ïiolre texle ne parle pas simplemeat d'un édifice, mais dlun architecte. Le Seigneur Jésus déclare : « Je bâtirai mon Eglise. »

La véritable Eglise de Christ est l'objet •de la tendre solii<Mtude de toutes les trois personnes de la bénie trinité. Dans TécO"»

^ ndmie de la rédemption , il est hors de tout doute que Dieu le Père, Christ et Dieu le Saint-Esprit sanctifient chaque membre du corps mystique de Christ Le Père, le Fils et le Saint-Esprit, un seul Dieu en trois personnes, coopèrmt aa ^lut de chaque âme sauvée. Celte vérité ne doit jamais être oubliée. Néanmoins, i\ est un sens particulier dans lequel l'as*- <sistance de TEglise repose sur Jésus-Christ.

11 en est tout spécialement le Rédempteur et le Sauveur ; c'est pour cela qu'il a dit : « Je bâtirai , » c'est-à-dire l'œuvre de la construction est ma tâche spéciale.

Cest Christ qui appelle les membres de l'Eglise dans le temps voulu ; ils sont

m iÈam-Qsmsgt. 4f

« les appelés de Jésus^rist (Rom.» 1, €). » Cest Christ qui les vivifie : a Le Fils donne la vie à qui il veut (Jean , Y, $11). » Cest lui qui lave leurs péchés :

4^ II nous a aimés , et nous a lavés de nos péobés dans son propre sang (Apoc., 1^ * . S). » Cest lui qui leur donne la paix :

4c Je vous donne la paix, je vous donne ma paix (Jean, XIV, 25). » 11 leur donne îa vie éternelle : « Je leur donne la vie éternelle 9 et ils ne périront jamais (Jean, ,X, 28). » C'est lui qui leur accorde la r^entance : « Dieu Ta élevé pour être prince et Sauveur, pour donner la repen^ tance el la rémission (Actes, V, 31). »

Cest Christ qui les rend enfants de Dieu :

<i A tous ceux qui Tout reçu, il leur a donné le droit d'être faits enfants de Dieu (Jean, 1, (2). » Cest lui qui avance eu eux l'œuvre qu'il a commencée : « Parce que je vis, vous vivrez aussi (Jean, XiV, 49). » Enfin, il a plu au Çère que toute plénitude habitât en lui. Il est Tauleur et le consommateur de

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)a foi. De lui , chaque membre de son corps mystique reçoit ce qui lai est nécessaire. Par lui , tous sont fortifiés pour raccomplissement de leurs devoirs. — Par lui 9 ils sont préservés de chute* il lea conservera jusqu'à la fin , et les présentera sans tache devant le trône du Père avec une joie extrême. Il est toutes cho* ses, et tout , en tous ceux qui croient.

Le puissant agent par lequel le Seigneur Jésus-Christ avance son œuvre dans les diverses Eglises est, sans aucun doute, le Saint-Ësprit, C'est lui qui applique à l'âme, Christ et ses bienfaits..

C'est lui qui renouvelle, réveille, convainc, conduit à la croix, transforme et retire du monde pierre après pierre pour les ajouter au mystique édifice.

Mais le grand , le principal architecte , qui a entrepris d'exécuter Fœtfvre de la rédemption et de l'amener à sa per/ec* iion, c'est le Fils de Dieu, la Parole faite chair y c'est Jésus-XUhrist qui Ta con- ;rtruite.

DB JfiSUS-GHRIST. 4 S

En bâtissant la véritable Eglise ^ le Seigneur Jésus daigne employer plusieurs instruments subalternes. Le ministère de l'Evangile, la circulation des* Ecritures, la répréhension amicale, . la Parole prèchée à propos , — les appels* résultant des afflictions : — toutes ceschoses sont autant de moyens propres à avancer son œuvre. Mais Christ est 1er grand surintendant, l'architecte, pré-^ parant, ordonnant et dirigeant tout ce qui est fait. — Ce que le soleil est au système solaire. Christ Test pour chaque membre de la vraie Eglise. Paul peut planter, Apollos arroser , mais Dieu seul donne l'accroissement. Les ministres prêchent, les auteurs écrivent, mais Christ seul bâtit ; et s'il ne bâtit , Vœuvre reste stationnaire.

Tout ce que fait Jésus en bâtissant son Eglise, est empreint d'une grande sagesse. Tout est fait dans son temps et à propos. Chaque pierre de son édifice est mise à la place qui lui est propre. —

44 LÀ TËaiTABLE ËGUSE

Quelquefois il choisil les plus grandes, <|tteIquefois les plus petites. — ParAns Touvrage avance vile^ d'autres fois, lente* menl. L'homme est fréquemuienl impatient , et il pense que rien n'avance; . mais la mesure du temps pour l'homme fi^est pas la mesore de Dieu. Mille ans sont à ses yeux comme un jour. Le grand archilecte ne fait pas de méprises. — 11 sait ce qu'il va faire. U travaille sur un plan parfait, inaltérable, d'une exécu* tion certaine. Les plus sublimes conceplions d'un Michel-Ange et d'un Wren (4) ne sont que des jeux d'enfants, en corn* paraison des sages conseils de Christ re* ialivement à son Eglise.

Christ déploie une grande condescen«* ^ance et beaucoup de compassion dans la conslruclioD de sou Eglise. Souvent il a choisi les matériaux les plus grossiers et ^n apparence les moins convenables, et

(t) Fameux architecte qui a bâti TEglise ^ Sainli^ l^aul à Londres, etc.

les a rendus propres à faire le plos «cel* lenl ouvrage.

II ne méprise ni ne rejette personne , en raison d'anciens péchés on de transitassions passées. — Il se plaît dans la miséricorde. Il prend soavent les plus négligents et les plus irréligieux» pour les transformer et en faire les angles les plus polis de son temple spirituel. Christ a déployé un grand pouvoir en bâtissant son Eglise. Il continue et avance son œu^ vre en dépit de Topposition du monde , 4e la chair et du démon. Dans l'orage et la tempête, au travers des temps fâ-»

cheux, silencieusement, sans bruit, doueement et sans effort, sans excitation, l'édifice avance, comme le temple de Salomon. Il déclare : « Je travaillerai et personne ne m'en empêchera. »

Les enfants de ce monde ne prennent que peu ou point d'intérêt à la oonstnic* tion de cette Eglise. Ils se soucient peu de la conversion des âmes. Que sont à leurs yeux les eisprits brisés et les oœa»

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repentants I — Ils sont une folie pour eux.

Mais pendant que les enfants du monde ne s*inquiëtent de rien, il y a de la joie en la présence des anges de Dieu. Les lois de la nature ont été souvent suspendues pour la conservation de cet édifice, et tous les actes providentiels de Dieu dans ce monde sont réglés et ordonnés pour le bien de cette Eglise.

Pour rameur des élus , des guerres ont été arrêtées, et la paix donnée à une nation. Les hommes d*Etat , gouverneurs, rois, empereurs, présidents et cheCs des gouvernements, ont leurs projets et leurs • plans auxquels ils attachent une grande importance. Mais il y a une autre œuvre qui s'avance incessamment, pour laquelle ils ne sont que des haches et des scies dans les mains de Dieu. Cette œuvre consiste à rassembler et à réunir toutes les pierres vivantes , pour en faire la seule véritable Eglise. Combien peu la Parole de Dieu nous parle*t-elle des hommes inconvertis, en comparaison de ce qu elle

nous rapporte des croyants. L'histoire de Memrody le plus grand des chasseurs, nous est transmise en quelques mots, tandis que celle d'Abraham, Je père des croyants , occupe plusieurs chapitres. — Rien dans l'Ecriture n'est aussi important que ce qui concerne la véritable Eglise. Le monde occupe peu de place dans la Parole de Dieu , mais l'Eglise ei son histoire en occupent une grande.

Rendons grâces à Dieu à jamais, de ce que Fédifice de la seule véritable .

Eglise est mis a la charge d'un être qui est tout*puissant. Bénissons Dieu de ce qu'il ne repose pas sur l'homme, — de ce qu'il ne dépend ni des missionnaires , ni des ministres ou des comités. Christ est son tout-puisant architecte. Il avancera son œuvre. Quoique les nations et les Eglises visibles ne connaissent pas leur devoir ou le fassent imparfaitement , Christ ne fera jamais défaut. Celui qui a entrepris Toeuvre, raccot»pUra cerlai-^ neodenL

18 LA irfilUXABU iGUSB

Je passe à mon troisième point pour <x>nsidérer le fondement eur lequel cette Eglise repose. Le Seigneur Jésus-Christ nous dit : « Sur celte pierre je bâtirai mon Eglise. »

Quelle fut la pensée de Jésus-Christ ^uand il parla de ce fondement t En-* tend-il désigner l'apôtre Pierre avec lequel il s'entretenait dans ce moment*là Y Certainement non 1 S*il eût voulu désigner Pierre , pourquoi n'eût-il pas dit :

Ce$t sur toi que je bâtirai mon Eglise. — • Il lui eût tout aussi bien dit : Cest sur toi^ que quand il lui dit : « Je te donnerai les clefs. » Non I ce ne fut pas à la personne de Pierre qu'il pensa, mais à la confession que l'apôtre venait de faire; ce n'était pas à Pierre, cet homme étourdi et inconstant, mais à la poi^ santé vérité que le Père lui avait révé* lée. C'était la vérité concernant Jésus-»

Christ lui-même qui était ce roc. C'était Torfice de Christ comme médiateur et Messie. C'était la bénie vérité , que ié^ sus était le Sauveur promis, notre sûreté et le véritable intercesseor entre Dieu et Thomme. C'est là la pierre et le fondement sur lequel TEglise de Christ devait être bâtie.

Mais ce fondement coûta cher* Il falktt que la Fils de Dieu prtt sur lui notre * nature, qu'il y vécût, y souffrit et mourût , non pour ses péchés , mais pour les ii6tres. 11 fallut que dans cette même iialure, Christ fût enseveli et qu'il ressuscitât ; qu'il montât au ciel et s'asâtt à la droite de Dieu, après avoir obtenu rélernelle rédemption de son peuple. — Aucun fondement, autre que celui-là, n'eût pu supporter le poids de cette Eglise dont parle notre texte. Aucun autre n'eût pu satisfaire au besoin d'un monde de pécl^eurs.

Ce foodemeiit une fois obtenu, est très-solide j il peut porter le poids des

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péchés du monde entier. — £t il a porté les péchés de tous ceux qui ont cru et qui ont bâti sut* lui. Péchés eu pensées et en imaginalion, péchés du cœur et de la tète, péchés que chacun a pu voir et péchés contre lui et contre les hommes que Dieu seul connaît , péchés de toute espèce, ce fondement a pu les porter tous sans céder. L'office de médiateur de Christ est un remède suffisant pour tous les péchés de tout le monde.

Chaque membreMe ia véritable Eglise de Christ est uni à ce fondement. Les fidèles sont en dissentiment, en desaccord sur plusieurs points. Mais quant au fondement de leurs âmes , ils n'ont qu'un seul sentiment. Ils sont tous fondés sur le roc. Demandez-leur où ils ont obtenu celte paix, cette espérance et cette attente joyeuse des choses à venir.

Vous verrez que chez tous, ces convictions découlent d'une seule puissante vérité, que Christ est le médiateur entre Dieu et l'homme ; et cet office , Christ le

DB JÉSUS-CHRIST. Sf

remplit comme le saint sacrificateur et la caQtbn des pécheurs.

Ce point demande notre attention personnelle. Sommes-nous sur la pierre, et joints réellement au seul fondement? Voici ce que disait le savant et pieux archevêque Leighton : « Dieu a placé celte pré* cieuse pierre., afin que les pécheurs fatigués puissent se reposer dessus. Quant à la multitude de ceux dont la croyance est l'effet de rimagination, ils se couchent autour d'elle, mais* ils n'en sont pas meilleurs, pas plus que les pierres déposées en tas près du fondement , mais qui né lui sont pas encore unies , ne sont le fondement. Il n'y a pour nous aucun bienfait en Christ , si nous ne lui sommes unis. D

Regardez donc, chers amis , sur quoi pose votre fondement, pour savoir si vous êtes ou non membres de la seule véritable Eglise. Cesl un point que vous pouvez connaître par vous-mêmes. Quant à nous , nous pouvons vous voir assister

22 LA YiaiTAEUI fi6U9£

au culte public, mais non savoir si vous êtes personnellement fondés sur le roo.— Nous pouvons de même vous voir assis à la table du Seigneur , mais ce que uou»

ne pouvons pas juger , c'est si vous ôtes^ unis à Christ, un avec Christ, si Chdst est en vous. Mais tout cela paraîtra une fou^.

au grand jour où les secrets des cœurs se-^ ront dévoilés. Vous assistez régulièrement à l'Eglise, vous aimez votre livre de prière^ vous êtes empressés à profiter de tous les moyens de grâce qtle votre Eglise vous offre. Tout cela est bien et bon , autant qu'on en peut juger. Mais en môme temps 9 prenes garde de ne pas faire de méprise sur votre propre salut. Voyez si votre dme repose sur le fondement.

Sans cela 9 tout le reste n'est rien. Sans cela , vous ne subsisterez point au jour du jugement. U sera mille fois meilleur en ce jour-là d'être trouvé dans une chaumière bfttie sur le roc que dans un palaie bâti sur le sable*

Ea quatrième lieu , je parlerai des^ épreuves et des dangers auxquels l'Eglise est exposée et que meatiooue notre texte.

Il y est fait mention « des portes de Tenfer. » Par celle «pression ^ nous avons l'habitude de désigner la puissance da diable»

L'histoire de la véritable Eglise de Christ se compose tout entière de combats et de guerres. E116 a été constamment attaquée par un ennemi mortel, par Satan , le prince de ce monde. — Le diable^ bail la vraie Eglise de Christ dune haine sans limites et sans fin. Il est toujours en violente opposition avec tous ses mem*bres. Il excite toujours les enfants de ce monde à foire sa volonté , à faire le m^ï et à tourmenter le peuple de Dieu. S'il ne peut lui briser la tête , il le blessera au talon. ^1 ne peut empêcher les fidèles d'aller au ciel 9 il les tourmentera pendant tout le chemin.

âi LA YËEITABLE ÉGUSB

* Son inimitié dure depuis six mille ans et ne s'est jamais ralentie. Des millions d'incrédules ont été les agents du diable et fait ses œuvres, quoiqu'ils ne s'en doutassent pas. Les Pharaon , les Hérode , les Néroû , les Julien » les Dioclétien , la sanguinaire Marie, — qu'étaient-ils , sinon des ouvriers de Salan, quand ils persécutaient les disciples de Jésus* Cibrist ?

Etre en guerre avec les puissances de l'enfer a été l'expérience du corps entier de Christ. Il a toujours été un buisson enflammé, quoiqu'il ne se soit jamais consumé. — 11 a été la femme fuyant dans le désert j sans être jamais engloutie. Les Eglises visibles ont eu leurs temps de prospérité et de paix ; mais il n'y a jamais eu ni trêve ni paix pour la véritable Eglise. Sa lutte est continuelle , ses combals ne finiront jamais.

Etre en guerre avec les puissances de Tenfer est l'expérience de tous les membres de la véritable Eglise sans excep-

DE JÉSU&-CHR18T, 2S

tion. Chacun a à combatlre. Que sont les vies de tous les saints, sinon des récits de batailles ? Qu'étaient des hommes tels que Paul et Jacques, Pierre et Jean, Polycarpe et Ignace , Augustin et Luther , Calvin, Latimer et Baxter, qu'étaient-ils, sinon des soldats engagés dans une guerre incessante? Us ont été parfois atteints dans leur vie , et d autres fois dans leurs biens. Quelquefois , ils ont été poursuivis par des calomnies et des médisances , et d'autres fois par une persécution ouverte ; mais soit d'une manière soit de l'autre , Satan n'a jamais cessé de faire la guerre à l'Eglise. « Les portes de l'enfer »

ont constamment attaqué le peuple de Christ.

Hommes frères qui parcourez ces feuilles , nous qui vous prêchons l'Evangile , nous pouvons offrir à ceux qui viennent à Christ les plus grandes et les plus précieuses promesses. — Nous pouvons leur offrir hardiment , au non^ de notre Maître, la paix de Dieu qui passe

26 LU YÉRITAELB ÉGU8B

toute inlelligeoce , la miséricorde y la pure grftce; rentier salut est offert à tout être qui croit en Jésus-Christ. — Mais nous ne pouvons leur promettre de paix ni avec le monde ni avec Satan, aussi long« temps qu'ils seront dans ce corps mortel.

Nous ne voudrions pas, chers amis , vous retenir ni vous détourner du service de Christ ; mais ce que nous voulons , c'est que vous fassiez votre compte et que vous compreniez bien à quoi le service de Christ vous oblige et vous expose.

L'enfer est derrière vous , le ciel devant vous. La maison paternelle est sur le bord opposé d'une mer agitée. Des milliers et des millions ont traversé ces eaux tourmentées par Torage , et en dépit de toute opposition , ils ont atteint le port qu'ils désiraient. L'enfer les attaquait , mais n*en a pas triomphé. — EA avant donc , chers amis , ne craignez pas l'adversaire. Demeurez seulement en Christ et la victoire est certaine.

Me soyez pas surpris de celte inimitié

DS JËSl]^GHEIST« 27

des portes de l'enfer. « Si vous étiez du jnonde, le monde vous aimerait comme étant de lui. » Aussi longtemps que le monde est monde et que Salan est Satan, la guerre doit durer et les fidèles en Christ être des soldats. Le monde haïssait Christ, et il haïra les vrais chrétiens tant que le monde subsistera. Gomme disait le grand Luther : « Caïn continuera à être le meurtrier de son frère Abel aussi longtemps qu'il y aura une Eglise sur la terre. »

Préparez-vous donc à subir l'inimitié des « portes de Tenfer, » Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu. La tour de David contenait un millier de boucliers tout prêts au service du peuple de Dieu. Nos armes de guerre ont été éprouvées par des millions de pauvres pécheurs semblables à nous , et aucune ne s'est trouvée d'une mauvaise trempe.

Supportez avec patience l'inimitié des portes de l'enfer. Toutes ces choses con* <>ourenl ensemble à votre bien. Elles ten-

28 LA YÉaiTABLB ÉGLISE

deat à votre sanctificatioD. Elles vous tiennent éveillés, vous rendent humbles, vous rapprochent du Seigneur Jésus^ Christ. Elles vous détachent du monde, elles vous poussrat à prier tous les jours davantage. Par-dessus tout, elles vous font languir après le ciel et dire du cœur aussi bien que des lèvres : « Seigneur Jésus , viens , viens bientôt. »

Ne vous laissez pas abattre par rinimi* tié de l'enfer. L'état de guerre, pour le véritable enfant de Dieu , est autant une marque de la grâce que de la paix intérieure dont il jouit. Point de croix, point de couronne ; point de combat , point de* christianisme sanctifiant. « Vous serez bien heureux, dit Jésus-Christ, quand les hommes vous injurieront et vous persé*cuteront, quand ils diront toute sorte de mal de vous faussement pour l'amour de moi. »

11 nous reste encore une chose à consi-

dérer, ce sont les garanties de sécurité que possède le véritable ËgUse de Christ.

Il y a à cet égard une glorieuse promesse faite par le puissant Architecle : (c Les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle, Celui qui ne peut mentir a donné sa parole royale que toutes les puissances de l'enfer ne renverseront jamais cette Eglise. Elle durera et subsistera debout y en dépit de toute attaque.

Elle ne sera jamais vaincue. Toutes les autres choses créées périront et disparaîtront, mais non l'Eglise de Christ. La violence du dehors ou lés signes d'une décadence intérieure triompheront de tout le reste ; mais du temple que Christ a bâti ^ jamais.

Des empires se sont élevés, et on les a vus tomber rapidement. Où sont aujourd'hui l'Egypte, TÂssyrie, Babylone, la Perse, Tyr , Carthage, Rome, la Grèce et Venise ? Tous ces empires étaient des ouvrages d'hommes , et ils ont disparu j naais l'Eglise de Christ vit toujours.

30 lA VÉRITABLE ËGLISB

Les plus puissantes cités sont devenues des amas de décombres ; les larges murailles de Babylone couvrent le sol de leurs débris ; les palais de Nini ve sont réduits en poussière; les cent portes do Thëbes n'exisleut plus que dans l'histoire. Tyr est un lien où les pêcheurs étendent leurs filets; Cartbage est une ruine. Cependant , la véritable Eglise est toujours debout. Les portes de Tenfer ne préva« lent pas contre elle.

Les Eglises visibles primitives ont , dans le plus grand nooAre des cas , déchu ou péri. Où est l'Eglise d'Eph^ et celle d'Antioche? celle d'Alexandrie et celle de Constantinople ? Où sont les Eglises de Gorinthe, de Philippes et deThes»

âalonique? Elles s'étaient écartées de la Parole de Dieu. Elles étaient fières de leurs évêques, de leurs synodes , de leurs cérémonies , de leur science et de leur antiquité. Elles n'avaient pas glorifié la vraie croix de Christ ^ — ni tenu haut et 4§Ievé le drapeau de son Evangile. Enfin ,

DE JÉSUS-GHaiST. 31

elles n'avaient pas reconnu toutes les légitimes aUribolioos de Jésas , et leur foi n'avait pas été ce qu'elle devait être. Elles soDt maintenant avec les choses qui ne sont plus* Leur chandelier leur a été en* levé ; mais pendant ce temps la véritable £gUse n'a pas cessé d'exister.

• Cette véritable Eglise a-t*elle été op* primée dans un pays, elle a fut dans ua autre. A-t-elle été foulée aux pieds et vexée dans une contrée, — elle a jelé ses racines et fleuri dans quelque autre climat. Le feu, répée, la prison ^ les amen* des j les supplices — n'ont jamais pu détruire sa vitalité. Ses persécuteurs sont morts , ils sont allés dans leur lieu ; mais •la Parole de Dieu a survécu , elle a crû et s'est multipliée. Si faible que cette véritable Eglise paraisse aux yeux de l'homme, ^le est une enclume qui a usé plus d'un marleau dans les temps passés, et qui ^n usera peut*ètre plusi^Airs encore avant la fin. Celui qui lève la main contre elle touche la prunelle de l'œil de Dieu.

$% LA VÉRITABLE ËGUSB

La promesse de notre texte est vraie da corps entier de la véritable Ëglise; Christ ne sera jamais sans quelques témoins dans le monde. Il a eu toujours un peuple dans les plus mauvais jours. Il y en avait sept mille en Israël du temps d'Âchab. — Et il y en a je crois plusieurs aujourd'hui^ malgré leurs ténèbres, dans le sein des Eglises grecque et romaine , qui, au milieu de beaucoup de faiblesses y servent Christ. Le démon peut être acharné contre elle , et TËglise être considérablement réduite en diverses contrées ; mais les portes de l'enfer ne prévaudront jamais entièrement,

La même promesse Rapplique également à tout individu membre de ces Eglises ; plusieurs enfants de Dieu sont tombés bien bas» tellement qu'ils désespéraient de leur salut. Quelques-uns ont fait de tristes chutes, comme David et Pierre* Quelques-uns ont renié leur £oi pendant un temps, comme Cranmer et Jewell. lyautres ont été éprouvés par des

craintes et des doutes cruels. — Mais tous 9 à la fiOy sont arrivés sauis au port : les plus jeunes comme les plus Tiaux, les plus faibles comme les plus forts } et il en sera de même jusqu à la fin. Pouvez-vous empêcher le soleil de se iever demain , ou la marée de monter et de redescendre dans le canal de Bristol?

Pouvez-vous empêcher les planètes de se mouvoir dans leurs orbites respectifs? De même vous ne pouvez empêcher le salut d'aucun fidèle , quelque faible qu'il soit^ d'aucune pierre vivante de cette Eglise qui est bâtie sur le roc , quelque petite et insignifiante que semble être cette pierre.

La véritable Eglise est le corps de Christ. Pas un os de son corps mystique ne sera rompu. La vraie Eglise «st l'épouse de Christ. Ceux que Dieu a unis par une alliance éternelle ne seront jamais séparés* La vraie Eglise est le troupeau de Christ. Quand le lion vint et enleva une brebis du troupeau de David, il se leva

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et arracha la brebis de sa gueule. Christ fera de même. Il est le fils de David, Il ne périra pas une emle brebis du troa** peau de Christ. Il dira à son Père au dernier jour : « Je n^ai pas perdu un seul de ceux que tu m'as donnés. » La vraie Eglise est le froment de la terre. Elle peut être criblée 9 vannée, souffletée et balloitée ici et là, mais pas un seul grain ne se perdra. La balle et la paille seront brûlées an ieu, mais le blé sera serré dans le grenier. — La véritable Eglise est l'armée de Christ. Le Capitaine de notre salut ne perdra pas un seul de ses soldats. Ses plans^ ne seront jamais dé^ joués; ses ressources, jamais épuisées.

Le rôle de ses soldats sera le même à la fin comme au commencement de la bataille. Parmi nos compatriotes qui sont partis, il y a peu d'années, pour la Crimée, combien qui n'en sont jamais reve-> nus ! Des régiments entiers , qui partaient musique en tète et bannières déployées , ont laissé leurs os sur la terre

étrangère et n'ont plus revu leur patrie; mais il n'en est pas ainsi de l'armée de Christ. — Pas un seul de ses soldats ne manquera à l'appel à la fin. Il le déelare lui-même : « Ils ne périront jamais. »

Satan peut jeter en prison quelques mmdbres de la véritable Eglise. Il peut les tuer 9 les brûler, les torturer et les pendre ; mais après avoir tué le corps , il ne peut rien faire de plus. — > 11 ne peut faire aucun tort à l'âme. Lorsque les troupes françaises prirent Rome , il y a quelques années, ils trouvèrent sur les murs d'un cachot de l'inquisition quel-* <pies paroles écrites par un prisonnier.

Quel était ce prisonnier? Nous rignorons, mais ses paroles méritent d'être rappelées. Quoique mort, il parle encore par elles. 11 avait écrit , probablement après une injuste condamnation, et peut-être encore plus injuste excommunication , ces paroles remarquables : « Béni Jésus, ils ne peuvent pas m'arracher à ta véritable Eglise. » Et rien n'est plus vrai ^

3t6 LA YÉRITABLE ÉGLISE

toute la puissance de Satan ne peut enlever à la véritable Eglise de Christ un seul fidèle.

Les enfants de ce monde peuvent faire une guerre cruelle à TËglise , mais ils ne peuvent empêcher l'œuvre de la converision. On raconte que Fempereur Julien , dans les premiers temps de FEglise , pro* fera ces paroles ironiques : « Que fait maintenant le Bis du charpentier ? » Un chrétien âgé lui fit la réponse suivante :

« Il est occupé à préparer .le cercueil de Julien lui-même. >> Et quelques mois s'étaient à peine écoulés quand Julien , avec toute sa pompe et sa puissance , fut tué dans une bataille. Où était Christ quand les bûchers de Smithfield furent ^allumés, et que Latimer et Bidiey périrent sur Vécheftaudl Que faisait Christ alors? Il avançait l'œuvre de construction de son Eglise. Cette œuvre se poursuivra toujours , même dans les temps les plus agités et les plus mauvais.

Ne craignez pas , chers amis , de com«*

mencer à servir Christ. Gelai auquel vous confiez vos Ames a toute puissance au ciel et sur la terre , et il vous gardera, n ne permettra pas que vous périssiez Jamais. Vos parents peuvent vous faire opposition, vos voisins se rire de vous.

Le monde peut vous calomnier et ricaner j mais ne craignez rien , les puissances de l'enfer ne prévaudront jamais sur votre âme. Celui qui est pour vous est plus grand qw tous oeux qui scmt ooa-> tre vous.

Eglise de Ohrist, ne crains rien , quand tes ministres meurent et que de saints hommes sont retrancl^és 1 — Christ suffira to^iirs à défendra sa propre e»use.

Il suscitera de meilleures et plus brillan«tes étoiles; leurs astres s(nM dans sa main droite. Cessez de vous inquiéter sur votre avenir; cessez d'être abattus par ies mesures des hommes d'£tat ou par les complols des loups recouverts de peaux de breÛs. Christ prendra sem que les portes de Tenfw ne prévalent point contre

son Eglise. Tout va bien , quoique vos yeux soient encore retenus et ne puissent pas le voir. Les royaumes de ce monde deviendront bientôt les royaumes ée notre Dieu et de son Christ.

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