PREFACE VII
qui nous manquent encore. Îl y faudra du recul, il y faudra surtout l’étude désintéressée des pièces dont l’immense dossier se prépare. Et je voudrais uniquement apporter ma coniribution à ce dossier, laisser mon témoignage, dire ce que J'ai su, ce que j'ai vu et entendu, dans le coin de l’affaire où J'ai agi.
En attendant, je me contente donc de réunir dans ce volume les articles déjà publiés. Je n’en ai naturellement pas changé un mot, les laissant avec leurs répétitions, avec leur forme dure et lâchée de pages écrites à la volée souvent, en une heure de fièvre. J’ai cru seulement devoir les accompagner, aux versos des faux titres, de petites notes, où j'ai donné les quelques explications nécessaires, pour les relier tous, en les remettant dans les circonstances qui m'ont amené à les écrire. De cette façon, l’ordre chronologique est indiqué, les articles reprennent leur place à la suite des grandes secousses de l'affaire, l’ensemble en apparaît nettement, dans sa logique, malgré les longs silences où je me suis enfermé.
Et, je le répète, ces articles ne sont eux-mêmes qu’une contribution au dossier en formation de l’affaire Dreyfus, les quelques documents de mon action personnelle, dont j'ai tenu à laisser le recueil à l’Histoire, à la Justice de demain.
Emize ZOLA.
Paris, le 1®7 février 1901.
L'Affaire Dreyfus
La vérité est en marche et rien ne l’arrêtera.
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