LES ORIGINES
C'est d'une petite imprimerie du boulevard Saint-Germain, où s'éditait alors un journal littéraire d'avant-garde, que sortirent les Déliquescences de Vicaire et de Beauclair, aimable parodie faite pour « embêter » les camarades, et dont on sait le succès inouï et inattendu ; les auteurs en restèrent stupéfaits et se refusèrent à une lucrative réimpression de la plaquette, en face du torrent de sottises inopiné-
ment déversé sur de tranquilles écrivains, leurs amis.
C'est de cette imprimerie de Lutèce que sortirent également les premiers volumes de la nouvelle « Ecole » (!) : Les Syrtes, les CantiVcnes, les Coirfplaintes, les Lendemains, Y Imitation de Notre-Dame la Lune, Sur le Vif, etc., presque tous édités par l'infatigable Léon Vanier.
La chose était des plus simple : un clan de poètes très divers de talent et d'inspiration, sans théorie ni foi commune si ce n'est qu'ils aspiraient tous à une rénovation de la forme poétique, se trouvaient groupés par les hasards de la publicité dans les colonnes d'un même journal hospitalier et dans la devanture d'un même éditeur.
La presse, dès le début fort mal renseignée et leurée par les Déliquescences jusqu à pren-
dre cette parodie au sérieux, brouilla si bien les choses, ouvrit si facilement ses portes aux plus fantaisistes inventions et mit au jour de si bizarres personnalités, que la Réclame, flot bourbeux d'encre, passa par dessus la tête des vrais et primitifs artistes pour porter à la célébrité tous les ratés de la Banlieue et tout le bas-fond de la Tjêtise écrivassière — ; Il est temps de le dire !
Fiat lux !