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LA QUESTION MÉTISSE - : 68 a. : “ . [ . È # velés.)" Ils ont été les ambassadeurs entre l'est et l’ouest, les “interprêtes de la civilisation et de ses exigences vis à-vis de # ceux qui habitent la prairie, tout cômmé-ils ont dit aux “blancs, quelle est la considération instement due aux suscep- “ tibilités, à l'amour-propre si sensible aux préjugés, au désir ‘ inné de justice de la race sauvage. {(Applaudissements con- + tiuués) De fait, les Métis ont fait pour la colonie ce qui ne se “ serait pas accompli sans eux; ils ont établi entre la popu-
“lation blanche et-indienne, des sentiments-traditionnels de
.- bon vouloir et d’amitié,qu'il n'aurait pas été possible d'établir “sans eux. (Applaudissements).” | Si les parolès précédentes avaient été mieux.comprises, si la ligne de conduite qu'elles semblent indiquer avait été suivie, le -pays n'aurait pas eu à déplorer les maux qui sont venus fondre
sur lui, Quand Lord Dufférin a visité Manitoba, ‘heureusement : ut l'honneur des Métis, il n’y avait-pas de chars palais. Son .
cellence a dû voyager comme on voyageait alors et ‘tout naturellement, il a voyagé avec des-Métis. Avec eux, il a par-
couru l2 prairie, il a traversé la forêt, il a connu 12 charretteet le canot d'écorce, il n’a pas dédaigné de parler avec ses guides. -
Sachant le français, il n’a pas eu besoin d’interprète; intelligent, il a compris la popu
pays et aux aviseurs des représentants de Sa Majesté: voici le passé des Métis, leur atilité, quelques-unes de leur nobles qua-
tés; voyez ke que vous devrez faire à l'avenir. Les suggestions :
du grand diplomate n’ont pas été comprises. On a mieux aimé continuer sur le ton donné par le soldat houreux qui est entré au Fort Garry longtemps après-que les. Métis lui en avaient ouvert les portes. |
Le colonel Wolseley avait traité les Métis de “ bandits et de lâches.” Cette stupide assertion (c’est l'appréciation qu'en a fait
le ministre de la milice d'alors) a fait son chemin. Un grand”
nombre de journaux ‘l'ont répétée, les officiers de tous grades s'en sont inspirés; et au lieu de rendre aux Métis la justice à laquelle, ils avaient droit, on en à souvent onblié, à leur égard, les, prescriptions les plus élémentaires: Au lieu de les traiter comme des gentilshommes traitent tout le monde, on s'est permis à leur égard des grossièretés et des insolences capables de blesser les susceptibilités les’ plus légitimes. Un rude et dédaigneux: I don't talk french, a souvent été l'unique réponse
à des demandes légitimes. On a oublié qu'étant les enfants du
sol, ils avaient des droits particuliers. Si, au moins, on avait voulu 8e souvenir qu'étant le lien naturel, les intermédiaires les plus efficaces entre les sauvages et les blancs, leur concours
était comme nécessaire! Au lieu de se rappeler ce que dit Lord.
tion ; homme d'état, il a dit aux.
4f à | 64 Le ÉTUDE sUR
Dufferin et ce qui est vrai, en parlant de la paix qui régnait dans le pays, on a invoqué une prétendue Canadian Policy with the Indians, qui n'existait que dans l'imagination, puisque, en , réalité, le Canada ne fait que d'entrer en relations avec nos saüvages, Les tristes événements de cette année prouvent jusqu’à l'évidence, que ce sont les Métis qui maintenaïent les tribus indiennes dans leur attitude pacifique, À la première rameur LT de rupture entro les Métis et les autorités, les Sauvages se sont ° soulevés ; ils se soulèveront encore si des circonstances ana. logues se reproduisent. | : . TT Quant à la question de la prétendue lâcheté des Métis, je crois
qu’elle a été résolue amplement! Après.ces réflexions et ce qui a été connu officiellement, il m'est impossible d’exonérer les autorités de toute’ responsabilité. Depuis quinze ans, on aurait dû faire autrement qu'on n'a fait, Je le répète, je ne suis
as homme de parti politique, mais je crois que les Seux partis ont leurs responsabilités. On aurait dû et on aurait pu prévenir les troubles, ‘Que n’a-t-on écouté ceux qui les prévoÿaient et qui en ontaverti qui dedroit? Nos hommes d'Etat ont mon respect, mais, l'erreur est trop commune parmi les hommes pour-croire qu'ils-ne pourront pas souffrir qu'une voix amie leur dise, qù'ils se sont trompés. D'ailleurs, la justice veut. qu'on se souvienne qü'ils ne sont pas les seuls coupables. Les banquettes ministérielles 8oné an nombre de treize, mais les cn
t banquettes parlementaires se chiffrent par près de trois cents. , Hi est sans doute pénible et humiliant-de savoir, que des Mi- . aistres de la Couronne ont pu affirmer officiellement qu'il ne s'était jamais fait de démarches en faveur des Métis,-aoit par
‘eux-mêmes, soit par leurs .amis, mais d'un autre côté, i È—— à -
aussi bien pénible de savoir que les voix isolées qui se sont fai entendre dans les deux chambres de notre Législature, n'ont trouvé un appui assez influent pour forcer à l'étude appro-
fondie de la situation et des moyens de remédier à ce qu'il y
avait de défectueux. Dire qu'il n'a fallu rien moins que l’effusion diisang et la dépense de millions, poùr faire comprendre à ceux qui s'occupent de Ja chose publique, à quelque titre que ce soit, que non-seulement le Nord-Ouest est un vaste pays, mais qu'il y à à de vastes questions sociales, qui. sont loin d'avoir reçu une solution satisfaisante.
On parle beaucoup de la puissance de la presse. C’est en effet, un très puissant levier. Mais les aborigènes de ce pays. ont le droit de se demander si tous les organes de la publicité leur ontété utiles, En Canada, règle générale, les journaux se rédigent au point de vue de l'intérêt des partis politiques. Les uns attaquent le gouvernement sans la modération nécessaire
Es
ge +
“continent. Ils se considèrent eux-mêmes, et non sans raison, ,
poux produire un bon résultat, D'autres, au contraire, le lonent avec une ardeur encore plus regrettable que les attaques, Dire qu'aujourd'hui, il y a des journaux qui pour déplacer la responsabilité veulent rendre le vénérable Monseigneur Gran-
. din, 6es dévoués missionnaires et moi-même responsables des fautes commises à l'égard des Métis! . " ‘
Ces assertions ridicules et mensongères font plus de tort que de bien à ceux que l'on vout-servir et par suite, sont très dommageables aux intérêts publics. DS
- Les SaAuvAGES
- En commençant à parler des Métis j'ai été boureux d'invoquer, en leur fhveur, le témoignage de Lord Dufferin. En parlant des Sauvages, j'éprouve une joie analogue, puis-
‘ qu'il m'est permis de citer les paroles d'un autre représentant
de notre Gracieuse Souveraine. Le marquis de Lansdowne a voulu voir les Sauvages, leur parler, les enténdre et voici les nobles paroles, que ces conversations lui ont inspirées, d'après la traduction que j'ai sous les yeux: “ I] est impossible de ren-
. “contrer ces pauvres gens ét d'entendre leurs dires, sans res-
“ sentir une vive sympathie pour eux, vu la situation actuelle “où ils se trouvent, Ils sont les habitants originaires de ce
“comme légitimes possesseurs du sol. Aussi, il'ne faut pas “ être surpris de voir ces pauvres Sauvages, maintenant que le
. “buffle, de l'existence duquel dépendait leur existence, depuis nombre d'années, est presque complètement disparu, se livrer)
sur
‘ de temps à autre, à une sorte de désespoir, cela, surtout lors-
‘“qu'ils voient, comme ils le disent eux-mêmes, les - blancs: “ s’enrichir-d’année en année, et eux, au contraire, devenir de
. plus en plus pauvres. Ce nést pas-ici l'endroit de discuter : LA
a question du titre qu'ils prétendent avoir äux terres du
“Nord-Ouest. La valeur de ce titre, ne se résume pas-tant..|
“à une question légale, qu'à un droit moral que possèdent ces
“pauvres gens, de recovoir un traitement équitable de ceux qui: “ ont répandu dans ce pays, le flot irrésistible de la civilisation,
‘ devant lequel ces races primitives ont dû céder le pas et
# reculer.” ‘ :
Ces paroles ont été prononcées par le gouverneur-général, à .
Winnipeg, le 22 octobre dernier, J'ai eu le plaisir de les entendre. . L'émotion de Son Excellence était si profonde qu’elle se trahissait dans sa voix. Ces paroles si sympathique#fürent vivement applaudies, On: voyait l'homme intelligent qui a
compris la gravité d’une question ot l'homme de cœur, épris
nnreeré
ti
« ; : e. " d’un généreux enthousiasme pour des êtres humains que notre
civilisation tant vantée ne sait que reculer en attendant qu'elle
les détruise. ue
réfléchir et sentir. ‘ Les sauvages du Nord-Ouest! Voilà une classe d'hommes
bien pou comprise du peuple canadien en général'et qui ne le
sera jamais entièrement que par ceux qui parlent leur langue, ni ont vécu avec eux eb qui leur ont voué leurs sympathies,
amais le Canada ne saura quelle épreuve il fait subir aux fiers enfants du désert, en les parquant sur des réserves pour souffrir: les angoisses de la faim et dévorer les répugnances d'une demi-
captivité, ! . -* faut avoir” vu l’indomptable sauvage se dresser au milieu des immenses prairies ; 8e draper avec complaisance, dans sa demi-nudité; promener son regard de feu sur des horizons 8aus bornes; humer-une atmosphère de liberté qui nese trouve nulle part aïlleurs ; se complaire dans une sorte de royauté qui n'avait ni les embarras dé la richesse, ni la responsabilité de la
diguitét +. . - He - Ü faut avoir vu cef infatigable chasseur, élevant jusqu'à une sorte d'enthousiasme ïeligieux, les péripéties, les chances et les succès d'anse chasse qui n’a jamais eu de parallèle! I faut avoir connu ce fl£neur à qui l'abondance permettait de passer [presque toute sa Vie dans uns oisiveté à laquelle le caprice 86 et voir le Sauvage d'aujourd'hui, traînant sa misère; privé de son incomparable indépendance ; dans un état éontindel de gêne
et de demi-jeûne ; ayant ajoaté à ces vices les dégoûtantes, con-
séquences de l’immoralité des blancs! , T1 faut avoir vu tout cela, et l'avoir vu sous l'influence de la
sympathie, pour comprendre tout ce que souffrent les Sauvages aujourd’hui. ee oo, :
Qu'on ne parle pas des traités comme compensation à ce changement. Ces traités, le Sauvage sans culture ne les a pas compris Il ena compris la forme, si vous voulez, mais ‘il n'en a pas saisi la portée, par conséquent n’en à pas accepté les conséquences, Je dis plus, le gouvernement et ceux qui ont fait
offrait des variétés. Oui, il faut avoir vu tout cela
des traités en son nom, n’ont jamais compris eux-même ce qu'ils .
faisaiont, dans ce'sens, du moins, qu'ils n'ont jamais su quelle position inacceptable ils préparaient aux Sauvages, en maintes circonstances. Aussi, volontiers, je dirai, avec Son. Excellence
LA QUESTION MÉTISSE . . '6T le gouverneur-général: “ Il ne faut pas être surpris de voir ces- “ pauvres Sauvages se livrer de temps à autre'à une sorte de “ désespoir.” Les plus stoïciens .ne pourront. s'empêcher de dire que ces Sauvages ont un droit moral à ùn traitement - , équitable.” - ° D 7, . -- C’est'plus le temps que jamais de;penser aux fautes qui ont.
1 été commises à leur égard! On les à laissés en proie aux‘. ne sédactions d'hommes d'une ‘immoralité révoltanté, et gland | ‘ Pattention a été attirée sur ce point, les amis de l'humanité ont eu un regret de plus à enregistrer, par suite les Sauvages ont” conçu un profond mépris pour dès personnes qu'ils auraient eu besoin de réspecter. à 1, LT a
Dans d’autres circonstances-on a dépouillé les Siuvages de 14 — er à pitance qui leur était assignée, ou on la leur ‘a donnée de plus A
“mauvaise grâce qu'on ne sert un chien. On a dit blanc et noir / quand ce n'était ni l’un ni l’autre. L'Indien, qui est beaucoup / plus intelligent qu'on né fait semblant de le croire, 2 senti son / mépris s'augmenter. tt ji fe
‘. :.' ‘ C'est parmi les Sauvages surtout, qu'il est important de faire {
an choix judicieux de ceux qui ontà exercer une autoritéquel. ,’ ., conque. Ce choix, je suis henreux de ledire, est ce qu’il doit‘être ‘ -
‘en maints endroits, et 1a conséquence c'est que là, les Sauvages Ê TO sont satisfaits et le gouvernement a aussi raisonde l'être. - 7 Le
. Rien, absolument rien, ne peut atténuer les massacres du Lac . . | La Grenouille, c’est même une senfimalité exagérée, que de vou- ct loir bläier le gouvernement d’avoir laissé exécuter les auteurs Lo de ces forfaits. e tt Te -* Je ne veux donc nullement justifier les. Sauvages, mais puis. -” : |. qu'il'est À propos que la vérité soit connus, et au risque d'éton- | ner beaucoup, j'affirme que ces massacres n'ont pas été sans ‘ | provocations du moins éloignées. J’invoque le témoignage u
:‘ .* d'une des victimes elle-même. . Le Révd. P. Fafard disait à nù
de ses confrères qui me l’a répété: Unitel est d'une brutalité
. indigne envers les Sauvages. I se fera tuer en quelques jours. Celui dont il était question a été tué et deux généreux miséion-
- maires ont augmenté ‘le nembre des. victimes, qu'ils voulaient
protéger. '. cet
- Un gentilhomme, contre la véracité duquel je ne puis avoir
de doute, m'a assuré à moi-même que des Sauvages lui avait dit en 1884, que tel individu les traitait comme des chiens, et ce dernier aussi a été tué par un. des Sauvages qui se plaignaient
. de lui. . Je dis ces choses, si pénibles à dire, parce que:les deux ‘cas que je cite ne sont pas les seules exceptions aux-bons traitements auxquels ces pauvres ,gens ont un droit moral, et je le dis, puisque je parle pour l'avenir encore plus que pour le passé,
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Sas didier
68 ÉTUDE SUR Les Méris s Î
Bien sûr, personne ne m'accusera de manquer de patriotisme ni de justice, quand j'affirme que je regrette beaucoup, que certains employés n’aient pas été dignes de la confiance que je suis si heureux de voir accorder à d’autres du département indien, qui certainement méritent cette confiance à un haut degré. flatterie, ni hésitation, je dis qu'il y a dans ce département, comme dans les autres, des hommes honorables, dévoués et intelligents ui font du mieux possible, au milieu dés difficultés sans nombre qu'ils rencontrent dans laccomplis-. sement de leurs devoirs. ! |
On a tort de jeter sur les Métis, toute la responsabilité du soulèvement des Sauvages. L'alliance des ans et des autres est naturèlle et doit se produire indépendamment.de toute tentative ad hoc. y 2 entre ces deux races, communauté de langage, d'oïigine, et j'ajouterai de mécomptes,
LA
Düäns la prairie et daus la forêt, le Sauvage a reconnu pa u
supériorité du Métis, sans Ia jalouser, parce que c'était son
parent; anssi, dès que les Métis ont manifesté du mécontents. -
ment, les Sauvages en ont nécessairement tiré une conclusion a fortiori, qui n’a pas pu manquef d’avoir son effet, C’est une .
des raisons pour lesquelles il était si important de ne pas s’alié- : ner l'affection des Métis, maïs, bien au contraire de se les mé-’
nager, comme.intermédiaires efficaces. .
« Non-seulement, les sympathies naturelles des Sauvages pour les Métis se sont manifestées au milieu de nos troubles, mais,
les différéntes nations sauvages ont senti naître cette sympathie les unes pour les autres. . . US +
Les Cris et les Pieds-Noirs se sont poursuivis, pendant des :
générations, d'une haine féroce. Les missionnaires avaient: réussi à diminuer la férocité, sans pouvoir détruire la haïne nationale. Aujouïd’hui, cette haine a fait place à l'amitié. Crow- Foot pleure la captivité de Pound-Maker et de Gros-Ours. La tribu entière des Pieds-Noirs donnait des signes de peines, quand on lui apprenait la mort d'un Cris on d'un Assiniboine tué à la guerre, le printemps dernier. ‘ RS
Ce seul fait a une portée immense, il indique que les blancs sont devenus l’ennemi commun, le seul ennemi. io
“Ceci” prouve anssi, qu'on faisait un caloul nussi faux que
“cruel, quand on parlait d’armer les Pieds-Noirs contre les Cris.
. Ce procédé n’aurait eu d’autre résultat que de procurer. des armes aux une et aux autres, pour l’anéantissément des blancs : dans le Nord-Ouest. oo a ct
Pai lu ces jours derniers, quelques réflexions qui m'ont paru
+7 l . s um
LA QUESTION MÉTISSE ‘ . ©xf9
* bien étranges. C'était, faut-il le dire, des plaisanteries -sur la pendaison des Sauvages à Battleford.. L'auteur de ces inepties menaçait ni plus ni moins les Indiens du Nord-Ouest de des
- pendre tous, pour leur donner une legon eficace, “ Que le canon.
7 ‘soit la dernière raison des Rois,” c'est déjà assez regrottable ; mais que dire de ceux qui veulent que la corde soit la première
raison de la civilisation chrétienne visarvis de ños Sauvages, à
* Ja première difficulté sérieuse que nous avons avec eux | Avant de terminer ces réflexions, je me crois tenu de dire quelle est pour les Sauvages, l'impression produite sur eux par les événements qui se sont déroulés dans le Nord-Ouest, Je ne sais ‘pas encore, Ce qu'ils pensent des exécutions qui viennent d’avoir lieu, mais je sais bien ce qu'ils pensent du mouvement ‘de nos troupes. - | Le Canada serait dans l'erreur, s'il croyait que les Sauvages ‘ du Nord-Ouest sont terrifiés et qu’ils ont une très haute idéo de nos armements; c’est tout le contraire qui a lien. Co résultat
doit PR mais, quelqu'étonnant qu'il soit, il'a ses dangers
et. il est äfpropos-qu'il soit connu, pour éviter des méprises.
‘Lours RIEL
J'ai promis de dire la vérité sans tergiversation, aussi il me faut aborder le point le plus délicat de la question de'nos troubles et parler de celui qui a été le plus en évidence et que l'on dit résumer toute la situation. Fo
*, Louis Riela été choisi par les Métis commé leur chef. Ils :
sônt allés le chercher sur la terre étrangère; ils l'ont amené au.
milieu d'eux, sur les bords de laSaskatchëwan, Cette demande s'est faite par suito de l'inutilité des efforts tentés par les Métis et leurs amis pour faire reconnaître leurs droits. Les Métis, ne comprenant pas comment on s’obstinait à les ignorer, se sont ersuadés qu'ils étaient joués par ceux mêmes en qui ilsavaient is jusqu'alors leur confiance. Ils crurent que Riel, étant des àyant souffert avec eux et pour eux, mettrait plus de faire valoir leur cause, et par cela même obtiendrait plus ès. Riel særendit à Bâtoche, excité par les uns, sollicité
leià
| parles 10
"eu la population, et, pérsuadé par Cela même d'un succès facile, il
° : comimença uno agitation toujours dangereuse, surtout au miliew d’une population plus prompte à l’action qu'avide de parler.
* . Cetieagitation développa de plufen plus le mécontentement,
: , Des menaces indiscrètes, des vantardises stupides et des entou-
Tag q des plus déplorables, " “ !
crut voir l'unanimité entre toutes les sections de -
éments secrets conduisirent les esprits à un état d'excitation .
“L'assurance qu'on enverrait une Commission nœ fut point
. acceptée; on aima mieux croire à une rameur qui allait à dire
u'au lieu de leur accorder leurs droits, les autorités envoyaient: es fers pour le chef et du plomb pour ceux qui le protégeraient, cette conviction produisit le résultat qu'on devait en attendre.
Les Métis songèrent à la résistance et A se défendre. Mal armés, sans munitions, sans provisions, ils s’emparèrent des magasins qui se trouvaient dans le voisinage, L'attaque inconsidéréo faite contre eux, au Lac des Canards, fut une déclaration de guerre. : ‘ !
La suite de ce drame sanglant occupe le Canada depuis plusieurs mois. Ce, n’est peut-être pas le temps de rectifier les nombreuses erreurs ‘qu'une publicité trop hâtive a accumulées autour de l’histoire de cette douloureuse période. Ce qui n'est que trop certain, c'est que des vies généreuses ont été sacrifiées ; la misère et la désolation règnent au milieu d’étäblissements naguère prospères. .
Des hommes respectables subissent une douloureuse condamnation au milieu de criminels avec lesquels ils n’ont rien de commun, ‘et Louis Riel a été exécuté à Régina, le 16 novembre 1886. L !
Popinion publique s’est partagée sur ce dernier événement et en se partageant, elle s’est passionnés. oo
En général, la presse anglaise approuve cette triste exécution, tandis que la presse frangaïse la condamne, comme une cruauté inutile. -
Des deux côtés, il y a des exceptions, La presse américaine est unanime, ou à peu près, à considérer cot acte de nos autorités comme une faute politique. Je regrette extrêmement que des hommes, de qui on devait attendre mieux, se soient oubliés
jusqu'à vouloir faire peser ia responsabilité de cette mesure extrême sur ceux mêmes qui élaient les moins capables de 1 conseiller, oo -
Les missionnaires ont soufért, mais ‘les missionnaires ne savent pas crier vengeance, Les deux sculs qui ont été appelés en témoignage en célte cause, ont rendu leur témoignage dans le sens de la défense. Pourquoi joue-t-on le rôle si indigne de recommencer le procès de l'infortuné exécuté dovant le public,
, en invoquant les’ témoignages des Révérends Pères André et - Fourmond, qui, mis sous serment, à la cour, ont rendu un té-
moignage dont la conclusion naturelle-n’était certainement pas l'échafaud ? On va jusqu’à torturer l'âme si généreusement. aimante de Monseigneur Grandin, en lui prétant un rôle indigne de sa position et de son cœur. Et tout cela, on a l’andace de lé dire, pour faire prévaloir la vérité.
Le gouvernement a laissé faire l'exécution, il en a donc la responsabilité et c'est une indignité de'vouloir la faire peser sur d’autres qu’on s'est bien donné garde de consulter à ce sujet, Pour ma part, une. observation de vingt années m'a donné des convictions diamétralement opposées à celles que Von invoque. J'avais trop de raisons d'étudier dans ses moindres détails les dispositions ot les actes de mon'infortuné protégé, pour pouvoir ne pas me rendre compte de ce qu'il était et de ce qui & pu le conduire à la voie déplorable qu'il à suivie. Il y
- a bien des années due je suis convaincu, au-delà de la possibi-
lité d'un doute, qu'à côté des brillantes qualités de l'esprit et du cœur, l'infortuné chef des Métis était eu proie à1me mégalomanie et théomanie qui seules péuvent expliquer tout ce qu’il'a fait jusqu'au dernier momout Mes convictions sont sincères, mais on n'en peut conclure que ceux qui ne les partagent pas, manquent tous de sincérité. Les, conséquences naturelles de
mes convictions, sur ce triste sujet, ont été repoussées et j'ai va disparaître l’espoir qué j'avais entretenu jusqu'au dernier mo-
ment, Malgré cette déception, je ne ‘me permettrai pas d'injurier coux qui me l’ont infligée. . :
.Je ne désespère pas assez de notre pays, pour croire que nos
hommes publics soient capables de se laisser inspirer unique-
ment par la haïné et les froids calculs qu'elle inspire.
Je ne sais pas ce qui s'est passé dans le conseil de ceux qui nous gouvernent, mais je ne puis pas croire qu'ils ne 8e soient pas mis en face de leurs obligations. Dans tous les cas, ils ont accepté la responsabilité et je ne veux pas faire naître ou déve. lopper des embarras auxquels il est difficile d’assigner une issue favorable. : . .