FAMILLE DES COUCOUS
De tous les Oiseaux Zygodactyles, les Coucous, en tant que Famille, sont les plus difficiles à définir, par le fait même de l'extrême variété de leurs caractères extérieurs. Le seul qui soit fixe et constant, dans chacun des groupes génériques composant la Famille, c'est celui de la conformation des doigts, au nombre de quatre, divisés, deux en avant, deux en arrière, dont l'interne postérieur versatile ou réversible, et les deux antérieurs presque toujours soudés à la base. Quand au bec qui, seul, a servi pour en constituer les divers groupes, il varie de la forme la plus faible à la plus épaisse et de la plus courte à la plus longue ; il y a pourtant, le plus ordinairement, absence complète d'ébréchure ou de dentelure à l'extrémité apicale de la mandibule supérieure, qui se termine en pointe rarement crochue ; mais l'ouverture de la commissure en est toujours fort large.
Ce qui fait mieux ressortir la versibilité facultative du
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doigt externe postérieur, c'est l'observation faite par Guéneau de Montbeillard, semblant démontrer que ce doigt, chez les Coucous, n'acquerrait sa fixité à l'arrière du tarse que par le temps et avec l'usage.
Un jeune Coucou Commun d'Europe, du mois de juin, que cet ornithologiste a eu occasion d'observer, ne faisait aucun usage de son pied pour marcher, mais il se servait de son bec pour se traîner sur son ventre, à peu près comme le Perroquet s'en .sert pour grimper, et, lorsqu'il grimpait dans sa cage, le plus gros de ses doigts postérieurs se dirigeait en avant, mais il servait moins que les deux autres antérieurs; dans son mouvement progressif, il agitait ses ailes pour s'en aider.
Cette observation acquerrait de l'importance si elle confirmait le fait dans la généralité des Zygodactyles. Dans tous les cas, il vient à l'appui de notre proposition sur le peu de valeur de la fissiparité des doigts chez les Oiseaux, quoique quelques Coucous se montrent véritablement grimpeurs.
Pour ce qui est des mœurs et des habitudes des Coucous, elles varient en raison même de leurs différences organiques. Les uns vivent d'insectes, de chenilles; quelques-uns même de guêpes et d'abeilles ; d'autres, de menus reptiles ou sauriens, de mollusques, voire même de petits Oiseaux; plusieurs de brins et de végétaux ; un grand nombre, enfin, participe également aux deux régimes animal et végétal.
Il ne faut pas croire que les habitudes si exceptionnelles et si contre nature de notre Coucou d'Europe soient communes à toutes les divisions, que nous allons indiquer, de toute la famille. Plusieurs des Oiseaux de ces divisions sont remarquables par une inaptitude, ou plutôt une répugnance, à l'œuvre de l'incubation, telle que la nature leur suggère l'instinct de déposer le plus souvent leurs propres
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œufs au milieu de ceux ci dans le nid d'un autre Oiseau d'un groupe tout différent du leur, et d'abandonner ainsi à celui-ci, et les soins de l'incubation et, en grande partie, ceux de l'éducation des petits qui en naissent. Mais plusieurs alternent le travail de l'incubation avec un parasitisme moins prononcé. Et le plus grand nombre des espèces de la famille pondent, au contraire, couvent et nichent à la manière des autres Oiseaux, et avec toutes les précautions de la maternité qui en sont inséparables.
Les Coucous se divisent en neuf sections ou sousfamilles, que nous répartirons en deux chapitres :