TROISIÈME HYPOTHÈSE
Duc de Monmouthyfils de Charles II et de Lucie Walthers,
L'ex-ofBcier de cavalerie qu'on appela Germain-François Poullain de Saint-Foix * , est le seul écrivain qui ait voulu faire de ce malheureux duc de Monmouth l'homme dit au masque de fer. Mais s'il est seul, il se bat comme quatre pour défendre sa fable, basée sur une relation du supplice de Montmoutli et les propos d'un chirurgien anglais, appelé Nelaton, un habitué du café Procope. Tout d'abord, il fait paraître un article dans l'Année littéraire de Fréron (1 768, t. IV) , un second dans le Journal encyclopédique (novembre 1768, p. 112). Le tout se résume en un petit in-douze publié par Venta (Amsterdam-Paris, » 1768), suivi bientôt d'une réponse de M. de Saint-Poix au R. P. GrifFet (Paris, Venta, libraire, à la Montagne Sainte-Geneviève, 1770, p. 94;in.l2).
Mais le R. P. Griffet redevenu silencieux, le combat finit faute de combattants, et le querelleur Poullain de Saint-Foix resta seul avec son opinion de son vivant , et après sa mort, avec l'appui timide de M. de Sévelinges, qui, dans un article de la Biographie universelle de Michaud, émit l'avis que de toutes les conjectures faites à ce sujet , c'était
peut-être une des moins déraisonnables Il est juste
d'avouer du reste qu'il fallait une grande bonne volonté pour
1 Né le 5 février 1698, mort le 25 août 1776.
MATTIOLI. 65
accepter cette thèse de la décapitation simulée de Monmoutk, le 16 juillet 1685, à la suite de son débarquement, de sa révolte, de sa défaite et de sa condamnation , et pour admettre^ l'envoi du fils de Lucie Walthers à Sainte-Marguerite. Les récits du temps, les rapports officiels, les dépêches également officielles de l'ambassadeur de France en Angleterre des 15 et 16 juillet 1685 sont là pour fournir les détails les plus circonstanciés sur cette exécution. Mais ce brave Poullain y tenait absolument, et, morbleu! il aurait dû s'attendre à iin bon coup d'épée, celui qui n'aurait pas accueilli favorablement son opinion. Qu'aurait dit pourtant Saint-Foix, si, à même de compulser les archives de la guerre, il eût vu qu'à cette date de 1685 Saint^Mars était encore gouverneur du petit fort d'Exilés, où il veillait sur deux malheureux prisonniers , les seuls assez de conséquence que le ministre eût voulu laisser à sa garde depuis son départ de Pignerol en 1681 , et qu'il ne devenait gouverneur des îles qu'en 1687? Use fût tu très-probablement, et c'est ce qu*ont fait après lui les écrivains quelque peu sérieux, en ne s'occupant 'plus d(; cette explication insensée.