‹ La vérité sur le Masque de fer (les empoisonneurs) d'après des documents inédits des archives de la guerre et autres dépôts publicsChapitre 47 sur 170 · LE COMMISSAIRE DES GUERRES · texte numérisé non relu

LE COMMISSAIRE DES GUERRES

Le commissaire des guerres de Pignerol assurait la subsistance , l'entretien et la police des troupes casernées dans la citadelle et dans la ville ; il veillait au matériel , dirigeait les opérations de la fonderie , le service de l'hôpital , etc. En 1669 , le sieur Loyauté avait succédé dans ces fonctions importantes au sieur Poupart, qui lui-même avait suivi le sieur Damorezan, le beau-frère de Saint- Mars. Après le voyage âe Louvois à Pignerol, en août 1670, ce commissaire devint l'agent fidèle et secret du jeune secrétaire d'Etat et l'espion <le la conduite de Saint-Mars. Rien de curieux comme ses nombreuses lettres au ministre , lettres qui dénotent le degré de confiance qu'il avait su atteindre. Loyauté, grisé malheureusement par ce semblant de faveur, crut sa fortune assurée, modéra peu sa morgue , ne s'aperçut pas des causes de la puissance de Saint-Mars, parla un peu trop de ce personnage, et finit par succomber devant les dénonciations de ce dernier. Furieux, Loyauté cria plus fort , et, à la date du 26 février 1680, Louvois écrivait à du Chaunoy : u Tout n ce qu'a pu dire le commissaire Loyauté en partant de Pi- 9> gnerol ne vous doit pas donner d'inquiétude, n'ayant aucune

1 P. 65, V. 426. Mss. Dépôt de la guerre.

i> pensée de l'y renvoyer. Aussitôt qu'il sera auprès de moi , » je lui ferai rendre ses comptes '. »

Ce du Ghaunoy ne fit qu'un séjour de peu de durée dans cette position ; le 28 juillet 1682^ il était déjà remercié. Â partir de cette époque , il n'y eut plus de commissaire des guerres en titre à Pignerol. Bréant, intendant d'armée à Casai y conserva Pignerol sous sa direction avec de simples commissaires de troisième classe, ses commis, tels que Saint- Lambert et Stival , pour régler les affaires administrativescourantes de la place. Stival, qui servait en cette qualité à Pignerol depuis 1690, s'y trouvait encore en 1694, au moment de l'évacuation du donjon.

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