PLACE DE PIGNEROL
LE MARQUIS d'hERLEVILLE , GOUVERNEUR GÉNÉRAL.
Pour cette sorte de revue rétrospective fort rapide démon travail, je suivrai l'ordre des chapitres du volume.
Le marquis de Louvois au marquis d'Herleville , le 4 juillet 1680 (p. 87, V. 643. Dépôt de la guerre) :
« Ordre de faire arrêter, raser et fustiger les filles de joie » par la main du bourreau. »
Louvois au marquis d'Herieville..., le 3 novembre 1680 (p. 48, V. 646. Dépôt de la guerre) :
« Je ferai volontiers ce que vous désirez, en cas que l'on « m'écrive pour demander au Roi pour vous la permission de » voir les prisonniers qui sont dans le donjon de Pignerol. ;>
Cette dépêche prouve une fois de plus l'insistance perpétuelle du marquis à vouloir s'immiscer dans les affaires du donjon. Ce fut là l'une des causes principales de sa mésin-
telligence continuelle avec Saint-Mars, qui partit de la citadelle sans même le prévenir.
Louvois au marquis d'Herleville , le 1" août 1687 (p. 8, V. 783. Dépôt de la guerre) :
« Il faut espérer que la santé du sieur Villebois s'est réta- « blie. Le Roi désireroit que vous fassiez prendre soin des » prisonniers qui sont dans le donjon de la citadelle jusqu'à ce » que Sa Majesté étant informée de sa mort, je vous eusse w envoyé d'autres ordres «
Or, Villebois n'est mort qu'en 1692, après avoir traîné longtemps. Donc, les prisonniers, Mattioli et son valet, Eustaclie Danger, Dubreuil et de Herse, restèrent à cette date sous la surveillance ordinaire du gouverneur, tandis qu'avant 1681 ce même d'Herleville put obtenir de Saint- Mars l'autorisation de voir seulement les prisonniers de la Tour d'en bas. C'est une preuve nouvelle de la diversité du traitement des prisonniers d'Exilés et de Pignerol.
Les documents qui concernent le marquis d'Herleville sont fort nombreux, puisque ce gouverneur est resté jusqu'à l'abandon de la place. Lettres reçues et minutes abondent au Dépôt de la guerre depuis l'année 1670 jusqu'à l'année 1694, éparpillées dans un millier de volumes environ.