‹ La vérité sur le Masque de fer (les empoisonneurs)Chapitre 56 sur 152 · PLAN DU CHATEAU D'EXILES · texte numérisé non relu

PLAN DU CHATEAU D'EXILES

{Extrait d'un plan du temps fouiiti par le Dipôl des forlijicutioiis.)

I Loci-iiicnls de la compagnie tic M. de Saint-Mai ■i Aiipaitiiiiict]! du coiivcniciir, M. de Saint-Mars.

leurs fenêtres, et de faire m'archer les passants qui

n point par

1 p. 36, V. 675, >Is3. Dépôt de la guerre.

J5 s'arrêteroient sur le chemin ou sur le penchant de la mon- « tagne. Ma chambre étant jointe à la tour, qui n'a d'autre » vue du côté de ce chemin , fait que j'entends et vois tout et >) même mes deux sentinelles , qui sont toujours alertes par ce 5' moyen-là.

» Pour le dedans de la tour, je l'ai fait réparer d'une ma-

V nière où le prêtre qui leur dit la messe ne les peut voir , à

V cause d'un tambour que j'ai fait mettre qui couvre leurs ^' doubles portes.

» Les domestiques qui leur portent à manger mettent ce T qui est de besoin aux prisonniers sur une table qui est là, et -'> mon lieutenant le prend et le porte. Personne ne leur parle » que moi, mon officier, M. Vigneron ie confesseur, et un » médecin qui est dePragelas, à six lieues d'ici et en ma pré- " sence. Pour leur linge et autres nécessités, mêmes précau- » tions que je faisois pour mes prisonniers du passé. »

Quelle dépêche ! Il n'est pas possible d'être plus explicite , plus complet, et le plan que j'ai donné me permet d'en suivre le détail. A part la somme allouée pour l'entretien , les précautions sont identiques à celles employées pour MM. Fouquet et Lauzun. Qu'on compare ces procédés avec ceux adoptés pour Mattioli , laissé à Pignerol , dans une place ouverte, et l'on comprendra de moins en moins la persévérance de M. Topin à défendre l'hypothèse de Mattioli que ses devanciers dans cette opinion (Delort , Roux-Fazillac , Ehis , etc.) , n'admettaient comme possible qu'à la condition formelle de faire de Mattioli l'un des deux individus à l'égard desquels Saint-Mars prenait la minutieuse précaution que je viens de citer.

Dans cette place, les appointements de Saint-Mars étaient fort élevés. Il touchait six mille livres de fixe, comme commandant de la citadelle , dix-huit cents livres comme souslieutenant de mousquetaires , quatre mille huit cents livres pour les places de Pérouse et de l'Écluse, sans compter les allocations d'éclairage , de chauffage , de literie , de solde des hommes , de la nourriture des prisonniers fixée au taux

de quinze francs par tête et par jour, etc Mais l'ennui ,

paraît-il, était en proportion des appointements. A Exiles, Saint-Mars se trouvait absolument seul avec sa famille, ses enfants, ses prisonniers, ses quarante-cinq hommes et ses deux lieutenants. Le village d'Exilés était assez éloigné et sans importance. Il pouvait bien dans cette petite place faire de l'autocratie à volonté, au besoin s'absenter pour se rendre à Suse , à Turin , même à Casai ; mais le retour n'en était que plus désagréable. Aussi, lorsque, le 13 janvier 1687 ^, ladépêclie ministérielle arriva, lui annonçant que le ministre avait Lien voulu faire droit à ses réclamations et sollicitations incessantes , et lui accordait le gouvernement des îles Sainte- Marguerite , notre homme s'empressa d'accepter. Il était resté cinq années et six jours à Exiles.

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