‹ La vérité sur le Masque de fer (les empoisonneurs)Chapitre 74 sur 152 · FRANÇOIS GALAUP, DIT LE MAJOR AU RÉGIMENT DE LA CROIX BLANCHE · texte numérisé non relu

FRANÇOIS GALAUP, DIT LE MAJOR AU RÉGIMENT DE LA CROIX BLANCHE

DIT l'auteur, dit LE CHEVALIER, DIT BLANCHART ,

DIT BOINEAU , DIT l'iNCONNU.

Ordre d'arrestation, 5 août 1675. — Entrée (elle n'eut pas lieu).

L'ordre d'arrestation est daté du 5 août 1675. Il est ainsi conçu : «Je vous envoie une lettre du marquis de Chasteuil " dont vous prendrez lecture. Le Roi étant bien aise de "pouvoir s'assurer de sa personne, il seroit bien à propos » que vous essayassiez de Y attirer à Pigjierol ou à portée, » sous prétexte de vouloir conférer avec lui sur ses proposi- » tions et d'avoir à lui expliquer les intentions de Sa Majesté » sur ce qu'il m'a écrit; après quoi , vous le ferez arrêter avec " ceux qui seront avec lui, et les ferez mettre dans la citadelle « de Pignerol jusqu'à nouvel ordre^ . »

De son nom patronymique, ce marquis de Chasteuil s'appelait François Galaup. Il était fils d'un procureur général à la cour des comptes d'Aix. Ancien capitaine aux gardes de Gondé, il arma un vaisseau vers 1652 et se fit pirate. Pris par les Algériens, il resta deux ans à Alger, se sauva, entra au service du duc de Savoie, devint major aux gardes et sous-gouverneur du prince de Piémont. Il fit plusieurs apparitions en France. Arrêté une première fois en 1670, il fut enfermé en Provence et mis en liberté le 19 décembre 1670 sur un ordre de non-lieu, signé Golbert. Arrêté de nouveau à Marseille , à la suite d'un assassinat , il fut jugé et condamné à mort. Il était déjà sur l'échafaud , quand le sieur de Vanens , lieutenant d'infanterie , et ses hommes (tous affiliés aux empoisonneurs), l'arrachèrent des mains du bourreau. De retour en Piémont, il continua à diriger les opérations de sa bande d'assassins , et mourut lui-même empoisonné à Verceil, en 1678, trois ans après la mort du duc de Savoie, au moment où son procès se faisait en France (affaire Vanens). C'est dans cette dernière période de

1 P. 59, V. 627. Dc^pôt de la guerre.

son séjour à Turin , que ce curieux personnage fut signale' à l'attention des agents de Louvois à Pignerol. Il paraît que notre homme était méfiant, car il ne se laissa pas prendre , et resta à Verceil, où il succomba, par ordre, assure-t-on; mais en tout cas , quelle existence incroyable que celle de ce fils de procureur^, et qu'elle jette un jour tout nouveau sur cette partie du règne de Louis XIV !

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