XLIII. LE NOMMÉ BRETON
Ordre d'entrée, 5 décembre 1682. — Ordre de sortie, 14 juin 1683.
Le 5 décembre 1682 , le marquis de Louvois adressait au gouverneur général une dépêche ainsi conçue : « Le Roi )) jugeant à propos de faire mettre en prison dans la citadelle « de Pignerol le nommé Breton, qui est présentement détenu « dans la ville par ordre de Sa Majesté, Elle m'a recommandé
V de vous faire savoir qu'ElIe désire que vous le fassiez con- « duire dans ladite citadelle, où vous le ferez remettre au » sieur de Villebois, auquel je mande l'intention du Roi^...» Le même jour, il ajoutait à Villebois : «Vous resserrerez le « nommé Breton plus ou moins , suivant ce qui vous est expli- » que des intentions de Sa Majesté , par le commissaire Saint- » Lambert^ '> Le crime de cet individu n'était pas bien
^ P. 631, V. 676, Mss. Dépôt de la guerre.
2 P. 285, V. 678, Mss. Dép5t de la gueire.
3 P. 539, V. 677, Mss. Dépôt de la guerre. ^ P. 127, V. 683, Mss. Dépôt de la guerre. ^ P. 132, V. 683, Mss. Dépôt de la guerre.
grave, une simple friponnerie probablement, car Louvoisécrivait en même temps audit commissaire' : « J'ai vu les » réponses que vous a faites le nommé Breton , pour se dédire )' de ce qu'il avoit avancé dans le compte qu'il a rendu à son M associé. Je mande à M. d'Herleville de le remettre à M. de » Villebois, auquel je donne ordre de le garder comme vous M lui direz , ce qui , à mon avis , doit être dans un cachot M avec du pain et de l'eau , jusqu'à ce que s'ennuyant, il lui " prenne envie de dire la vérité, et s'il n'a riep autre chose " à déclarer, il y fera pénitence de la friponnerie qu'il a voulu » faire à son associé. » Effectivement, le 5 avril de l'année suivante^, il prescrivait de lui donner du papier, une plume et de l'encre , pour qu'il put écrire ce qu'il avait à dire. Qu'en' advint-il? Un ordre de mise en liberté , je suppose? Mais cet
ordre, je n'ai pu le retrouver En tout cas, les mesures
prises pour ce prisonnier et la nature de son crime ne permettent pas de supposer une détention beaucoup plus longue.
XLIV. DE TALMOT, LIEUTENANT DANS CASTRES. Ordre d'entrée, 11 juillet 1684. — Ordre de sortie...?
Cet officier eut j^robablement quelque mésaventure oiï quelque rixe avec les habitants de cette bonne ville de Pignerol, car l'ordre d'emprisonnement est ainsi motivé :
« Le sieur de Talmot sera renfermé aussi longtemps » qu'on le jugera convenable^. « Cette mesure a pu être trèsdésagréable pour le lieutenant, mais elle ne fut que momen— tanée;. je n'ai donc à la consigner ici que pour mémoire.