‹ La vérité sur les Arnauld (volume 2)Chapitre 87 sur 99 · SUPERSTITIONS A PORT-ROYAL · texte numérisé non relu

SUPERSTITIONS A PORT-ROYAL

Que certains membres de la famille Arnauld, yivant dans le moode. aient cru à la chiromancie, à la sorcellerie, aux horoscopes (Voir plus haut, t. 11, p. /i8, n. 2 et 3; Mém. de l'abbé Ainauld, part. I, p. 112, 129, 192 ; part. 11, p. 168 ; Lettres de Voiture, lxxx, p. 190, etc.), il n'y a là rien qui nous surprenne. Leur époque les y autorisait, et ils n'étaient pas tenus d'être plus éclairés que leur siècle. Mais que les Ârnauld de Port-Royal, qui avaient la prétention de diriger le siècle, et dont personne ne saurait révoquer en doute les lumières, se soient montrés plus superstitieux que tout ce qui les environnait, aussi superstitieux qu'on l'était du temps de Grégoire de Tours, c'est ce que nous n'avons jamais pu comprendre,et ce dont, à notre avis, il est curieux de réunir les preuves.— Elles seraient innombrables.— Nous nous contenterons d'en choisir une qui se rapporte au premier, et trois qui se rapportent au second des deux modes de superstition qui étaient le plus en vogue sous les premiers héritiers de Glovis.

i !•'. — Sorts des sahits U

« Le jour de Toctave de la sortie de M. de Gyran [du fort de 9 Vincennes]...., après la messe et le Te Deum, il envoya son do- « mestique dans la sacristie, dire qu'il prioit tous les officiers et le « célébrant de s'assembler, et de lui tirer un pseaume tel qu'il plaiu roit à Dieu de nous l'envoyer, qui lui pAt servir de cantique de « joie et d'action de grâces pour dire à pareil jour, c'est à dire « tous les vendredis, et tout le reste de sa vie. Nous nous nnimes « tous ensemble, et après avoir invoqué Dieu, le diacre [M. Arunauld le docteur], tenant un pseantier, le prêtre [M. Singlin] « flcha une épingle dedans, afin de prendre ce que Dieu nous en- « voyeroit pour consoler son serviteur. G*est ici, ce me semble, où

1 Cf. Gregorium Taron., UisU ecclesia$t, Francorum, 111>. xf, cap. xxxvii ; lib. IV, cap. vu ; lib. v, cap. uv, etc.

« Ton a toat s^jet d^tdmirer sa proTldence et sa bonté, et d^auenèe m atec patience le jugement qu'il prépare aux ennemis de la Térit^ « et de ses défenseurs; car le pseaome qui nous échot fat le nxn,

« Judica, Domine, nocenies me G^est nn pseaume toot de

« consolation pour le serTilear de Dieu, et en même tems toot de « feu et de colère pour ceux qui persécutent les justes..... Osaoti « M. de Saint-Cyran...., il fut d'autant plus surpris de la rcH^oere « de ce pseaume, qu'il n'y en a point de plus formel pour bcoo- « joncture où Ton étoit, et qu'il avoit sujet de croire que Dkaie « lui en?ojolt par Tentremise des ministres de Pautel, saos qoll j c eAt aucune part. Il toulat le chanter à l'iieure même, afaoïqiie « de sortir de sa place. 11 pria pour cela que Ton fît retirer umtle « monde de la chapelle, afin qu'il pût se répandre a?ec plos de

« liberté en la présence de Dieu Néanmoins nous fitmeslMefl

« aises de le considérer, M. Singlin et mol, d^un tien où U ne ooos « pouToit pas toir, pour nous édifier de sa dé?otion. M. de Saiotc Cyran étoit dans une efftasion de larmes en cbanûor ce pseairine, « à la fin duquel, ne pouvant plus se tenir, Use jeu îâ fyce coaire m terre, et demeura là longtems à gémir et k soupirer deirant « l'autel. » {Mém. de Lancetot, t i, p. 212-2W; Ct. Dom Qémencet, HisL de P. B,, t ii, p. 248 ; Jlf^m de la M. AngéL, 1. 1, p. 195, etc.; Hist. des persécut. de P. R., p. 25, S8, 78, 208, 293, etc.; Quesnel, Vie (fAmauld, p. 112; Actes, iett., reiai., t I, n* IV, p. 26; n* v. Captivité éC AngéL de Saint-Jean,, ^.1%, 108. etc.; Lederc, Vies édif. de P. R., t. i, p. 391*5%; t u, p. 129, 309, etc.; hett, de la M. AngéL, 1. 1, p. 306, etc.)

I IL — GarreapoMiaDoe avee le del <•

« Gomme les rellgienses de Port-Royal enterroient nne de leors

• scBurs pe 18 mai 1$6&}, la mère Angélique de Saint-Jean-lni bé « enore les mains une requête addresaée : Au çramd pasteur des « brebis que Dieu a ressuscité d entre tes morts, qui contenoit « BU appel à Dieu de la violence que Parchevéque [de Paris] v«ioft

• de «aire à Port-Royal. » {Mém. de ta M. AngéL, U m, p. W6.)

« Le 14 août 166&, l'on mit sur l'autel, pendant la sainte mesM. « une requête que te mère Agnès avoif dressée la veille, ao nom de « tonle la communauté, à notre Se^^neur Jésus-Christ conroDoé

' Cf. Greg. Tur., HUt. ecdesiast. F^anc,^ llb. v, c. xir.

NOTB O «& M7

« d'épioea, et quç qqelques raqrs «foient ifflfoée, iloot ?oici la « copie : SappUent bamblemeDt, les fille» cooMcrées aa service de « votre divine Majesté daos le monastère de Port-RoyaK disant « qu'ayant renoncé au monde, etc. » {Hùt. de* persécut. de P. R., p. 289.)

« Le 25 août 166&, les religieuses de Port-Royal mirent sous la « nappe de Tautel la requête suivante : A notre très saint rai « Louis IX, qui règne maintenant avec Dieu, et que Jésus- « Christ fait régner dans son Eglise en qualité dintercesseur

« et de médiateur envers lui Supplient humblemenf, etc. »

{Jbid., p. 298.)

« G'étoit une coutume à Port-Royal d^envoyer tous les ans une « personne exf^rès à Glairvaux, dans Foctave de S. Bernard, pour « y porter un papier signé des religieuses, par lequel elles deman- « dolent h Dieu, par l'intercession de S. Bernard, quelques grâces fc particulières, selon les différens besoins de la maison. On met- « toit ce papier sur l'autel pendant la messe. On appeUoit cette a dévotion vcm, à cause de la promesse qu'elles y falsolent de dire « tous les jours quelques prières particulières pour obtenir les «grâces qu'elles demandoienl. » {Œuv. du doct. Anu, t. i, p. 187; Cf. Guilbert, Mém. chron., t.. ii, p. 21/^, etc.) — Il se trouve dans notre dépôt la copie d'un vœu de cette espèce.

Note O bis, ou P; t. n, p. 49, 78, 110, 184, 216.

QUELQUES CBIFFBES ÉTABLIS POUR hk BIOGRAPHIE DE D'ANDILLY ET BE POMPOHNB.

Après avoir retrouvé l'époque de la retraite de d'Andilly (Voir t I, Appendice, note H), les seuls chiffres qu'il nous semble utile d'établir en ce qui le concerne, sont ceux de son budget — En ce qui concerne Pomponne, ce sont ceux qui marquent les dates des principales époques de son existence.

S I*'. -^ Budget de d'Ândmy.

D'Andilly était entré à la cour en 1603 (CEuv. du doct. Am., t. Il, p. 7^), et dans les finances en 1605. {Mém., dAm. dAndilty, part, i, p. 93.) — Il ne toucha aucun émolument' Jusqu'au i*' Janvier 1618. (Bre$ei du 28 novembre 1618, parmi

568 APPESIDICE.

nos papien.) — Dans bcs Mémoires (part i, p. 106), Robert dk oepeDdaoc qœ Marie de Médias lui envoya en 1616 le brevei de la première pension qn'il ait eue du roi. Ce brevet devait être de 500 livres, comme le pronve ce qui soit. — Le 9 mare 1618, Robert fat nonmié conseiller d'état (Brevet sous cette date), avec 2000 livres de gages et 2000 livres d'entretènement Le Brevet da 28 novembre de la même année augmenta reocretènemenc de 3500 livres, ce qui le portait, dit le Brevet^ à 6000 livres. U faut donc qu'outre les 2000 livres portées au Brevet du 9 mars Robert ait eu par ailleurs 500 livres d'entretènement. Les 6000 livres qu'il réunit ainsi furent réduites et consolidées en une pension de 4000 livres le 18 décembre 1629. (Brevet de cette date.) — Marie de Médicis lui avait accordé une pension de 3000 livres le 1" janvier 1635 (Brevet de cette date), qui dut cesser vere 1651, lors de la retraite de Marie à Bruxelles, et qui fut sans doute remplacée par la pension que lui accorda Anne d'Autriche aussitôt qu'elle fut régente. [Mém. tPArn. d'And,, part. u. p. 118.) —Le 24 février 1625 (Ibid,, p. 29, et Brevet dans nos papiers), le duc d'Orléans créa Robert intendant général de sa maison, avec 8000 livres de gages perçus Jusqu'à la disgrâce de celui-ci en 1626,et peutêtre jusqu'en 163! . (Lett. d^Arn. d^Andilly, p. 489.) Le 2 août 1637, Gaston indemnisa Robert par une pension de 3000 livres, qui fut payée jusqu'au 2 février 1660, époque de Ja mort de cepnace. (Mém. d'Am, if And., part, ii, p. 118.) De novembre 1634 {ibid., p. €6) à novembre 1635 (ibid., p. 115^, IVoYten loucha 7200 livres comme intendant de l'armée du Rhin (Menu du card. Lavallette, 1. 1, p. 6), et eut à dépenser sans contrôle 70000 livres; il n'en dépensa que 23000 [Mém, dAndiUy, part, ii, p. 191), dont Bullion voulut exiger la restitution comme si elles eussent été mal employées. [Ibid., p. 88 et 91.) Rien d'ailleurs, hâtons-nous de le dire, ne semble justiGer l'exigence de Bullion. (Voir Lettres de d^Andilty, p. 288.) La plame médisante de Tallemant ( L u, p. 312) n'a-t-elle pas écrit : c M. d'Andilly avolt les mains nettes? » (Voir cependant plus haut, t. I, p. 340.) —En 1644, Robert se dépouilla en faveur de son fils, Simon de Briottes, plus tard marquis de Pomponne, de presque tout ce qu'il touchait encore de pensions, c'est à dire des 4000 livres consolidées, et des 3000 livres du duc d'Oriéans (Simon touchait en outre ses gages d'intendant et de conseiller d'état) ; son père ne se réservant que la pension de mille écus dont la reine-mère l'avait gratiûé. Anne d'AuUiche mourut le 20 janvier 1666, et la seule pension qui restât à Robert courut grand risque d'être supprimée.

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