‹ La vérité sur les Cent-joursChapitre 8 sur 23 · VÉRITÉ · texte numérisé non relu

VÉRITÉ

que Dieu pour juge des roi8?E8t-oequela reine Elisabeth ne fut pas régicide?... Elle le fut plus que Cromwell, plus que Robespierre, car son régicide pèse uniquement sur sa mémoire; il ne fut point partagé entre mille complices : il lui appartient à elle seule; que la gloire lui en reste tout entière, à la grande Elisabeth !

Et tous ces monarques alliés , appelant à Vienne la malédiction , et mettant hors de la loi commune un roi comme eux^ un empereur comme eux, un oint du Seigneur comme eux; et clouant ensuite ce Prométhée des roi^ et des peuples sur le roc d'exécrable mémoire, pour l'y faire expirer lentement , tous ces monarques, qu'ont-ils (ait autre chose que renier, de leurs bouches royales , leur caractère divin ? Ils n'ont pas même soumis à un tribunal quelconque , comme Elisabeth , leur parent, leur généreux vainqueur! Eux-mêmes, de leurs propres mains, ils voulurent être régicides I Pour être sainte , leur alliance avait«elle besoin de l'agonie d'un monarque inviolable et sacré ? Peut-on s'étonner ensuite que ce manteau de l'inviolabilité des rois, mis en lambeaux par le congrès des rois, ne puisse

plus couvrir la nudité de leur sacerdoce? Et vit-on jamais une plus triste inconséquence que celle de tous ces puissans monarques faisant eux-mêmes^ devant leurs peuples réunis^ la curée de la dignité royale?

36 LA. VEBITÉ

Je me résume : Napoléon , en quittant son armée après la bataille de Waterloo, fit un acte de dévoûment sublime , et les chambres^ en l'abandonnant^ perdirent la patrie.

En n'usant pas de son droit de dissoudre la chambre , Napoléon ne recula que devant la guerre civile , qu'il ne croyait pouvoir servir qu'aux intérêts personnels de sa famille.

Napoléon considéra l'empire comme une dictature nécessaire à la France jusqu'à la paix générale; et les bases jetées par lui pour la reconstruction d'un patriciat prouvent que la monarchie constitutionnelle était le but définitif de sa politique.

Napoléon , en couronnant ses frères y les fit servir à l'intérêt de la France^ et il sacrifia le

repos et la grandeur des siens à ce bien de la France , unique but de sa vie.

Napoléon abdiqua , malgré mon avis^ dans les Cent-Jours ; et il eut raison d'abdiquer, parce qu'il ne se regarda jamais que comme le magistrat suprême du peuple français.

Puisse la patrie française avancer enfin et s'affermir dans la route de l'ordre constitutionnel , but définitif de Napoléon ! Fuissent tous les esprits se réunir autour du même centre! fût-ce autour de ce gouvernement qui , tout en élevant un trophée à l'Empereur, s'obstine à repousser les vœux de la France en proscrivant et dépouillant sa famille (i). Oui : puisse l'œuvre de i85o, si c'est l'intérêt de la France , être complétée par la votation populaire, en nous assurant enfin la jouissance de tous ces biens, trésor de TÂngleterre : l'in-

(i) La tranquillité publique, dit-on, s'oppose au rap^ pel de la famille de Napoléon , et le gouvernement est désespéré de persister dans son refus !.... Mais la raison d'état s'oppose-t-elle aussi à ce qu'on révoque l'inique ordonnance de Loub XYIII qui confisqua les rescriptions de forêts que Napoléon avait reçues comme comptant en paiement de sa liste civile échue ? Ces rescriptions de forêts sont le seul héritage qui soit resté à sa famille ,

violabiiité sacrée du domicile , la toute-puissance de la loi parfaitement égale pour le riche et pour le pauvre, la liberté réelle de la presse , et l'universelle et suprême application du jury! Fuissions-nous , après avoir égalé TAngleterre , ne plus rivaliser avec elle qu'en perfection sociale ! et que Paris et Londres , marchant de concert à la tête des peuples, entraînent, par l'exemple de leur bien-être, pacifiquement et pas à pas, l'Europe tout entière dans la réforme constitutionnelle !

Ces observations patriotiques , les citoyens qui habitent la France voudront-ils les accueillir comme l'obole du proscrit?

Je ne puis terminer sans offrir l'hommage de notre reconnaissance au collège électoral de Toulouse , qui vient d'arrêter à l'unani-

et c'est pour cette raison qu'elle n'a pas été comprise dans les dispositions testamentaires de Sainte-Hélène. Il est de fait que le gouvernement actuel , malgré toutes les réclamations adressées aux ministres et au conseil d'état , suit vis-à-vis des frères de Napoléon la même marche que la Restauration ; et, sous de misérables chicanes de forme , il maintient encore la confiscation rétroactive de la liste civile de l'Empereur.

Note du Prince.

mité que son représentant ^ le général Pelet^ réclamerait à la chambre la fin de notre exil. Nous devons aussi la même expression de nos sentimens à M. le député Salverte et à ceux de ses collègues qui ont bien voulu sympathiser avec lui. Des mandats pareils à celui de Toulouse ^ nous les sollicitons de tous les collèges électoraux à mesure qu'ils se rassemblent; ils achèveraient de surmonter la répugnance^ aussi peu digne qu'elle est injuste^ qui existe encore dans le gouvernement ^ d'après le dernier discours du président du conseil. Une décision personnelle à Madame Mère n'est qu'une cruelle dérision ; car personne n'ignore qu'elle est^ depuis plusieurs années y hors d'état de quitter sa chambre : et d'ailleurs une pareille mère ne peut se séparer de ses enfans vivant dans l'exil , que pour aller rejoindre ceux qui sont morts!

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