HOTE O BIS. S
et iU juillet suivants. ( La Ghesnaye Desbois, Dict. de Noblesse, V* Pomponne.) — Nous pensons donc que M. Etienne Gallois fait un léger anachronisme lorsque, dès le mois de Juin 1673, il donne à Pomponne le titre de marquis. {Lett. inéd. des Fetiquière, t ii, p. 178.) Mais le 5 septembre 1661 Fouqoet avait été écroué dans les prisons de Nantes. Pomponne partagea sa disgrûce. Une note de ceiui-ci apprend qu'il fut exilé à Verdun par lettre de cachet du 13 février 1662. Urie autre lettre du 2 avril 1663 lui permit de se rapprocher de Paris, et de résider à La Ferté-sons-Jouarre. Une troisième, du iU septembre 166^, lui assigna pour résidence Pomponne, oà son père venait d*étre exilé le 2 du même mois. (Mém, (tAm. dAndiUy, part, ii, p. 152.) EnGn une dernière lettre, datée du 2 février 1665, mit fin à son exil, et le lendemain il rentra dans Paris.
Entre le mois de septembre (Mem. de tabbé Amauld, part, m, p. 73) et le mois de décembre 1665 (Mém, de Coulanges, p. 392), te roi songea sur la proposition de M. de Lionne à envoyer Simon en Suède comme ambassadeur extraordinaire; le chevalier de Ter- Ion y était déjà comme ambassadeur ordinaire. (Hist. des négoc. de Suède, 1 1, p. 109, Bibl. de TArsenal, m"*, Hist. Fr., in-f", 63i^.) Pomponne partit de Paris le 28 décembre 1665, arriva à Copenhague le h février 1666 (Cf. Gaz. de France du 26 février 1666). en repartit le 7, et arriva dans Stockolm le 16 du même mois. (Ibid. et îiégoc. de Pomponne, même biblioth., 1. 1, p. 36, m*% HIst. Fr., In-f , 601, où Pomponne dit qu'il partit de Paris le 30 déc. 1665 et qu'il arriva le 15 février à Stockolm.) — Le chevalier de Terlon, étant nommé ambassadeur extraordinaire en Danemarck, quitta Stockolm le 3 septembre 1666, où Pomponne resta seul chargé de représenter Louis XIY (m** 634, t i, p. 171). Sur la proposition de Pomponne, mécontent de la cour de Suède, Louis XIV lui accorda son rappel le 15 Juin 1668. (Ibid., p. 304.J L'ambassadeur quitta officiellement Stockolm le 1" août, et eliectivement le k du même mois. (Ibid., p. 319.) Il arfiva à Saint-Germain le 17 septembre 1668. (M** 601, t. I. p. 451.) Dès la fin du même mois le roi désigna Pomponne pour aller remplacer en Hollande, comme ambassadeur extraordinaire, le comte d'Estrade, nommé gouverneur de Dnnkerque ; Pomponne partit de Paris le 9 février 1669. 11 arriva à La Haye le 24 du même mois. (M** 601, t. ii, f* 1. Cf. Gaz. de France du 22 Juin 1669.) Il y prit congé des Etats le 30 jdn 1671 (Cf. Gazette de France 4u 11 juillet 1671), et en repartil te9 Juillet pouir la Suède. (Cf. Gazette de France du
29 aoftt 1671.) Il s'embarqua le 15 Juillet à Amsterdam. (lind., M37.) Il séjourna à Copenhague le 28 juillet, et arriva à Stockolm k 8 août 1671. (M" 63A, 1. 1, p. &1&.) Le 5 septembre Louis XIV lui adressa une lettre (Mém, de Coulanges, p. kSU) qu'il reçut le 24 septembre à huit heures du soir, lettre par laquelle il était nommé secrétaire d'état. (M** 601, t. ii, f* 153, r; Cf. Gazette de France^ du 26 septembre 1671. ) Gouriin, qui devait le remplacer et qui était parti le 10 ou le 11 septembre, était tomlié maJade à Dunkerque ( t6td., f* 156), et le roi lui substitua le marquis de Vaubrun, maréchal-decamp, comme chargé d'allaires. Gelui-d arriva le 11 novembre à Stockolm. (Ibid., f* 156.) L£ m" 634. (t I, p. 458} met Tarrivée de Vaubrun le 6 novembre, et le fait agir de concert avec Pomponne jusqu'au 3 décembre 1671, époque où celui-ci quitta Stockolm en y laissant Vaubrun, qui le 12 du même mois y fut remplacé par Courtin. ( M" 601, t. ii, f* 160 ; et m** 634, 1. 1, p. 482-488.) Pomponne arriva à Saint-Germain le 12 Janvier 1672. (M** 601, t. II, f 161.) Il prêta serment et entra au conseil le
15 janvier. (Gaz. de France du 23 Janvier 1672.) Il fut diqgradé le 18 novembre 1679 (Lettres de M'^ de Sévigné^ du 22 novembre 1679; Cf. Gaz, de France du 4 août 1696), et rentra au conseil en qualité de ministre d'éut après la mort de Louvois, arrivée le
16 juillet 1691. (Gaz. de France du 28 juUlet 1691.) Golbert de Groissy étant mort le 28 Juillet 1696 ( Gazette de France du 4 août 1696), son fils, qui avait obtenu dès 1689 sa survivance comme secrétaire d'état des affaires étrangères, lui succéda et s'unit le 13 août de la même année à Félicité Amauld, fille du marquis de Pomponne (xbxd., 18 août 1696; Uém. de Saint-Simon, t. ii, p. 181), et dès lors Pomponne partagea avec son gendre la charge de secrétaire d'état des affaires étrangères, dont il conserva même la direction. (Mém. de Saint-Simon, t. iv, p. 168 ; Mém. de Dangeau, t. n, p. 46 ; Lett. de itf*" de Sévigné, du 14 août 1696 ; Len, de M*"' de Grignan, du 7 août 1696, t. x de l'éd. in-8* de M. de Montmerqué, p. 222.) Glaude Le Pelletier, ami dévoué de la famille Arnauld, et particulièrement du marquis de Pomponne (Saint- Simon, Mém., t. III, p. 90, et plusieurs lettres inédites dans notre dépôt), s'étant démis de l'administration des postes en se reth-ant de la cour pour uavailler à son salut, le 18 septembre 1697 (Saint- Simon, ibid., p. 87), Pomponne le remplaça à la tête de cette administration. (Ibid., p. 91.) « Get emploi, dit Catien des Conrtih a (Annales de la Cour et de Paris^ p. 653]» valoit 32,000 fr. de « rente, et fut donné à M. de Pomponne qui, tout homme de bien
A qii*il étoii, ne la trouva pas incompatible a?cc sa dévotion. » -^ Enfin Pomponne mourut dIndigestioB k quatre-vingt-trois ans, le 26 septembre 1699. [Mém. deSaint'$nnan,t. iv, p. 166; Cf, G€tz. de France, du 3 octobre 1699,)
Note<); t. i,,p, 222*, t. ii, p. 17» A3/2A7*
L'ABnÊ Dr COMPO.NXE ÉDITEVB.
Ce que nous avançons sur la part qn'ouraitpriM Vabbé de Poni'^ poBBC à la publicatioudes Mémoire^ de sa famille a besoin d*étre sy^puyé de quelques preuves ; car ce fait n*est hors de doute que pour deux d^ quatre recneîb qui selon nous lui doivent leur publicité.—En tête des fiégociatUms à la cour de Rome de Cabbé de Sttint'NicQlas, depuis ëvéqwi ^Angers, on lit : « Les manus- « crits'qui. foumissenl la matière de cette négociation sont sortis «du cabinet dé If. l'abbé^ dç Pomponne, petit-neveu de monsei- « gneur Tévéqne d'Angers. C'est par ses ordres que nous les avons « mis en règle.»— ^«A prébce des Ambassades de M. de La Boderie ea Angleterre porte ( p. v). ; « Les trois voluffles sur lesquels nous « avons bit cette râllectîon souf eu toànuscrit dans la bibliothèque c du roi, et dans belle de M. Tabbé-de Pomponne* Ces manuscrits se « ressemblent pariaiteBienty aut iustructiqns prè^, qu'on ne trouve « pas dans ceux de la bibliothèque du roi; ainsi nous nous sommes « servis des manuscritaidont M* rabbédePomiM>nneest possesseur.» Dans cette même préface, i^éditenr. auquel on l'attribue, Bmdin, écrit encore (p. vu) : « M. de La Boderie «|voît amassé quantité de « Mémoires^ tesqoels se trouvent aussi en t/rols volumes manuscrits « dans la bibliothèque de M. rabbédePomponne..* Nous pourrons • dans la suite choisir ce que ces Mémoires ont déplus intéressant, « et le faire imprimer... y Ou nous nous trompons, ou ces lignes sont trop afltrmaiives. pouf ne pas trahir le propriétaire derrière réditeur; elles montrent en tout casia parfaite îiitelligeuce qui régnait encre. Téditeur eC ie propriétaire. — Malheureusement les choses ne sont pas si apparentes en ce qui concerne les Mémoires, de d' Andil^y- et ceux de Tabbé Arnauld, qui ont été publiés les uns avant,, les -autres après les deux ouvrages dont^nous venons de II. * 25
S7& APPENIMCE.
parler. BumiBMS «oeoeâsiTeneat à qai on peut auribuer la part principale dans celte doabte publkatioit
JLc soin avec lequel la fiuaiMe Amaaid avait cfbnservé les ouDOicrits de I*éi!éque d'Angers, grand-oncle, et ceux de La Boderie, bisaïeul des enfants de Pomponne, prouverait seul que les Mémaires de d'Andilly, leur aïeul, n'avalent pu sortir de cette famille. D'Andilly en eflet avait rédigé ses Mémoires « d'après les instances « pressantes que lui avoit. faites son Als de Pomponne d'écrire a quelque chose de ce qui le regardoit en particulier lu! et ses « proches, et qui pût servir à ses pctics^enfaqts pour les exdter « à la vertu par des exemples domestiques, â {Mém. de (fAndilly^ part. I, p. 1.) t)e plus d'Andilly en mourant avait légué tous ses na» nuscrits au marquis de Pomponne à Tcxclusion de ses autres fi|^ (CodScile du 8 avril 1667, dans nos papiers; voh* plus bas, t. ii, p. 17.^ Il est donc évident, que les Mémoires sollicités par celui-ci ne devaient pas sortir des mains de ses enftnt^, à qui Ils étaient destfoéa. -^ Le P. Bottgerel, qui le premier en a publié des extraits, était Oratorien. L*abbé de Pomponne avait Kté élevé à TOratoire. — Toateims Bougerel, en défendant )*aTeifl de cehil-ci, proteste qn^ll n*agft soin rinspiration d'aucun membre de leur Isinllle. <r Je n*af, dK*ll (BièL A raison, des ouvr, sçav,,\. v, p. 366), aucun intérêt particulier à « Justifier M. d'Andittj. Je ne coimois qui que ce soit de sa famne« «je n'ai pas même de liaison aryec ceux qtif lui appartiennent. » Bougerel oublie d'expliquée comment iT avait eu coiimunicatiaii A des Mémoires manuscrïta de la vie de M. d*Andilly écrits par loi* « même et composez pour rinstroctiondesafiiinlHe» (î6ûl., p. ^Ki9); et comment il en publiait de longs frs(gment5, sans ^étre nis en relation avec cette famille m^e. — Trois ans après Bougerai» ce n'était plus par fragments, c'était dans leur ent!^ que paraissaient ces Mémoires.— L'éditeur cette fois était l'alJbé'OonJet (Barliier, tHcu des Anonymes); l'un des partons les plus déclarés da Jànsénfsjne et de h famille Arnaotd. Odnjct â1fk*mo (prélhce, p. vi) qn*il donne Ponvrage de d'Andillj têt qu'U est sorti des fnaims de t auteur. Ces mots semblent indiquer que rédiCeuf a en à sa disposition le manuscrit original. L'a chose est d'autant plus probable que nulle part, après les recherches lés pins minntieoses, nous n'avons Trouvé trace d'aucune copie de ces Mémoires^ sinon dlnneseale page transcrite et jointe aux manuscrits des Œwfres de Louis XIV (voir plus hant, 1. 1, p. 17. n. 1) ; tandis que, dans nos papiers, le catalogue qid les accompagne et dont nous avons déjà parlé <fM<., p. 321) signale, comme en faisant partie, les ff^Wiot^ai de d'Aodmj,
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qui maintenant ne s'y troayent plus. H faat donc avouer que, tout en conservant avec soin des pièces insignifiantes, le dépositaire des papiei*s de Ja famille Arnauld en a laissé soustraire la pièce la plus Iniporiante, la seule qui soit notoirement destinée à rester entre les mains de la postérité de d'Andiily, ou bien qu'il Fa volontairement communiquée aux éditeurs qui par deux fois Tont rendue publique. Quant aux Mémoires de l*abbé Arnauld, il sera plus facile encore de prouver qu'ils sont sortis dès archives de sa famille. Los éditeurs inconnus à qui nous en sommes redevables dirent dans l*avis qu'ils placent en tête (p. ix) : « Le marquis de Pomponne a « laissé sur ses négociations des Mémoires qui doivent être très « curieux et très instructifs, qu'il ne seroit pas impossible de don-, tt ner au public, s'il paroissoit le désirer. Quant à ceux qoe 90U8 « donnons maintenant, ce n'estque depuis peu de temps qu^ils.sont « parvenus entre nos maius. Terminés ca 1677, ils avolent été con- « serves pi^écieusemeni depuis la mprt de l'auteur dans un dépôt « authentique»»— Et d'abord remarquons que le dépôt authentique dont il estquestiop dans cette dernière phrase ne peut être que Tétude d'un notaire exécuteur des dernières volontés de l'auteur, on la bibliothèque des Arnauld. Les dépôts publics, et encore moins les dépôts particuliers, autres que ceux de cette famille, ne seraient que bien improprement dits authentiques. De plus, si les expressions des éditeurs sont exactes, err parlant du dépôt d'un notaire ils eussent dit que les Mémoires y avaient été conservés avec soin, on scrupuleusement; la famille Arnauld seule a dô les conserver précieusement. Nous pensons donc quil faut rétablir ainsi la phrase assez obscure qui donne lieu à ce ^commentaire : « Ce n'est que depuis V peu de temps que ces Mémoires çoot parvenus entre les mains a des prétendus éditeurs de Leipsick. Terminés en 1677, ils avaient « été conservés précieusement dans le dépôt de la famille, au sein « de laquelle était mort leur auteur. » (Voir plus haut, t. 11, p. 34 et 291.) Mais, quoi qu'il en soit de la destinée de ces Mémoires avant l'époque de leur publication, toujours est-il qu^au moment de cette publication ils appartenaient à la même personne qui possédait les papiers du marquis de Pomponne, puisque les éditeurs de ceuxlà offrent au public de le gratifier des Mémoires de eelui-ci. Or ces papiers, noure catalogue le prouve, étaient réunis dans le même dépôt qui contenait les Mêtnoires de d'Andilly ; et ces Mémoires, nous venons de le démontrer, n'avaient pu cesser d'apparlenik* à la famille Arnauld, Donc les Mémoires de l'abbé étaient également dans la possession de cette famille.
Reste à savoir maintenant à quel indi?lda de cette famille appartenait le précieux dépôt de ses titres. Et d'abord, ce dépdt est-il resté dans son entier, ou bien a-t-il été scindé après la mort de Pomponne ? Le catalogue qui vient de nous être si utile nous jette ici dans quelque embarras. Il mentionne les Mémoires de (tAndiily, ainsi que ceux de son fils puîné, et ne parle ni de ceux de son âfs aîné, ni des ISégociations de Tévéque d'Angers, ni des Ambas* sades de La Boderie, ni des Mémoires réunis par celui-d, que Burdin dit exister dans la bibliothèque de Tabbé de Pomponne. Au premier aspect il semblerait que le dépôt d'où sont sortis les Mémoitiés de d'Andilly, et dans lequel se trouvent encore ceux de Pomponne, a dû être distinct de cette bibliothèque. — Rechercboos en quelles mains le dépôt aurait passé.
De 1730, époque de la première des quatre publications qui nous occupent, jusqu'à 1756, époque 3e la dernière, il n'exista de la famille Amauld, dans le monde, que trois des enfants du marquis de Pomponne : Nicolas-Simon, qui mourut en 1737, la marquise de Torcy, qui mourut en 1755, et dont le mari était mort en 17&6; enfin. Tabbé de Pomponne, qui mourut en 1756. De plus, Nicolas-Simon eut une fille, comme nous l'avons dit, Gatherîne-Constance-Émilie, qui mourut en 1745, et dont l'épônx, le marquis de Gamaches, mourut en 1751. Ainsi l'abbé survécut à tous ces membres de sa famille. Ce n'est pas une raison cependant pour quMI en ait recueilli les archives; les femmes, si elles en avaient hérité, les eussent laissées à leurs enfants. Mais ce n'est pas aux femmes, on le sait, que les grandes maisons lèguent leurs archives quand il se trouve des mâles pour les recueillir. D^ailleurs II y a un propriétaire connu d'une partie des Mémoires de la famille Arnauld, et c'est l'abbé de Pomponne. Notre catalogue, où sont inscrits les Mémoires do marquis de Pomponne, rapproché de la préface des Mémoires de l'abbé Antoine, oi^ l'on oflre au public de lui donner ceux du marquis, semble prouver que la partie dont le propriétaire ^ralt inconnu n'a pas été séparée de la partie connue, et que la totalité du dépôt n'a formé qu'un seul lot. Si ce lot était échu à la sœur de Nicolas- Simon, celui-ci n'aurait donc rien eu du dépôt commun.. Si au contraire il était échu à Nicolas-Simon lui-même à l'exclusion de sa seenr, est-il probable que la fille de celui-ci l'ait recueilli à l'exclusion de son oncle?— Mais notre catalogue est antérieur à la publication des Mémoires de l'abbé Aruauld, publication qui date de 1756, c'est h dire de Tannée même où mourut l'abbé de Pomponne. Ce catalogue ne sorail-il.pas d'une époque où les papiers des Arnaukf
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auraient été divisés entre les membres de leur famille avant d'élre réunis dans les mains du dernier survivant? Et si rien ne semble indiquer que les femmes aient hérité d*une partie de ces papiers, le catalogue même n'autorise-t-il point à supposer du moins que le dépôt commun a été partagé entre les deux flis du marquis de Pomponne? L'alné aurait conservé les Mémoires dé son père et de son aïeul, le putué les Mémoires d'un de ses oncles» de son grandoncle et de son bisaïeul.— Cette conclusion peut sembler plausible; nous n'oserions la garantir véritable,— Le catalogue dont elle s'appuierait n'est ni exact, ni complet, ni dressé avec intelligence. Ainsi il porte pour titre: Papiers d'ambassades de M. Amauld de Pomponne, ambassadeur en Hollande et en Suède, Sur onte pages quil contient, il n'y en a qu'une de relative à ces papiers; les autres le sont aux papiers.de d-'Andilly et de Tévéquc' d'Angers. Il mentionne parmi ceux-ci des. chiflbns InsigniGants, et omet ce qu'il y a de plus important dans la collection, la correspondance personnelle de Pomponne, qui s'y trouve encore actuellement comprise. Enûn il indique^ ainsi que nous l'avoos dit plus haut j(p. 222), lés huit volumes du Journal de d'Andilly comme très curieux, siins^ savoir de qui ils proviennent. A cela ajoutez que la répartiûoQ à laquelle ferait croire ce catalogue serait plus que bizarre. Ainsi dans le cas où l'ojr voudrait y voir la liste des pièces allouées à Nicolas-Simon, il se trouverait que celui-ci, brigadier et homme du monde, aurait reçu dans sa part toutes les homélies et les mandements de révoque d'Angers, tandis que son frère l'abbé en aurait recueilli les ouvrages mondains, Mous inclinons donc, en dépit des inductions qu'autoriseraît le catalogue, à penser que l'abbé de Pomponne, quoique le puîné de sa famille, a dû être le dépositaire de tous Bei papiers, comme l'avait été son père, qui était aussi le cadet de sa génération. (Voir t. i^ p. 17.) Seulement il sera arrivé dans la bibliothèque du dépositaire ce qui est arrivé dans la nOtre, où une moitié du précieux dépôt se trouve cataloguée, où l'autre moitié était jusqu'à cette heure demeurée dans l'oubli.—Mais laissons cette hypothèse, et ^admettons que les papiers de famille, dont la totalité se tiouvait entre les mains de l'abbé de Ppmponne lors de la publication des Mémoires de l'abbé Arnauld {1706], aient été. antérieurement répartis entre les deux frères.
Ce dernier état de choses a dû cesser en 1757, époque de la mort de Nicolas-Simon. Or avant 1737 il n'y a eu de publié que les Mémoires de d'AndiUy. Sur quatre ouvrages sortis des deux dépôts, il y en a donc trois qui en sont sortb par la volonté de l'abbé de Pom«
ponne. Ainsi toute la question se réduit à savoir lequel des deux frères a publié \cs Mémoires de d'Andilly. Serait-ce Nicolas-Simon? Lors de la première levée de boucliers contre la réputation de son aïeul [1701-1705], il laissa attaquer impunément celui-ci. A cette époque, il est vrai, il avait a craindre de compromettre sa fortune, et lui qui en 1710 voulait abolir pour sa postérité le souvenir de Port-Royal, n*eût pas sans doute voulu en 1705 rappeler à tous la part que sa famille avait prise à des luttes qui avaient eu le matheur de déplaire à la cour. (Voir plus bas, t. ii, p. 258- 2S3.) Mais en 1730, lors du premier essai de publication des Mémoires, n*était-il pas dans des circonstances plus favorables pour les produire ? En effet, le despote était mort ; mais lui-même était vieui. Il avait soixante-sept ans, et d'ailleurs le cardinal de Fleury dirigeait les affaires, et ne les dirigeait pas en faveur du Jansénisme. A la rigueur toutefois, Nicoins-Simon aurait j)u le braver. En 1720 il avait renoncé à la dernière de ses charges, à celfe de lieutenant du roi dans nie de France. Libre désormais d'ambition, ne poavait-il pas enûn songer à son honneur? — Son honneur? 11 avait achevé de Tenfouir en 1725 avec les cendres qui reposaient à Palaizean. Où en eût-il pris cinq ans après pour défendre leur mémoire? Cinq années de plus avaient-elles ajouté à ses forces et à sa résolution? — Tout se réunit an contraire pour faire attribuer à Tabbé de Pomponne les démarches qu'on ne pourrait e^cpliquer chez son frère. En 170^, au moment où les accusations dirigées contre son aïeul prenaient de la consistance sous la plume de Bayle, F abbé était parti pour son ambassade de Venise, d*oû il n*étatt revenu qu'en 1710. Son éloignement lui avait alors fourni un prétexte assez plausible pour ne pas offenser la. cour, sans précbément abandonner la défense de sa famille. Dès 1716, il avait atteint, avec la dignité de commandeur de l'Ordre, le comble des faveurs qull pouvait espérer. En 1727 et 1729 deux éditions des œuvres et des lettres de Bayle, données par Desmalzeaux, renouvellent les attaques dirigées contre d'Andilly, et c'est en 1730 que paraissent par fragments, et en 17S4 que paraissent en entier les Mémoires de l'inculpé. Qui donc les a publiés, sinon celui qui après 1730 a fait encore trois antres publications de ce genre? Dans ce cas, il est vrai, il faut que Nicolas- Simon ait eu le courage de prêter le manuscrit originale son frère, si celui-ci ne le possédait pas. Or nous reconnaissons que, le courage de Nicolas-Simon a pu aller jusque fô, comme celui de l^bé de Pomponne jusqu'à se mettre à l'abri derrière les noms de Bougerel et de Goujet.
Une dernière question qui n'intéresse plus que la bibliothèque de FArsenal, c'est de saTOff comment les papiers qui étaient, si Ton veut, la propriété du marquis de Pomponne et de Pabbé son frère, ou, selon nous, de ce dernier seul, sont passés dans la bibliothèque de M. de Paulmy. A ce sujet nous n'avons rien de plus qu'une conjecture ; mais cette conjecture nous semble plausible. — Au moment où mourut Pabbé de Pomponne, aucune des personnes qui avaient porté le nom d'Arnauld n'eiistaii plus. Mais les deux femmes de ce nom qui s'étaient alliées Tune à la famille de Torcy, Tautre à celle de Gamaches, avaient laissé, la première un fils et trois filles, la seconde une fille et trois fils, la fille du marquis de Gamaches s'était alliée à la famille Du Humain. Les trois filles du marquis de Torcy s'étalent alliées aux familles d'Anceznnè, de Nonant et de Mailli. Tous ces noms étaient illustres; aucun de ceux qui les portaient n'en avait augmenté l'éclat Mais celle des nièces de l'abbé de Pomponne qui était entrée dans la famille de Mailli était morte en donnant le jour à une fille unique qui,, en 17^7, épousa Marc-René, marquis de Voyer, fils et neveu des deux d' Argenson, dont Louis XV avait fait ses ministres favoris, et qui en 1756, à l'époque où mourut l'abbé de Pomponne, étaient au faite de leur puissance. Le père du marquis de Voyer avait dans ses attributions les Académies, la Bibliothèque du roi, l'Imprimerie royale. Il avait été agrégé à l'Académie des inscriptions, et s'était servi puissamment de son crédit en faveur des gens de lettres. Y a-t-il rien d'invraisemblable à supposer que l'abbé de Pomponne ait légué ses papiers à son petitneveu, fils du puissant et bienveillant mlnis.tre? Or ce fils, né le 20 septembre 1722, était l'aîné de deux mois seulement de son cousin-germain, Antoine-René, marquis de Paulmy, fils de Paulrc ministre du nom de d'Argenson. Antoine et Maïc étaient unis par une étroite amijtié et par une grande conformité dans leur manière de voir. Toutefois la passion des livres était plus particulièrement celle du jnarquis de Paulmy; le goût des chevaux celui du marquis de Voyer. —Le premier créa notre bibliothèque; le second fut d'u^ecteiir des haras» —Estait Improbable que ce dernier ait doté son cousin des papiers d'une famille à laquelle sa femme devait tenir d'autant moins qu'elle n'avait jamais connu la mère qui lui en avait transmis le sang déjà deux fois mélangé ?
Note R; t. u, p. 268-270.