Deville, pl. lia
8. Jedoiscc renseignement à M. Félix Hcttner, directeur du Musée de Trêves.
| g. Catalogo, n" 97. 112. — Deville, pl. 112, a.
OBJETS DIVERS ,o7
quel degré de perfection ces puissantes manufactures de Rome, deSidon, d'Alexandrie, se seraient élevées, si la culture antique avait survécu à l'effondrement de l'Empire romain. Mais le progrès aussi a ses limites, et il arrive un moment où l'humanité, lasse de ses propres conquêtes, se remet à tout détruire pour tout recommencer.
J'ai voulu me rendre compte du rôle que le verre a joué dans la mythologie et la légende héroïque. Les poètes grecs y font rarement allusion; en dehors du bouclier de verre dont Persée se servit pour combattre les Gorgones', ou des ancres de verre, attachées aux vaisseaux des démons marins ', je ne vois rien qui s'y rapporte. Mais les traditions du Nord sont plus riches en renseignements, et souvent on y parle de montagnes de verre, d'iles, de vaisseaux ou de fontaines en pâte vitreuse. Le ciel de l'Edda est en verre transparent, et dans la Wilkinasaga, la mère de Sigfrid cache son nouveau-né dans un vase de verre. Selon la légende celtique, le roi Arthur demeurait dans un gigantesque verre à boire; le navire sur lequel il traversait l'Océan avec ses chevaliers de la Table ronde, était également en pâte vitreuse3. Il y a une réalité derrière ces fictions. Se serait-on figuré que la maison des dieux et des héros, que les objets qu'ils touchaient étaient en verre plutôt qu'en or ou en pierres dures, si le verre n'avait eu longtemps une valeur égale, sinon supérieure, à celle des matières les plus précieuses? C'est là ce qui ressort en définitive de chaque feuille de mon livre. L'histoire du verre est la description d'un trésor, de celui, il est vrai, qui tient le moins de place dans l'héritage que les anciens nous ont légué. Mais cette place, quelque étroite qu'elle soit, demande à être remplie, lorsqu'il s'agit de sauver les débris d'un grand patrimoine.