‹ La verrerie antiqueChapitre 30 sur 145 · Pline, XXXVI · texte numérisé non relu

Pline, XXXVI

5. Candidum ex his (ovis) admixtum calci vivae glutinat vitri fragmenta. Pline, 1. XXIX, 5 r . — Voir le Magasin encyclopédique de Millin, t. 1 , 0,9. Boudet, p. 237.

6. Pline XXXVI, 199. Juvénal, V, 48 (rupto poscentem sulpura vitro). — Martial I, 42. Staco, Silves 1,6, 73.

LES VERRIERS 3i Dans les villes de l'antiquité, comme plus tard dans celles du moyen âge et jusqu'à la limite de notre siècle, les ouvriers d'un même métier habitaient la même rue. A Rome, la rue des Verriers (viras vilrarim ou vitriartus) se trouvait dans la première région {porta Caperta), celle qui s'étendait a droite et à gauche de la voie Latine et de la voie Appicnnc jusqu'au mur d'enceinte'. Déjà du temps de Domitien on vendait des verreries communes aux abords du cirque de Flaminius, c'est-à-dire dans la neuvième région \

Chez les anciens, l'art de travailler le verre se transmettait de père en fils, exactement comme dans les familles de nos gentilshommes-verriers'. Ledit de Constantin qui crée, en faveur de certaines catégories d'artistes, des privilèges extraordinaires, s'appuie sur ce considérant que l'empereur ne veut pas empêcher le père d'initier ses enfants à son art et de les faire profiter de l'expérience que leurs ancêtres ont pu acquérir.

A toutes les époques de l'histoire, les verriers furent ainsi l'objet de la sollicitude des gouvernements. Dans ce même édit, rendu le 2 août 557, les vitriarii et les iiatrilarii (tourneurs de verre) sont assimilés aux architectes, aux peintres, aux sculpteurs, aux mosaïstes, aux orfèvres et exemptés de toute charge publique, afin qu'ils puissent se livrer tranquillement à leur art et le perfectionner à loisir-1. Le moyen âge alla bien plus loin. A Venise, où un décret du Sénat qualifia l'art du verrier d'ara nobilis, une loi de l'an t j 76 établit que l'union contractée entre un patricien et la fille d'un verrier ne porterait pas atteinte à la noblesse héréditaire des enfants issus d'un tel mariage. Dès le onzième siècle, nos rois, jaloux du monopole des fabriques de Murano, accordèrent volontiers aux verriers français le titre de gentilhomme et les privilèges qui étaient inséparables de cet honneur'.

Mais, en revanche, les usines à verre ont plusieurs fois éveillé l'attention du fisc romain. Sévère-Alexandre eut l'idée de frapper d'un impôt jusqu'aux fabriques de Rome et d'en affecter le revenu à l'entretien des bains publics. Il parait que cette mesure a été très productive, car le biographe de l'empereur en parle comme d'une « fort belle » contribution". Plus tard, Aurélien imposa à l'Egypte un tribut annuel de marchandises , parmi lesquelles ni la verrerie , ni les papyrus n'étaient oubliés7.

Quant à la valeur mercantile des verres, il faut renouveler un aveu que j'ai fait bien des fois dans le cours de cette exposition, c'est qu'il est impossible de

Page 1