‹ La verrerie antiqueChapitre 47 sur 145 · I G U RI N ES · texte numérisé non relu

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aussi peu communs, moins cependant que les fruits de fantaisie (vignette, p. 54). Il subsiste, en effet, quelques petits vases revêtus de piquants qui leur prêtent l'aspect d une tige de rosier ou d'une écorce de châtaigne. Dans un genre qui ne laisse guère déplace à I originalité, on s'étonne de rencontrer des verres qui ne répondent exactement à aucun produit de la nature. Mais l'artiste ne vise pas toujours à la vérité matérielle; il ne veut pas renoncer à sa marque propre.

L'empereur Elagabal, Phénicien de naissance, fit servir, à ses convives des mets en pâte vitreuse '. Nous sommes donc loin de posséder tout ce que les verriers du troisième siècle ont (ait entrer dans leur domaine. Ce qui en reste , néanmoins , prouve que les anciens ne savaient rien créer que de poétique. Les petits flacons que je viens de décrire étaient destines aux huiles précieuses , aux aromates , au vin de rose, de myrte, de jasmin, de pistache; quelle idée plus charmante que de comparer ces liqueurs au goût d'un fruit savoureux !

Le règne animal, à son tour, a fourni bien des modèles à l'industrie du verre. On possède des fioles en forme de coquilles bivalves, de pâte bleue ou blanche \ Ce sont des vases de toilette, car la conque fait allusion à la naissance de Vénus. Un dauphin en pâte de verre a été trouvé à Cologne, et tout récemment, de la nécropole de Dali, en Chypre, on a extrait un grand verre grec en forme de poisson 3. Il ne faut pas confondre ce dernier avec les poissons que nous connaissions déjà et qui sont des symboles chrétiens4.

Quant aux oiseaux, je citerai quelques verres en forme de colombes, de cygnes, d'oies, de canards, les uns en pâte blanche ou bleue, les autres de couleur incarnate, rougeâtre, violacée. Mais ce sonts de verres soufflés et qui se distinguent par l'extrême ténuité de leurs parois. Les plumes et les pattes de l'oiseau ne sont jamais indiquées; sur un seul exemplaire on a marqué les ailes au moyen d'une double dépression 5. Il s'en trouve même qui n'ont pas de tête, et l'encolure fait alors office de goulot. Le musée Campana en a réuni la série la plus complète; c'est qu'ils vien-

1. Lampridius, ch. XXVH : Exhibait parasitïs cenas et de vitreis. — Voir ch. xxv.

î. Amphorisquc en verre blanc. Slade, n* 189. — D'autres, en pâte bleue, se trouvent dans les collections Slade, Wcbb et Hendcrson.

3. Verre blanc, de la collection du comte Serge StroganolT. Le goulot se dégage de la queue du poisson, qui est posé debout, la tète en bas.

4. Poisson en verre, trouvé, l'an 1854, près de Chalon-sur-Saône [Musée d'Autun].— Petit poisson en verre blanc, avec l'inscription «fane. Deville, pl. 82, g.— On cite un troisième exemplaire, conservé au Musée de Wicsbadcn.

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