La passoire ; on en a trouvé une à Herculanum
27. — La pyxîs. Les tombeaux de l'Attique et de la Crète viennent d'en fournir plusieurs de facture très grossière; mais le British Muséum en a d'admirables, notamment un verre bleu à couvercle conique, et une pyxis plate de grandes dimensions. J'ignore l'origine de la première; l'autre, en pâte bleu foncé, vient d'une des nécropoles du Picenum.
28. — Une espèce de pétrin en pâte verdàtre, recouvert d'une lame de verre, sevoitau même musée, dans la collection de Sir William Temple.
29. — L'urns cinéraire (o/la), à panse sphérique (pl. XXIV), cylindrique, carrée, hexagonale, atteint souvent des proportions énormes. On en trouve beaucoup en Angleterre ; les cimetières romains de la Gaule et des bords du Rhin en abondent; mais elle est moins commune dans les autres pays, et je ne crois pas que la Grèce et l'Orient en aient jamais fourni une seule. Pour assurer la conservation du verre, on le plaçait dans un coffre en pierre 3 ou dans une boite en plomb ; quelquefois c'est un simple vase de terre ou une cavité maçonnée qui lui servent d'abri 4. Le rebord deïolla est souvent
1. Pâte vert clair; les anses sont formées de dauphins. Uunner Jalirb. XXXVI, îsofpl. 3, i-3). , 2. Advino, pl. 18.
3. M. Charvet possède deux de ces cidres cylindriques en pierre, trouvés à Cologne, a. De ville. dI.-jt et 85.
VERRES SANS DÉCOR s,
creux et rempli de sable; son couvercle est en pate vitreuse, rarement en plomb ' ; dans l'intérieur, on trouve des cendres, des ossements brûlés, des bijoux, des morceaux dasbestc % des clous magiques % et surtout ces petites fioles que les antiquaires ne cessent d'appeler lacrimatoires,
Le mot lacrimatoire (urnula lacrimatoria) appartient à la basse latinité; je ne pense pas qu'avant le x\ue siècle il ait été appliqué aux verres. On croyait alors que l'arapulle avait eu cette destination singulière de recueillir les larmes versées, aux funérailles, par les amis et les parents du défunt. Dans les contes du moyen âge, les larmes ont le pouvoir de ressusciter un mort ou de le sauver de I enfer; mais aucun texte classique ne fait allusion à cette croyance, ni à l'usage, improbable en soi, de conserver les larmes dans des vases vitreux 4. Un basrelief de l'église des Charitains deClermont représentait un enterrement; on y voyait une femme aux cheveux épars, tenant deux petites ampulles sous ses yeux'. Certes, il y aurait là de quoi suppléer au silence des textes, si. le bas-relief était antique; mais il ne l'est pas, et je ne puis me persuader qu'il ait jamais existé. En 1852, on découvrit à Bigonville, dans le grand-duché de Luxembourg, une fiole hermétiquement fermée, remplie d'un liquide qui avait la couleur et l'apparence de feau et qu'un chimiste de l'endroit eut la complaisance de prendre pour des larmes '', Depuis cette époque, on a renouvelé l'analyse sur d'autres flacons et constaté qu'ils renfermaient de l'huile ou des onguents.
La question des couleurs est plus compliquée encore que celle des formes, car elle a son côté historique qui nous regarde, et son côté pratique qu'il faut laisser aux hommes du métier. J'ai déjà donné, à ce sujet, quelques renseignements indispensables; ici, iî s'agit de remonter aux sources et d'interroger les auteurs anciens.
Ces auteurs parlent, en effet, des verres de couleur, mais sans trop y insister et sans entrer dans les détails techniques. Ils comparent les flots de la mer ou l'eau
i.Sacken et Kenncr, Sammlmigm des K. K. Mueii-cabiiiets, p. 4^7. — Corvus inscripl. lal. III,Got2.