Devillc, pl. 16 : plaques du Musée de Rouen
(quadratures) furent employés au placage des murs. Nous en avons la preuve dans la description du théâtre de Marcus Scaurus ', dont la scènej à trois étages, était revêtue de marbre, de verre et de bois doré. Les plaques vitreuses venaient de Sidon ou de Tyr, car, avant son édilité (696 de Rome), Scaurus avait pris part à la campagne contre Mithridate, et son corps d'armée opérait précisément en Judée et en Arabie. Après le principat d'Auguste, le verre envahit les murs et les plafonds des habitations privées2; des mosaïques en cubes vitreux remplacèrent les fresques 3 ; le verre noir faisait office de glaces. Là aussi, on n'avait qu'à suivre l'exemple des Orientaux. Un des vingt tyrans, Firmus, qui s'était emparé de l'Egypte, fit couvrir toute sa maison de plaques de verre carrées, scellées dans le mur au moyen d'un mastic 4. Il est possible que les basreliefs en pâtes doublées (p. 86) aient été destinés à ces revêtements, et d'autres, en pâte bleue ou incolore, ressemblent trop aux bas-reliefs en terre cuite pour avoir eu une destination différente. Une plaque célèbre du British Muséum (Antinous en Bonus Eventus) a longtemps passé pour un véritable lapis Iazuli5. Les fabriques d'Alexandrie, dans la seconde moitié du m* siècle, ont dû se livrer avec assiduité à ce genre de travail, si conforme aux goûts du pays et aux exigences du climat.
Le verre à vitre ne saurait avoir une origine différente, bien que Caligula, lors de sa visite à Alexandrie, se soit encore servi de la pierre spéculaire. Le plus ancien texte qui parle clairement de fenêtres en verre est un passage de Lactance, précepteur du fils de Constantin r'. Mais les fouilles d'Herculanum, de Pompéies, de Baies, de Rome, de Velleia, nous ont fourni d'énormes quantités de vitres, épaisses la plupart et de peu de transparence", parfois dépolies. En 1824. on voyaità Pompéies une petite fenêtre avec sa bordure de bronze, garnissant la devanture d'un magasin. De la villa romaine de Wellen, aux environs de Trêves, on a extrait un fragment de vitre, en pâte verte, avec son châssis de plomb8. Si les plaques de verre blanc qui font partie du musée Campana9 proviennent réellement d'un tombeau étrusque de Caere, il faut que l'invention des vitres remonte à une assez haute antiquité. Et j'avoue qu'une telle théorie ne me déplairait pas. En relisant ces quelques pages sur l'emploi pratique du verre, on se demandé à